L’enseigne d’optique Yes Eye, née au Mans en août 2016, ouvre fin août 2026 sa huitième boutique, à Tours. Son fondateur Monita Mok annonce la suite : recruter des franchisés pour poursuivre le maillage, dix ans après avoir quitté les grandes chaînes pour créer sa propre marque.
Tout commence au 49 avenue François-Mitterrand, en centre-ville du Mans, en août 2016.

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Opticien diplômé passé par les grandes enseignes du secteur, Monita Mok s’y lance avec sa sœur Molida Mok, diplômée dès 2004, et son amie Sophie. Dix ans plus tard, le réseau exploite sept boutiques en Sarthe, en Ille-et-Vilaine, en Mayenne et dans l’Orne. La huitième, à Tours, fait entrer l’enseigne en Indre-et-Loire..
Sept ouvertures entre 2016 et mars 2026, sans levée de fonds
Le rythme est resté régulier, une boutique tous les dix-huit mois environ, financée sur la croissance de l’activité. Rennes en mars 2018, Laval en décembre de la même année, Alençon en décembre 2021, le quartier Université du Mans en mars 2023, Vaas en mars 2024, puis Sargé-lès-le-Mans en mars 2026.
Quatre des sept adresses se trouvent en Sarthe. L’enseigne y a bâti sa densité avant de sortir du département, le schéma habituel des jeunes réseaux : la notoriété de proximité d’abord.
Monita Mok arrive à la franchise par l’autre bout
La plupart des opticiens indépendants qui veulent grandir rejoignent une bannière existante. Monita Mok, 39 ans, ancien champion de France de breakdance venu sur le tard aux métiers de l’optique, a pris le chemin inverse. « Je n’ai pas acheté une licence ou rejoint une enseigne existante, j’ai créé la mienne », précise le fondateur au Maine Libre.
Les prochaines ouvertures se feront donc sous franchise. Pour un candidat, l’offre n’a rien à voir avec celle des grandes franchises d’optique qui recrutent sur tout le territoire : Yes Eye est un concept régional encore jeune, à construire avec celui qui l’a créé. Reste que les rôles et obligations du franchiseur composent un métier à part entière, très éloigné de celui d’opticien.
Un marché de 9 milliards d’euros où sept groupes tiennent 70 % du chiffre d’affaires
Le marché de l’optique en France pèse près de 9 milliards d’euros par an et progresse de trois à cinq points selon les années, d’après l’étude Xerfi publiée en septembre 2025. Le paysage reste très concentré : sept grands groupes réalisent 70 % du chiffre d’affaires, sur un parc de plus de 13 000 magasins.
La part du marché tenue par sept groupes
C’est dans l’espace restant que se logent les réseaux régionaux comme Yes Eye. (Source : Xerfi, septembre 2025)
Face à Optic 2000, Krys ou Alain Afflelou, l’argument de Yes Eye ne peut pas être la puissance d’achat. Il repose sur l’ancrage local et sur un positionnement prix assumé depuis 2016 : des montures de grandes marques vendues moins cher que la concurrence. C’est le même calcul que fait tout entrepreneur qui veut ouvrir une boutique de lunettes ou un magasin d’optique face aux réseaux nationaux.
Le vrai chantier commence après la huitième boutique
Passer de sept succursales à un réseau franchisé impose un travail que le développement en propre n’exige pas. Il faut formaliser le savoir-faire, écrire le manuel opératoire, produire un document d’information précontractuelle et construire un modèle économique qui tienne des deux côtés du contrat. Les étapes pour franchiser son entreprise sont connues, elles prennent rarement moins d’un an.
Yes Eye a de quoi alimenter ce dossier : dix ans d’exploitation, une gestion en cogérance déjà testée à Rennes, et une offre élargie aux examens de vue, à l’adaptation de lentilles et à la téléconsultation ophtalmologique. L’apport demandé, les zones ouvertes et le calendrier de recrutement n’ont pas encore été communiqués par l’enseigne.
Bon à savoir
L’article L.330-3 du code de commerce impose au franchiseur de remettre son document d’information précontractuelle au moins 20 jours avant la signature du contrat ou le versement de toute somme. Un jeune réseau qui n’a pas ce document n’est pas prêt à recruter.
Questions fréquentes
C’est l’intention annoncée par le fondateur fin août 2026 : les prochaines ouvertures se feront sous franchise. Les huit magasins existants sont en revanche exploités en propre ou en cogérance. Les conditions d’entrée, l’apport et les territoires disponibles n’ont pas encore été rendus publics.
Les conditions pour ouvrir une boutique de lunettes ou un magasin d’optique sont encadrées : le point de vente doit compter un opticien-lunetier diplômé, titulaire au minimum du BTS Opticien-lunetier. Le dirigeant peut ne pas détenir le diplôme s’il emploie un professionnel qualifié. Chaque réseau ajoute ensuite ses propres critères.











