Avec près de 950 restaurants et 5,1 milliards de dollars de ventes, Raising Cane’s est devenu l’un des poids lourds du poulet frit américain. Son arrivée annoncée à Londres relance la question côté français : peut-on ouvrir un Raising Cane’s en France en 2026 ? La réponse est non, mais quatre réseaux hexagonaux occupent déjà le terrain.
Le poulet frit est devenu le terrain de jeu le plus disputé de la restauration rapide française. Entre janvier 2025 et janvier 2026, les commandes de « crousty », ce poulet croustillant servi sur un lit de riz, ont bondi de 323 % sur Uber Eats. Dans le même temps, la restauration rapide s’installe comme le deuxième secteur de la franchise en France, avec 11,36 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur les 93,71 milliards générés par l’ensemble des réseaux.
Raising Cane’s, qu’est-ce que c’est ?
Fondée en 1996 à Baton Rouge, en Louisiane, par Todd Graves, l’enseigne Raising Cane’s a bâti son succès sur un pari inhabituel dans la restauration rapide : une carte réduite à l’essentiel. Des tenders de poulet frais panés à la commande, des frites, du pain grillé, une salade de chou et une sauce maison. C’est tout.
Ce menu unique est devenu un avantage industriel. Moins de références, des cuisines plus simples à piloter, des volumes concentrés sur un seul produit. Le groupe, resté privé et dirigé depuis Plano, au Texas, revendique aujourd’hui l’un des chiffres d’affaires par restaurant les plus élevés du secteur.
Raising Cane’s en quelques chiffres
- Près de 950 restaurants aux États-Unis et au Moyen-Orient, chiffre communiqué en septembre 2025.
- 5,1 milliards de dollars de ventes annuelles en 2024.
- 6,6 millions de dollars de chiffre d’affaires moyen par restaurant en 2024.
- Cinq pays au Moyen-Orient : Koweït, Bahreïn, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Qatar.
- 100 ouvertures réalisées sur une seule année, un record pour le réseau.
- Zéro restaurant en Europe continentale à ce jour.
Le premier restaurant hors des États-Unis a ouvert en 2015 au Koweït, dans le centre commercial The Avenues. Dix ans plus tard, le réseau moyen-oriental dépasse 50 adresses, exploitées par le groupe koweïtien Alshaya, opérateur de marques internationales sous licence.
Est-il possible d’ouvrir un Raising Cane’s en France en 2026 ?
Non, Raising Cane’s ne se développe pas en France pour le moment
Aucune offre de franchise n’est publiée sur le site de l’enseigne, qui ne comporte ni page candidature, ni rubrique développement pour un porteur de projet français. Aucune annonce officielle ne mentionne la France, ni ouverture, ni recherche de partenaire, ni master franchise. Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux à propos d’un « Raising Cane’s Paris » ne s’appuient sur aucune communication du groupe.
Le programme de franchise existe pourtant dans l’histoire de l’enseigne. Lancé au début des années 2000, il a été refermé aux nouveaux candidats. Le groupe accompagne les partenaires historiques déjà en place et concentre désormais ses moyens sur des restaurants qu’il détient et exploite lui-même.
Pour un entrepreneur français, cela signifie qu’il n’existe aujourd’hui aucune voie contractuelle pour exploiter la marque sur le territoire. Ni franchise, ni licence, ni affiliation.
Bon à savoir
Le Moyen-Orient est la seule zone où Raising Cane’s a confié son développement à un opérateur tiers, le groupe Alshaya, depuis 2015. Ce montage reste une exception. Pour son entrée en Europe, le groupe a fait le choix inverse : des restaurants détenus en propre, pilotés par une équipe locale.
Quelle stratégie d’expansion pour Raising Cane’s ?
Le cap est affiché : 1 600 restaurants dans le monde, 10 milliards de dollars de ventes et 8 millions de dollars de chiffre d’affaires par restaurant. Pour y parvenir, le groupe densifie d’abord son marché domestique, avec une centaine d’ouvertures par an aux États-Unis.
L’Europe entre dans le plan par Londres. Un restaurant vitrine est programmé à Piccadilly Circus, suivi d’implantations au Strand, à Oxford Circus, Paddington et South Bank, puis de drive dans le Grand Londres. Le groupe prévoit plus de 700 emplois la première année, ouvre un centre de support à Londres et recrute un président pour sa filiale britannique.
Cette organisation dit tout du modèle retenu. Une structure locale salariée, des restaurants en propre, aucun appel à candidatures de franchisés. La France n’est pas citée dans ce dispositif. Nous avons consacré une analyse à ce sujet dans notre article sur l’arrivée de Raising Cane’s à Londres et ses conséquences pour la France.
Quelles sont les alternatives possibles à Raising Cane’s ?
La demande que Raising Cane’s capte outre-Atlantique existe bel et bien en France, et des réseaux hexagonaux l’exploitent déjà. Quatre enseignes recrutent des franchisés sur ce créneau du fast-food et du poulet frit et du snacking américain. Les montants ci-dessous sont ceux publiés par les réseaux ou par leur fiche sur notre site : ils évoluent, et seul le document d’information précontractuelle fait foi.
BCHEF
Créé en 2015, BCHEF joue la carte du burger gourmet et du coffee shop à prix accessible, avec un approvisionnement français mis en avant. En janvier 2026, le réseau a racheté Les Burgers de Papa et ses 21 restaurants, formant un groupe de plus de 70 adresses, 450 salariés et plus de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2025.
C’est l’alternative la plus structurée de cette sélection, et la plus exigeante financièrement. Comptez un droit d’entrée de 32 000 euros, un apport personnel de 90 000 euros et un investissement global de 400 000 euros pour un restaurant classique de 120 à 150 m². Les redevances s’élèvent à 5 % du chiffre d’affaires, plus 2 % au titre de la communication. Objectif de chiffre d’affaires annoncé après deux ans d’exploitation : 800 000 euros.
Crispy Soul
Lancée en 2020, Crispy Soul mise sur le waffle burger et le poulet frit halal premium, dans une esthétique street food américaine des années 1990. Le réseau reste jeune : cinq implantations figurent sur sa fiche réseau, l’enseigne en annonce sept sur son propre site.
C’est le ticket d’entrée le plus bas de la sélection. Droit d’entrée à 20 000 euros, apport personnel de 40 000 euros, investissement global de 150 000 euros, pour un chiffre d’affaires moyen annoncé à 750 000 euros. Un profil adapté à un premier projet, à condition d’accepter la contrepartie : un réseau encore en construction, donc moins de recul sur la performance des unités.
Tasty Crousty
Tasty Crousty est l’enseigne qui a fait basculer le « crousty » dans la culture populaire française. Le principe : une box, un produit signature, une sauce, du poulet ultra croustillant sur du riz. Le tout porté par plus de 130 millions de vues sur les réseaux sociaux, sans budget publicitaire classique.
Le réseau revendique plus de 40 adresses en France et dépasse les 60 restaurants en comptant l’international, avec des implantations en Belgique et en Algérie et des projets au Maroc, au Canada et au Royaume-Uni. Les conditions financières ne sont pas publiées : droit d’entrée, apport et investissement global sont communiqués aux candidats lors de la phase de candidature.
Krousty Sabaïdi
Né en 2012 dans la région bordelaise, Krousty Sabaïdi a ouvert la voie du fast good asiatique halal en France, avant que le mot « crousty » devienne un phénomène. La franchise a démarré en 2014. La carte va au-delà du poulet croustillant : woks thaï, pad thaï, baos et bubble teas, à partir de 7,50 euros.
Le réseau compte 34 restaurants et visait une trentaine d’ouvertures supplémentaires sur 2026. Le chiffre d’affaires moyen par point de vente est estimé à 1,1 million d’euros, le plus élevé de cette sélection. Comme pour Tasty Crousty, les conditions financières ne sont pas rendues publiques.
| Enseigne | Création | Droit d’entrée | Apport | Investissement global | Points de vente |
|---|---|---|---|---|---|
| BCHEF | 2015 | 32 000 euros | 90 000 euros | 400 000 euros | Plus de 70 avec Les Burgers de Papa |
| Crispy Soul | 2020 | 20 000 euros | 40 000 euros | 150 000 euros | 5 à 7 |
| Tasty Crousty | Non communiqué | Non communiqué | Non communiqué | Non communiqué | Plus de 40 en France, plus de 60 au total |
| Krousty Sabaïdi | 2012 | Non communiqué | Non communiqué | Non communiqué | 34 |
Le conseil de la rédaction
Sur un marché aussi rapide que celui du poulet frit, le critère décisif n’est pas le ticket d’entrée mais la solidité de la logistique. Demandez au franchiseur le nombre de fournisseurs référencés, le délai de réapprovisionnement et le taux de rupture sur le produit signature. Un concept mono produit qui tombe en rupture perd son chiffre d’affaires dans la journée.
Raising Cane’s en France : rien à court terme, mais un créneau déjà occupé
Attendre une franchise Raising Cane’s en France n’a pas de sens à court terme. Le groupe finance sa croissance sur ses fonds propres, exploite ses restaurants en direct et n’a ouvert la porte à un opérateur tiers qu’une seule fois, au Moyen-Orient. Londres servira de test, et une éventuelle traversée de la Manche prendrait plusieurs années.
La bonne nouvelle pour un porteur de projet, c’est que la demande ne l’a pas attendu. Le créneau du poulet frit est déjà travaillé par des réseaux français qui recrutent, avec des tickets d’entrée allant de 40 000 à 90 000 euros d’apport. Prochaine étape concrète : demander la documentation de deux ou trois de ces enseignes, comparer leur document d’information précontractuelle et aller interroger des franchisés en activité avant de signer.
Questions fréquentes sur l'ouverture d'un Raising Cane's en France
Non. L’entrée du réseau en Europe se fait par un restaurant vitrine à Londres, exploité en propre par le groupe, avec un centre de support britannique et un président dédié. Aucun appel à candidatures de franchisés n’accompagne ce lancement.
Le programme, ouvert au début des années 2000, a été refermé aux nouveaux candidats. Avec un chiffre d’affaires moyen de 6,6 millions de dollars par restaurant en 2024, le groupe a intérêt à conserver la marge de ses unités plutôt qu’à percevoir des redevances. Les partenaires historiques restent accompagnés.
Les conditions publiées vont de 150 000 euros d’investissement global chez Crispy Soul à 400 000 euros chez BCHEF, pour un apport personnel compris entre 40 000 et 90 000 euros. Plusieurs réseaux du segment ne communiquent pas leurs montants avant la phase de candidature.











