L’enseigne nantaise Emma ouvre son réseau à des entrepreneurs indépendants. Après dix ans de croissance en propre, ses 17 boulangeries-pâtisseries et ses 25 millions d’euros de chiffre d’affaires servent de socle à un déploiement national en franchise, financé par l’entrée de FrenchFood Capital et de Bpifrance Pays de la Loire au capital.
Créée en 2016 à Nantes par Louis Lepicard et Thibault Pillet, Emma exploite aujourd’hui 17 points de vente, tous en propre, répartis entre la Loire-Atlantique et la Seine-Maritime. La marque s’est construite sur des marqueurs volontairement visibles : pain au levain naturel, viennoiserie fabriquée sur place, décor soigné et une large gamme de petits choux devenue sa signature. Le réseau revendique un chiffre d’affaires annuel proche de 25 millions d’euros.
FrenchFood Capital et Bpifrance financent le passage au réseau franchisé
L’opération a été annoncée par communiqué le 30 juin 2026. FrenchFood Capital prend une participation majoritaire aux côtés des fondateurs, avec Bpifrance Pays de la Loire en minoritaire. Le fonds revendique 450 millions d’euros sous gestion et connaît déjà le secteur : il accompagne les boulangeries Thierry Marx, l’enseigne Sophie Lebreuilly et le chocolatier Chapon.
La préparation a commencé bien avant la signature. Julien Sauvageon, ancien directeur général adjoint de Chapon et passé par l’enseigne californienne La Boulangerie, a pris la direction générale l’an dernier et entre lui aussi au capital, avec d’autres cadres.
Un objectif de triplement du parc en quatre ans
Le plan de marche est chiffré : les partenaires visent un parc multiplié par trois d’ici quatre ans. La croissance en propre restera concentrée sur le Grand Ouest, là où la notoriété de la marque est installée. Le reste du territoire passera par des franchisés, ce qui suppose de bâtir en parallèle une tête de réseau capable de former et d’animer des partenaires indépendants.
Le parc visé d'ici quatre ans
De 17 points de vente aujourd’hui à une cinquantaine à l’horizon 2030, dont la majorité des ouvertures nouvelles en franchise. (Source : LSA, juillet 2026)
C’est le point dur de tout jeune franchiseur, et il l’est encore plus dans un métier où la qualité dépend du geste quotidien en fournil. Le marché a déjà montré qu’ouvrir une boulangerie en réseau se joue moins sur le concept que sur la capacité à tenir la production sur une centaine de références.
Emma à Table ouvre un second moteur de croissance à Pornichet
Fin juin, l’enseigne a inauguré à Pornichet, en Loire-Atlantique, un format inédit baptisé Emma à Table. Le lieu propose une cuisine dite boulangère, du brunch au goûter en passant par le déjeuner, avec une carte dédiée. Le positionnement emprunte ouvertement aux codes des franchises de coffee shop, un segment qui capte une part croissante du snacking en centre-ville.
Le choix n’est pas anodin pour un candidat franchisé : la restauration sur place allonge les plages horaires et relève le panier moyen, mais elle ajoute un métier au métier de boulanger.
Bon à savoir
Emma rejoint une série de réseaux de boulangerie adossés à des fonds d’investissement depuis deux ans. Pour un candidat, cela change surtout deux choses : des moyens de formation renforcés, et une exigence de rythme d’ouverture plus soutenue qu’avec un franchiseur familial.
Les premiers candidats attendus hors du Grand Ouest
Le dirigeant y ajoute une conviction qui tient lieu de cahier des charges pour ses futurs partenaires : développer une entreprise sans faire de compromis sur la qualité reste possible.
Le réseau arrive sur un créneau déjà dense. Les franchises de boulangerie et pâtisserie comptent des acteurs installés comme Marie Blachère, Ange, La Mie Câline ou Feuillette, tous déjà présents dans la plupart des agglomérations visées.
Emma devra donc défendre un positionnement de boulangerie de quartier premium plutôt qu’une bataille de zones commerciales.
Les conditions d’entrée restent à publier
À ce stade, ni l’apport personnel demandé, ni le droit d’entrée, ni le calendrier des premières signatures n’ont été rendus publics. Le document d’information précontractuelle et les premiers territoires ouverts diront si Emma vise d’abord les métropoles de l’Ouest élargi ou s’attaque directement à d’autres régions. Les prochaines semaines, avec la structuration de l’équipe de développement, donneront le premier signal concret sur la vitesse réelle du déploiement.











