Des millions d’Européens rentrent de Tokyo ou de Séoul avec la même question : pourquoi est-ce qu’on n’a pas ça chez nous ? 7-Eleven fait rêver la planète, mais après un départ avorté en Espagne dans les années 2000, la marque n’a toujours pas réussi à s’implanter durablement en Europe continentale. Une chaîne polonaise inconnue en France, Żabka, s’est engouffrée dans ce vide : plus de 13 000 magasins, un futur patron qui veut « être le leader du convenience en Europe ». En juillet 2026, 7-Eleven a tenté d’y prendre une participation. Sans succès.
Żabka opère sur un modèle de franchise ultra-dense : des petits magasins de proximité, ouverts tôt et tard, taillés pour la rapidité. Cotée à Varsovie depuis octobre 2024, la chaîne a dépassé 1 milliard de zlotys de bénéfice net en 2025 (soit environ 230 millions d’euros), vise 16 000 points de vente d’ici fin 2028, et teste déjà ses formats automatisés Żabka Nano dans l’enceinte de l’usine Tesla de Berlin-Brandebourg.
magasins Żabka en Pologne et en Roumanie, intégralement en franchise. Le réseau a progressé de 10,8 % en un an et se décrit comme la plus grande chaîne de convenience d’Europe.

7-Eleven annonce son retour en Europe depuis 2023. Les magasins, eux, n’ont pas suivi
La marque 7-Eleven est devenue un phénomène culturel mondial. Des millions d’Européens la découvrent en Asie et s’étonnent au retour de ne pas la trouver dans leur ville. La marque était pourtant présente en Espagne jusqu’en 2000, liée aux stations Repsol et aux enseignes Vips.
En avril 2023, Seven & i Holdings annonce vouloir revenir. Espagne, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni : l’ambition est affichée, les marchés cités. Trois ans plus tard, aucune ouverture n’a été confirmée. Les intentions sont là. Les magasins, non.
Żabka, 13 000 magasins et une feuille de route pan-européenne assumée
Żabka a grandi dans ce silence. La chaîne polonaise a bâti en vingt ans exactement ce que 7-Eleven n’a pas construit en Europe : un réseau dense, une culture du convenience ancrée dans les habitudes locales, des formats automatisés avec ses magasins Żabka Nano. Elle se décrit officiellement comme « la plus grande chaîne de convenience d’Europe ».

Et son prochain patron ne cache pas ses intentions. Tomasz Blicharski, qui prend la tête du groupe en janvier 2027, a été présenté par Bloomberg en mai 2026 comme l’homme qui veut « Build Europe’s 7-Eleven ».
La tentative de prise de participation de juillet 2026, ou la reconnaissance d’un danger ?
Mi-juillet 2026, Seven & i Holdings entamait des négociations pour prendre une participation dans Żabka Group. Selon Bloomberg, la transaction aurait permis au groupe japonais d’accélérer son expansion en Europe, un marché où sa croissance reste en retrait par rapport à ses positions en Asie et en Amérique du Nord.
Le 27 juillet 2026, les deux parties annoncent la fin des discussions sans accord. L’action Żabka perd jusqu’à 14 % en séance, sa pire performance depuis son introduction en Bourse en 2024. Le fonds CVC Capital Partners, actionnaire à 37,6 %, reste seul maître du capital.
Un marché entier à prendre, un concurrent qui n’attendra plus
L’Europe continentale attend toujours son 7-Eleven. Elle a Żabka, qui pousse depuis l’est, un pilote en Allemagne, et un futur patron qui a déclaré vouloir être le leader européen du convenience. Les négociations ont échoué. Żabka reste indépendante.
Ce qui est certain : 7-Eleven n’a toujours pas de magasins en Europe continentale, et Żabka en a plus de 13 000. La suite dépendra des décisions des deux groupes, mais le rapport de force sur le continent a changé de nature après juillet 2026.
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