L’enseigne française de mode enfantine Okaïdi engage un plan de restructuration de grande ampleur : 60 magasins fermés en France et 290 postes supprimés. Placé en redressement judiciaire, le groupe IDKids se retire aussi de trois marchés européens. Un signal sur la fragilité des grands réseaux de prêt-à-porter enfant.
Maison mère d’Okaïdi, Obaïbi et Oxybul, le groupe nordiste IDKids a demandé son placement en redressement judiciaire le 3 février 2026 auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole. La procédure épargne la marque haut de gamme Jacadi, cédée peu avant au groupe Deveaux. Présenté aux représentants du personnel le 26 mai 2026, le plan de réorganisation vise à recentrer Okaïdi sur ses points de vente les plus rentables, avec un déploiement attendu au second semestre 2026.
Soixante fermetures et 290 postes supprimés en France
Le plan prévoit la fermeture d’une soixantaine de magasins et la suppression de 290 postes, soit environ 25 % des effectifs français de l’enseigne. Okaïdi exploite aujourd’hui 335 magasins de vêtements en franchise ou via d’autres systèmes en France, et emploie près de 2 000 personnes au sein des marques concernées.
La direction promet un dispositif d’accompagnement pour les salariés touchés, avec priorité au reclassement, à la mobilité interne et au suivi individualisé.
Part des effectifs français d’Okaïdi concernés par les 290 suppressions de postes annoncées.

Un retrait total d’Allemagne, de Pologne et du Portugal
La réorganisation acte aussi la sortie de trois marchés jugés « structurellement déficitaires ». Selon D/A Retail, elle entraîne la fermeture de 25 magasins en Pologne, 17 en Allemagne et 2 au Portugal.
À l’échelle du groupe, IDKids revendique un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros, 1 200 magasins et 6 000 salariés, avec une présence dans 70 pays. Okaïdi, à elle seule, pèse plus de 900 établissements dans le monde et environ 300 millions d’euros de contribution au chiffre d’affaires.
Natalité en baisse et concurrence de l’ultra fast-fashion
« Un environnement économique difficile », résume la direction du groupe pour expliquer ses pertes. Elle pointe la baisse de la natalité, la pression sur le pouvoir d’achat des familles, l’essor du marché de la seconde main et l’offensive des acteurs de l’ultra fast-fashion.
Autant de tendances qui rognent les ventes du prêt-à-porter enfant traditionnel et fragilisent les réseaux à fort maillage physique. Un avertissement utile pour les candidats qui évaluent un secteur sensible à la conjoncture.
Le textile pour enfants subit de plein fouet ce repli : volumes en baisse, marges sous tension et clients qui arbitrent d’abord sur les prix. Plusieurs enseignes du secteur ont déjà fermé des points de vente ou changé de mains ces derniers mois.
Un test pour la relance d’un réseau sous pression
Concentré sur ses meilleurs emplacements, Okaïdi joue la carte de la rentabilité pour sortir du redressement judiciaire. La réussite du plan dépendra de la performance des magasins conservés et de la capacité du groupe à réinventer son offre face aux nouveaux modes de consommation.
Les prochains mois, marqués par les premières fermetures au second semestre, diront si l’enseigne enraye sa spirale et stabilise son modèle.











