En Espagne, 99 Cheesecake vend des parts de cheesecake à 0,99 euro et affole les réseaux sociaux. Née à Barcelone fin 2024, la jeune enseigne écoule jusqu’à 3 000 parts par jour et vise entre 25 et 30 boutiques, avant une expansion européenne. Un concept low cost redoutablement efficace, encore inconnu en France.
Lancée en octobre 2024 dans la Calle d’Aribau, à Barcelone, l’enseigne est l’oeuvre de Roger Bettosini, un entrepreneur alors âgé de 22 ans.

Image issue du LinkedIn de Roger Bettosini
L’idée lui vient à New York, devant les comptoirs 99 Cents Fresh Pizza qui vendent des parts à moins d’un dollar. De retour en Espagne, il transpose la recette au cheesecake, produit star des réseaux sociaux. Dix mois plus tard, le réseau aligne déjà quatre boutiques entre Barcelone, Madrid, Valence et Pampelune.
Une part à 0,99 euro, des toppings à 0,80 euro : la mécanique du volume
La promesse tient en un chiffre : la part de cheesecake classique coûte 0,99 euro. Les recettes premium (Lotus, chocolat blanc, cookies and cream, quatre fromages) grimpent à 2,99 euros, et une vingtaine de toppings facturés 0,80 euro portent le ticket moyen entre 2,50 et 3 euros avec boisson.

© 99CHEESECAKE
Tout est pensé pour la cadence. Chaque boutique intègre son propre laboratoire et fabrique ses gâteaux chaque matin, avec les mêmes contraintes de production que pour ouvrir une pâtisserie classique. La différence se joue au comptoir : un client servi toutes les 20 à 30 secondes, et un café préparé minute abandonné parce qu’il ralentissait le service.
C’est le nombre de parts que 99 Cheesecake peut écouler en une journée, soit environ 210 gâteaux entiers le week-end. (Source : El Español, avril 2025)

Un phénomène né sur Instagram, entretenu par la rareté
Avant même d’ouvrir sa première boutique, Roger Bettosini documentait chaque jour sur Instagram la création de son entreprise, avec un défi initial : monter la société en 21 jours. Le pari a pris trois mois, mais la communauté était déjà là au premier jour d’ouverture.
« Cette idée est née en nous inspirant du modèle de franchise new-yorkais et en cherchant un produit qui me passionne et qui soit dans l’air du temps, en l’occurrence le cheesecake », explique Roger Bettosini, fondateur de 99 Cheesecake, dans les colonnes d’El Español.
Depuis, la marque cultive la rareté : recettes premium renouvelées chaque mois, productions quotidiennes limitées et ruptures de stock régulières qui nourrissent les files d’attente devant les boutiques.
Une croissance financée, un modèle qui lorgne vers la franchise
Les chiffres suivent. Une boutique type facture entre 30 000 et 50 000 euros par mois selon l’emplacement, et l’enseigne a bouclé en mai 2025 une levée de fonds de 500 000 euros auprès d’investisseurs issus de la restauration. Objectif affiché : atteindre 25 à 30 boutiques et un chiffre d’affaires annuel de 6 à 8 millions d’euros.
Pour y parvenir, la société de 57 salariés, dont plus de 80 % ont moins de 25 ans, prévoit un laboratoire central. Cette brique industrielle doit lui servir à développer sa branche B2B auprès des restaurants, mais aussi à franchiser certains marchés sans perdre le contrôle de la qualité.
Bon à savoir
99 Cheesecake ne recrute pas encore de franchisés : la franchise fait partie de son plan de développement, mais aucun contrat n’est commercialisé à ce jour. En France, le créneau est en revanche déjà occupé par plusieurs franchises de coffee shop et salon de thé. Ne pas confondre l’enseigne avec CakeMe, un concurrent espagnol du cheesecake qui, lui, recrute déjà des franchisés.
Une expansion européenne dans le viseur dès début 2027
Le fondateur a déjà fixé le cap : couvrir les grandes villes espagnoles, puis s’attaquer à l’Europe, une échéance évoquée pour début 2027. Aucune annonce ne cible officiellement la France pour le moment.
Le marché français semble pourtant prêt à accueillir ce type de concept. Les candidats prêts à ouvrir un café ou un coffee shop se multiplient, La Fabrique Cookies vient d’ouvrir son capital pour financer son expansion et le montpelliérain Flour-La Cookiserie lance son développement en franchise. Personne, en revanche, n’attaque le créneau du dessert à moins d’un euro. Les prochains mois diront si un opérateur français s’en empare avant l’arrivée de la marque espagnole.











