Arrivée à Paris en janvier 2026, la chaîne chinoise Cotti Coffee revendique 28 adresses ouvertes ou en cours d’implantation en France. Derrière l’espresso à 0,99 euro et les façades noires, l’enseigne applique un modèle de développement qui n’a presque aucun équivalent dans la franchise française.
Cotti Coffee a ouvert son premier café à Fuzhou, dans la province chinoise du Fujian, en 2022. Ses fondateurs, Lu Zhengyao et Qian Zhiya, sont l’ancien président et l’ancienne directrice générale de Luckin Coffee, partis après le scandale comptable qui a valu à cette enseigne sa radiation du Nasdaq. Quatre ans plus tard, la revue Comunicaffe recensait au 20 janvier 2026 plus de 18 000 points de vente dans 28 marchés, dont 16 485 en Chine.
Vingt-neuf adresses françaises en huit mois
Les premiers cafés parisiens ont ouvert en janvier 2026, dont un rue des Rosiers, en plein Marais, comme le rapportait Actu.fr en août. Le Figaro recensait 29 établissements ouverts ou en cours d’implantation dans l’Hexagone au 19 août 2026.

© Instagram Cotti Coffee annonçant les prochaines ouvertures
La chaîne est sortie de la capitale : Lyon, Saint-Étienne, Bordeaux, Toulouse et Marseille figurent sur sa carte. Un rythme que peu d’enseignes de franchises de coffee shop et salon de thé tiennent sur un premier exercice français.
Un réseau sans magasin en propre et sans droit d’entrée
C’est là que le dossier devient intéressant. Selon le cabinet singapourien Momentum Works, Cotti s’est construit dès l’origine sur un montage de coentreprise, que l’enseigne présente comme un réseau intégralement partenaire, sans aucun magasin exploité en propre.
L’exploitant finance son point de vente mais ne verse pas de droit d’entrée. Le franchiseur se rémunère par une commission de service assise sur la marge brute du magasin. Le montage inverse la logique habituelle d’un contrat de franchise en France, où le candidat paie avant d’ouvrir, puis reverse une redevance calculée sur le chiffre d’affaires.
Bon à savoir
Une redevance assise sur la marge brute et non sur le chiffre d’affaires déplace le risque vers la tête de réseau : le franchiseur ne gagne que si le point de vente dégage de la marge. En contrepartie, il impose un contrôle serré sur les achats et les prix.
Un espresso à 0,99 euro face à Starbucks
« 0,99 euro un espresso ? », s’étonnait un client parisien devant la journaliste du Figaro en août. Les nouveaux clients se voient en plus proposer leurs trois premières boissons à 1,99 euro contre communication de leur numéro de téléphone. L’enseigne pousse aussi les matchas et les thés glacés, sur le créneau où le le marché du bubble tea en France a déjà installé ses propres réseaux.

Face à ces tarifs, Starbucks, installé en France depuis 2004, et les coffee shops indépendants jouent sur un tout autre terrain, sur un marché du coffee shop tiré depuis dix ans par la consommation nomade. La contrepartie se lit dans la tasse : Libération, qui a testé l’enseigne le 5 septembre, juge les boissons et les pâtisseries « gustativement peu intéressantes ».
Les 28 cafés français appartiennent tous à la même société
Le registre du commerce répond à la question du statut. Les vingt-huit adresses françaises sont toutes des établissements secondaires d’une seule société, Cotti Coffee France, immatriculée le 20 octobre 2025 à Paris : quatorze à Paris, trois à Marseille, deux à Lyon, Bordeaux et Toulouse, une à Levallois, Courbevoie, Boulogne-Billancourt, Le Bouscat, Saint-Étienne et Villefranche-sur-Saône. Aucun franchisé, alors que l’enseigne se présente en Chine comme un réseau sans aucun magasin en propre. Rien n’est donc ouvert, pour l’instant, à qui voudrait ouvrir un café ou coffee shop sous cette enseigne.
Ailleurs en Europe, elle avance vite : six adresses en Belgique, deux à Londres depuis février, des implantations à Hambourg, Cologne, Düsseldorf, Barcelone et Madrid. L’Italie, le Portugal et les Pays-Bas suivront.
Questions fréquentes sur Cotti Coffee en France
Oui. L’enseigne s’est développée dès ses débuts en Chine sur un modèle de coentreprise assimilable à de la franchise, en revendiquant l’absence totale de magasins exploités en propre. Elle ne facture pas de droit d’entrée et se rémunère sur la marge brute des points de vente.
L’enseigne ne publie pas d’offre de franchise sur le marché français et ne diffuse ni droit d’entrée, ni montant d’investissement, ni dossier de candidature. Le développement français se fait pour l’instant sans communication publique sur le statut des exploitants.











