L’enseigne Master Poulet ouvrira en octobre 2026 son premier restaurant du Sud-Ouest, au 267 rue Sainte-Catherine à Bordeaux, dans les murs de l’ancien restaurant L’Itinérant. Une quarantaine d’adresses en France et un investissement global affiché à 15 000 euros : le réseau de poulet grillé halal accélère loin de l’Île-de-France.
Fondé en 2019 par Chouaib Benbakir, Master Poulet vend du poulet rôti au feu de bois, certifié halal, à emporter ou en livraison. Le réseau est parti d’une rôtisserie francilienne pour atteindre une quarantaine de points de vente, dont une trentaine en Île-de-France. Bordeaux marque une rupture géographique : c’est la première implantation dans le quart sud-ouest du pays. Le restaurant s’installe au 267 rue Sainte-Catherine, dans la plus longue rue commerçante piétonne d’Europe, à quelques pas de la place de la Victoire.
L’ancien Itinérant libère une cellule au bout de la rue Sainte-Catherine
Le restaurant L’Itinérant, qui affichait 4,8 sur 5 pour 677 avis Google, a fermé le lundi 6 juillet 2026. Les travaux ont démarré début septembre et une banderole annonce déjà le futur occupant.
Le choix de l’emplacement n’a rien d’évident. Les dirigeants avaient d’abord visé l’ancien Starbucks du cours Victor Hugo, fermé depuis plusieurs mois, avant d’y renoncer faute d’extraction. C’est le premier obstacle que rencontre quiconque veut ouvrir une rôtisserie au feu de bois en hypercentre. « Ça fait longtemps qu’on cherche à s’installer à Bordeaux », indique Nabil Bahar, membre du comité de direction, à actu Bordeaux le 10 septembre 2026. La marque décrit la ville comme un point d’ancrage pour tout le Sud-Ouest.
Une quarantaine de restaurants, une dizaine d’ouvertures en préparation
Après Lyon, Marseille et Nice ces derniers mois, Bordeaux confirme la sortie du réseau de son bassin historique. Une dizaine d’ouvertures se préparent, autour de Paris et en province. Le restaurant bordelais ouvrira sept jours sur sept, de 11 heures à minuit, avec la possibilité d’ajuster la plage du soir selon la fréquentation.
L’enseigne s’installe à deux pas de Tasty Crousty, arrivé rue Sainte-Catherine deux mois plus tôt. Nabil Bahar situe plutôt ses concurrents du côté des grands réseaux de burgers et de poulet frit, en misant sur un panier de produits du quotidien, poulet rôti, riz et pâtes. Sur le créneau certifié, la concurrence est pourtant bien plus proche : les franchises dans le halal alignent déjà des concepts de poulet comparables, de Chikin Bang à Crispy Soul, sur les mêmes emplacements de centre-ville.
15 000 euros d’investissement global, l’un des tickets d’entrée les plus bas du fast-food
Le modèle repose sur l’absence de salle. Pas de service à table, donc pas de mètres carrés à chauffer ni d’équipe de salle à financer : la cellule se limite à une cuisine et à un comptoir de retrait, doublés des plateformes de livraison.
Investissement global annoncé pour ouvrir une franchise Master Poulet, droits d’entrée compris. L’apport personnel exigé n’est pas communiqué par l’enseigne.

Ce niveau place le réseau très en dessous des standards du secteur, où les enseignes de burgers demandent couramment plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le ticket d’entrée ne dit pourtant pas tout. Extraction, approvisionnement en volailles et gestion des pics de commande sont les trois points qui font basculer la rentabilité d’un point de vente.
Le cadre se complète dès qu’il s’agit d’ouvrir un restaurant certifié halal : s’y ajoutent le choix de l’organisme certificateur et la traçabilité de la filière, deux sujets à traiter avant l’ouverture, pas après.
Bon à savoir
L’extraction est le premier filtre d’un projet de rôtisserie. C’est elle qui a écarté l’emplacement du cours Victor Hugo à Bordeaux, malgré une vitrine disponible en hypercentre. À vérifier avant toute signature de bail.
Un marché halal qui structure l’offre de restauration rapide en province
La progression du réseau accompagne celle d’un segment encore peu maillé hors des grandes métropoles. Les acteurs installés sur ce créneau, du poulet rôti au snacking, se partagent un territoire où l’offre organisée reste rare.
Pour un candidat, l’intérêt se mesure moins à la notoriété d’une marque qu’à la disponibilité des zones. Les franchises dans la restauration rapide les plus avancées ont déjà verrouillé les grandes agglomérations. Les villes moyennes du Sud-Ouest, elles, restent largement ouvertes.
Bordeaux comme tête de pont, après Lyon, Marseille et Nice
L’ouverture est annoncée pour octobre 2026, sous réserve du calendrier de chantier. Si le rythme actuel tient, le réseau franchira les cinquante adresses avant la fin de l’année.
Deux signaux méritent d’être suivis dans les mois qui viennent : la capacité de l’enseigne à tenir ses volumes hors d’Île-de-France, où la logistique volaille est moins dense, et le rythme auquel les villes voisines, Toulouse, Pau ou La Rochelle, seront ouvertes à des candidats. Les porteurs de projet du grand Sud-Ouest ont intérêt à se positionner maintenant, avant que les zones ne soient attribuées.











