Le réseau Mondial Relay va consacrer 500 millions d’euros au marché français d’ici 2030, avec 3 500 consignes automatiques supplémentaires dès cette année. Neuf lockers sur dix sont posés chez un commerçant : pour un franchisé, l’équipement devient un générateur de passage autant qu’une ligne de revenu complémentaire.
Filiale du groupe polonais InPost, Mondial Relay couvre la France, la Belgique et le Luxembourg. Le logisticien s’appuie dans l’Hexagone sur 49 agences de livraison, trois plateformes logistiques et 7 000 points relais tenus par des commerçants. Son PDG David Lewkowitz a détaillé le 26 août à l’AFP, en marge de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, un plan d’investissement de 500 millions d’euros assorti de 1 000 créations d’emplois d’ici 2030.
12 000 consignes automatiques visées en France, contre 8 500 pour La Poste
Mondial Relay veut installer 3 500 lockers de plus sur le territoire en 2026. Le parc atteindrait alors 12 000 consignes automatiques, soit le premier d’Europe pour un opérateur privé en France.
La comparaison situe l’écart : La Poste devrait exploiter 8 500 consignes fin 2026, et Amazon en revendiquait 5 000 en février dernier. La course au maillage se joue donc sur des emplacements physiques, et ces emplacements sont très majoritairement des commerces existants.
Le nombre de consignes automatiques que Mondial Relay veut exploiter en France après l’installation de 3 500 unités supplémentaires en 2026. (Source : AFP, août 2026)

Neuf lockers sur dix sont installés dans un commerce ou sur son parking
Le débat sur les consignes revient régulièrement : elles videraient les centres-villes en court-circuitant les commerçants. Le PDG de Mondial Relay conteste cette lecture et défend un modèle hybride entre points relais et automates.
L’argument s’adresse directement aux réseaux : une consigne posée devant un magasin ramène des clients qui ne seraient pas venus, et ces clients repartent parfois avec autre chose que leur colis.
Un complément de revenu qui vise en priorité les commerces ouverts sept jours sur sept
Les emplacements recherchés par les logisticiens ont un profil précis : amplitude horaire large, ouverture tous les jours, accès facile en voiture, présence humaine réduite. Autant de caractéristiques qui décrivent une partie des concepts développés en réseau.
C’est la raison pour laquelle une franchise de laverie croise presque toujours la question du colis : un local ouvert de six heures à vingt-trois heures, sans personnel permanent, absorbe une consigne sans effort d’exploitation et encaisse une rémunération fixe par colis traité. Une franchise de supermarché raisonne dans l’autre sens. Le locker n’y comble pas un local vide, il fait entrer en magasin des clients venus pour autre chose, et le panier se remplit sur le trajet entre la porte et la consigne.
Bon à savoir
Le contrat de point relais et l’hébergement d’un locker sont deux choses différentes. Le premier suppose de manipuler les colis et de tenir un poste informatique, le second se limite à mettre à disposition une surface au sol ou une façade. Les conditions de devenir point relais colis varient d’un opérateur à l’autre, et rien n’interdit d’en cumuler plusieurs.
7 000 points relais stabilisés après 3 500 fermetures en 2025
L’an dernier, Mondial Relay avait fermé environ 3 500 points relais, une purge critiquée par la Confédération des commerçants de France et par plusieurs parlementaires. Interrogé par l’AFP, David Lewkowitz indique qu’il n’y aura pas « de gros ajustements supplémentaires » sur ce périmètre.
Le signal compte pour les commerçants de village, chez qui le colis fait souvent la différence entre un passage quotidien et une clientèle épisodique. Il compte aussi pour ceux qui se demandent quel commerce ouvrir ou reprendre dans un village : les 3 500 nouveaux emplacements de 2026 se joueront en partie sur ces territoires, et les conditions négociées cette année serviront de référence pour les suivantes.











