La chaîne américaine de chicken fingers Raising Cane’s inaugurera son premier restaurant européen à Piccadilly Circus, à Londres, début 2027. Avec plus de 950 établissements aux États-Unis et 5,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, l’enseigne pose un jalon stratégique sur le Vieux Continent. La France est-elle dans la ligne de mire ?
Fondée en 1996 à Baton Rouge, en Louisiane, Raising Cane’s a bâti sa réputation sur un menu délibérément minimaliste : chicken fingers, frites gaufrettes, toast texan et une sauce maison devenue culte outre-Atlantique. Troisième chaîne de poulet américaine derrière Chick-fil-A et Popeyes, l’enseigne a enregistré 100 ouvertures en 2024, un record interne. Son chiffre d’affaires moyen par unité atteint 6,6 millions de dollars, l’un des meilleurs ratios du secteur quick-service américain.
Un flagship à Piccadilly Circus, première tête de pont européenne
Le restaurant londonien s’installe entre Piccadilly Circus et Leicester Square, précisement au 22 Coventry St, au cœur de l’un des carrefours les plus fréquentés d’Europe. Théâtres, touristes internationaux, jeunes actifs : le profil de clientèle visé rappelle celui des flagships de Las Vegas, Nashville ou New York. D’autres adresses sont déjà planifiées dans la capitale britannique, du côté de The Strand, Oxford Circus, Paddington et South Bank, auxquelles s’ajouteront des drive-thrus en grande couronne.
La chaîne prévoit de créer plus de 700 emplois dès la première année sur le marché britannique. Un support center londonien sera mis en place, piloté par un président Raising Cane’s UK spécialement recruté pour l’occasion.
Des fondamentaux solides pour convaincre les marchés européens
Derrière l’ouverture londonienne se profile une entreprise en pleine forme. Raising Cane’s a généré 5,1 milliards de dollars de recettes en 2024 et nourrit des ambitions à 10 milliards de dollars d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, le réseau cible 1 600 unités au total, contre près de 950 aujourd’hui. En 2024, l’enseigne a dépassé KFC sur les ventes aux États-Unis, une performance d’autant plus significative que c’est précisément sur ce marché britannique, dominé de longue date par KFC, qu’elle choisit de se lancer en Europe.
Chiffre d’affaires moyen par restaurant en 2024, l’un des meilleurs ratios du secteur fast-food américain. Raising Cane’s vise 8 millions de dollars par unité d’ici 2030. (Source : communiqué de presse Raising Cane’s)

Pas de franchise en Europe : un choix stratégique à double lecture
Au Moyen-Orient, Raising Cane’s a développé ses premières adresses internationales dès 2015 via la franchise. En Europe, l’enseigne adopte un modèle radicalement différent : des unités 100 % opérées en propre. Ce choix traduit une volonté de contrôler entièrement l’expérience client lors de ce premier test continental : qualité d’exécution, cohérence de marque, adaptation aux habitudes locales.
Pour les candidats à la franchise français, le signal est clair à court terme : aucune opportunité n’est ouverte en Europe. Mais il indique aussi que la marque construit ses fondations sur la durée, sans brûler les étapes. Le Moyen-Orient a précédé l’Europe de dix ans. La franchise européenne pourrait venir ensuite.
Bon à savoir :
Au Moyen-Orient, Raising Cane’s opère en franchise depuis 2015. Au Royaume-Uni, l’enseigne mise sur un modèle entièrement en propre. Un écart de modèle qui reflète la différence de priorité : le contrôle de la marque prime sur la vitesse de déploiement dans les nouveaux marchés stratégiques.
La France, logique prochaine étape ? Les conditions restent à réunir
Raising Cane’s n’a communiqué sur aucun projet français à ce stade. Mais la logique géographique parle d’elle-même. Londres constitue un laboratoire de premier ordre : tester les goûts européens, adapter le sourcing, apprivoiser les réglementations continentales. Une fois ce palier maîtrisé, Paris s’impose comme cible naturelle : forte fréquentation touristique, marché de la restauration rapide structuré et clientèle jeune habituée aux concepts américains premium.
Chick-fil-A emprunte exactement ce chemin, avec des ouvertures britanniques programmées avant un éventuel saut vers le continent. Raising Cane’s pourrait reproduire ce scénario. Une tendance de fond confirme cet appétit américain pour l’Europe : Wendy’s vient d’ouvrir à Milan avec un accord pour 170 adresses en Italie d’ici 2035, Captain D’s prospecte activement Paris, Lyon et Nice, et Dairy Queen maintient la France dans ses marchés cibles. Le fast-food américain teste l’Europe comme il a appris à tester les États-Unis : ville par ville, en commençant par les capitales.











