Onze ans après son premier magasin, l’enseigne héraultaise Locavorium a confié une adresse à des indépendants. Le point de vente ouvert au Crès, route de Nîmes, est le premier exploité en franchise par le réseau de supérettes 100 % locales, et il est tenu par deux anciens clients de la marque.
Trois ingénieurs agronomes, Jessica Busetta, Damien Roux et Thibaud Piroux, ont créé la société en juillet 2015. Le premier magasin a ouvert en novembre de la même année à Saint-Jean-de-Védas, au sud de Montpellier, sur 300 mètres carrés, soit le calibre courant pour ouvrir une supérette de quartier. L’assortiment, lui, n’a rien de courant : le réseau revendique les produits de 250 producteurs locaux, tous situés à moins de 150 kilomètres des rayons. Un deuxième magasin a suivi à Fréjorgues, sur la commune de Mauguio.
Deux clients de la première heure signent le premier contrat
Le magasin du Crès a ouvert fin août au 1240 route de Nîmes. Il est piloté par un duo qui fréquentait déjà les rayons de l’enseigne comme clients avant de devenir ses premiers partenaires indépendants. Un profil que les jeunes réseaux recherchent, parce qu’il évite l’étape la plus longue du recrutement, celle de l’adhésion au concept.

© Instagram Locavorium
Pour la tête de réseau, l’ouverture change la nature du métier. Il ne s’agit plus de gérer trois magasins, mais de transmettre à des tiers un savoir-faire construit sur la sélection de producteurs et la négociation directe, sans centrale d’achat. C’est précisément la marche que doit franchir quiconque veut devenir franchiseur à partir d’un commerce qui fonctionne.
Six ans entre l’idée du réseau et la première signature
L’envie de dupliquer le modèle date de 2019. Les fondateurs ont pourtant attendu, le temps de formaliser des réflexes de terrain en procédures transmissibles.
L’enseigne a commandé un audit de franchisabilité avant de se lancer, pour mesurer l’écart entre la gestion en propre et l’accueil de porteurs de projet extérieurs. Un délai de six ans reste long, mais il explique pourquoi la première ouverture arrive avec un manuel opératoire déjà écrit.
Le nombre de fournisseurs référencés par le réseau, tous installés à moins de 150 kilomètres des magasins. C’est ce sourcing, et non un assortiment centralisé, que le franchisé devra reproduire sur son territoire.

Le statut de société à mission encadre le déploiement
L’ouverture du Crès marque aussi le passage officiel de Locavorium sous statut de société à mission. Trois engagements structurent l’offre et s’imposeront aux franchisés :
- un approvisionnement dans un rayon de moins de 150 kilomètres,
- l’achat en direct sans intermédiaire,
- une rémunération négociée avec les producteurs partenaires.
Cette contrainte distingue nettement le concept des autres le concept des autres franchises d’alimentation, qui s’appuient le plus souvent sur une centrale nationale pour sécuriser les marges. Ici, la marge dépend de la capacité du franchisé à construire lui-même son réseau de maraîchers, d’éleveurs et de transformateurs.
Bon à savoir
Un sourcing 100 % local impose une saisonnalité stricte des rayons. Le chiffre d’affaires d’un magasin de ce type varie donc fortement d’un trimestre à l’autre, un point à intégrer dans le prévisionnel avant de signer.
Un créneau du circuit court encore peu structuré en franchise
Locavorium n’invente pas le magasin de producteurs, formule déjà portée en France par des coopératives et par le réseau Locavor. Mais rares sont les enseignes du circuit court à avoir formalisé un contrat de franchise complet. Le sujet rejoint les questions que se posent les candidats qui veulent ouvrir une épicerie sur un positionnement de proximité, entre l’indépendance totale et l’adossement à une enseigne nationale.
Le réseau met en avant son ancrage montpelliérain et son appartenance à la French Tech Méditerranée. Reste à vérifier que la promesse tient hors de l’Hérault, là où la densité de producteurs et les habitudes d’achat diffèrent.
D’autres territoires visés, aucune zone annoncée
Les fondateurs annoncent vouloir implanter de nouveaux magasins sur l’ensemble du territoire français dans les prochaines années, sans avoir communiqué de liste de villes ni de rythme d’ouverture. Les conditions financières d’entrée n’ont pas non plus été publiées. La deuxième signature sera le vrai test : c’est elle qui dira si le modèle intéresse au-delà du cercle des clients convaincus de la première heure.











