Trois mois après avoir ouvert son premier restaurant à Bobigny, l’enseigne Tregusto annonce treize ouvertures en Île-de-France et en province. Le réseau mise sur le panuozzo, un sandwich napolitain devenu le phénomène de la rentrée, et propose un droit d’entrée de 25 000 euros à ses futurs franchisés.
Le panuozzo est une spécialité de la région de Naples : une pâte à pizza cuite puis garnie de charcuterie et de légumes frais. Ouvert en juin 2026 avenue Louis-Aragon à Bobigny, Tregusto en écoule un millier par jour, sans passer par Deliveroo ni Uber Eats. L’enseigne a été créée par Simo et Khadija, un couple qui a découvert la recette en vivant en Toscane, et revendique une offre entièrement halal.
Un an de mise au point sur le pain avant la première ouverture
Avant d’ouvrir, le couple a passé une année entière à tester sa recette. « Je n’étais jamais satisfaite, notamment pour le pain. Je voulais atteindre l’équilibre parfait entre le moelleux et le croustillant », explique Khadija, cofondatrice de l’enseigne, dans un reportage publié par Actu Paris. Le sourcing a demandé autant de travail, la charcuterie halal de qualité restant difficile à trouver en France.
Le résultat se voit dans la rue : la file atteint plusieurs dizaines de mètres, y compris à 15 heures. Le best-seller s’appelle le Portofino, à base de roquette, stracciatella, parmesan, bresaola et poulet. Un positionnement qui se lit à la croisée des franchises de pizzeria et cuisine italienne et du sandwich haut de gamme, deux univers dont les tickets moyens n’ont rien de comparable.

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25 000 euros de droit d’entrée et 80 000 euros d’investissement global
Le réseau a publié ses conditions. Le droit d’entrée s’élève à 25 000 euros hors taxes et couvre le droit d’exploitation de la marque. L’investissement global est annoncé à 80 000 euros hors taxes, hors pas-de-porte et droit au bail. Les redevances se décomposent en 5 % d’exploitation et 2 % de communication.
Tregusto vise des locaux de 40 à 70 mètres carrés en centre-ville, accorde une exclusivité territoriale et annonce une formation de 30 jours, sans exiger d’expérience en restauration. Le réseau table sur un chiffre d’affaires de 720 000 euros à 2 millions d’euros par restaurant, avec un excédent brut d’exploitation estimé de 20 à 25 %, projection qu’il présente lui-même comme non garantie. Des ordres de grandeur à confronter à ceux des franchises halal déjà installées avant de signer.
Le droit d’entrée annoncé par Tregusto, pour un investissement global de 80 000 euros hors taxes, hors pas-de-porte et droit au bail. (Source : site officiel du réseau, septembre 2026)

Treize ouvertures programmées, de Saint-Ouen à Corbeil-Essonnes
Le déploiement a commencé. Saint-Ouen a ouvert la semaine dernière, Aubervilliers suit dans quelques jours, puis Villeparisis en Seine-et-Marne. Le réseau annonce aussi Colombes, Cachan, Conflans-Sainte-Honorine et Corbeil-Essonnes, avant de sortir d’Île-de-France avec Rouen, Le Havre et Le Mans.
Les profils recrutés sont variés. « Certains avaient déjà leur fonds de commerce, d’autres non », précise Nesrine, chargée du marketing du réseau, citée par Actu Paris. Les fondateurs disent contrôler les restaurants sans prévenir, réflexe classique chez les jeunes franchiseurs qui déploient vite : la conformité du savoir-faire se joue dès la deuxième unité, comme le rappelle tout parcours pour ouvrir une franchise.
Bon à savoir
Le réseau revendique 76 000 abonnés sur TikTok et reconnaît une concurrence directe sur les influenceurs. Pour un candidat, la question à poser au franchiseur est celle de la propriété des comptes locaux et de la prise en charge des campagnes après l’ouverture.
Trisapori et Trinapoli occupaient déjà le terrain du panuozzo
Le créneau n’est pas vierge. À Mantes-la-Jolie, Trisapori revendique la paternité du panuozzo en France avec une ouverture dès 2020, sans avoir cherché à essaimer. Dans les Hauts-de-France, Trinapoli s’est installé à Lille, Arras et Valenciennes. La course aux emplacements franciliens est donc déjà engagée.
Ce mouvement suit celui du poulet frit, qui a saturé les mêmes zones de chalandise en deux ans. La dynamique du marché du halal en France explique en partie cet enchaînement de concepts : une clientèle jeune, urbaine, très active sur les réseaux sociaux.
Ce que les prochains mois diront de la solidité du concept
Le vrai test viendra des unités ouvertes hors de Bobigny. Un concept porté par une file d’attente et une communauté TikTok doit prouver qu’il tient une fois répliqué à Rouen ou au Mans, loin du bassin qui l’a lancé. Les ouvertures d’Aubervilliers et de Villeparisis, attendues dans les prochaines semaines, donneront les premiers indices sur la capacité du réseau à transférer sa recette et son sourcing.











