Le groupe Casino a dévoilé le 30 juillet 2026 ses résultats du premier semestre : EBITDA ajusté en hausse de +13,9 % à 326 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires stable. Derrière ces chiffres, un levier assumé : la bascule des magasins intégrés vers la franchise, pilier du plan Renouveau 2030.
Sorti de la sphère du groupe Rallye et recapitalisé en 2024, Casino concentre désormais son activité sur les marques de proximité : Monoprix, Franprix, Naturalia et les enseignes Casino, Spar et Vival, largement exploitées en franchise. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires atteint près de 4 milliards d’euros, en progression de +0,4 % en comparable. Un signal positif pour qui envisage d’ouvrir une supérette en zone rurale ou périurbaine.
Le résultat net reste négatif à -205 millions d’euros, mais s’améliore de 20 millions d’euros sur un an.
Une rentabilité dopée par la bascule des magasins en franchise
L’EBITDA ajusté grimpe à 326 millions d’euros (+13,9 %) et le résultat opérationnel courant redevient positif à 49 millions d’euros, contre une perte de 11 millions d’euros un an plus tôt. Le groupe attribue cette progression à la rationalisation de son parc : 254 points de vente sortis du réseau, 112 ouvertures et surtout 41 magasins intégrés transférés en franchise ou en location-gérance sur le semestre.
Le message est clair. Le distributeur allège ses coûts de structure en confiant l’exploitation de ses magasins à des entrepreneurs indépendants, une piste concrète pour qui veut ouvrir un supermarché sous enseigne.
Nombre de magasins intégrés transférés en franchise ou en location-gérance par le groupe Casino au premier semestre 2026. (Source : Groupe Casino, juillet 2026)

Franprix : les ventes aux franchisés progressent de 2,9 %
Franprix signe un deuxième trimestre solide : +0,8 % de croissance comparable, portée par un trafic client en hausse de +2,0 %. Dans le détail, les magasins intégrés progressent de +2,1 % et les ventes aux franchisés de +2,9 %, tandis que les magasins des masters franchisés reculent de -2,3 %.
Le concept « Oxygène » tire l’ensemble vers le haut. Les 170 magasins convertis à fin juin, soit 17 % du parc, affichent +3,7 % de croissance comparable sur le trimestre. L’enseigne a par ailleurs ouvert 21 magasins au semestre, pour 18 fermetures. Résultat : un EBITDA ajusté en hausse de +18,8 %, à 71,7 millions d’euros.
Monoprix se réinvente et cède trois magasins à Lidl
Monoprix, première marque du groupe avec 1 953 millions d’euros de chiffre d’affaires semestriel, recule de -1,0 % en comparable. L’alimentaire a souffert de ruptures temporaires liées à l’absence d’accord avec certains fournisseurs, dont Procter & Gamble. L’enseigne a lancé une refonte complète de son univers de marque, inaugurée le 2 juillet à Aix-en-Provence, et vise 100 % de magasins modernisés d’ici 2030.
Côté réseau, le semestre compte huit ouvertures en franchise et 16 transferts de magasins intégrés vers la franchise ou la location-gérance. Le groupe a aussi finalisé le 30 juin la cession à Lidl de trois magasins situés à Chatou, Le Pecq et Argenteuil. Malgré un chiffre d’affaires en repli, l’EBITDA ajusté gagne 20,5 millions d’euros, à 206,7 millions d’euros.
Casino, Spar, Vival : la proximité franchisée se restructure en profondeur
Les enseignes rurales et de proximité Casino, Spar et Vival réalisent la meilleure performance commerciale du groupe : +4,7 % en comparable au deuxième trimestre. Les nouveaux concepts Spar « Origines » (16 magasins) et la nouvelle identité Casino (quatre magasins) affichent des croissances à deux chiffres.
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Le nettoyage du parc reste massif : 82 ouvertures, 223 sorties et 21 transferts en franchise au semestre. Point de vigilance pour les partenaires : l’EBITDA ajusté de la branche recule à 10,7 millions d’euros, le groupe ayant choisi de ne pas répercuter l’inflation du carburant dans ses prix de cession aux franchisés. Naturalia complète le tableau avec une croissance de +6,1 %, portée par le concept « La Ferme » et un e-commerce en hausse de +32,8 %.
Une restructuration financière à boucler d’ici fin 2026
Le tableau financier reste sous tension. La dette nette grimpe à 1,7 milliard d’euros (+197 millions d’euros depuis décembre) et la liquidité recule à 713 millions d’euros. Le covenant financier est toutefois respecté, avec un ratio de 6,47x pour un seuil contractuel de 6,88x, et le groupe a obtenu de ses créanciers des accords valables jusqu’au 24 septembre 2026.
Casino confirme son objectif de retour à l’équilibre du cash-flow libre avant frais financiers dès 2026. Pour les candidats qui comparent les franchises de supermarché, la trajectoire du groupe mérite d’être suivie de près : la publication des résultats du troisième trimestre et l’issue de la restructuration financière, attendue avant la fin de l’année, diront si le modèle franchisé de Casino dispose enfin de bases durables.












