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Comment ouvrir un centre de contrôle technique en 2026 ?

16 Min. de lecture
mécanicien inspectant un moteur sous le capot ouvert

Comment ouvrir un centre de contrôle technique en 2026 ? Deux verrous décident du projet : l’agrément délivré par le préfet du département après un audit initial, et l’interdiction totale de cumuler le contrôle technique avec la réparation ou le commerce automobile. Comptez de 120 000 à 400 000 euros selon le format. Bonne nouvelle : aucun diplôme automobile n’est exigé du propriétaire du centre.


Trois segments coexistent, avec trois modèles économiques distincts. Regardez les volumes de chaque marché avant de choisir votre format.

Le centre véhicules légers, le cœur du marché

La France comptait 6 784 centres agréés véhicules légers fin 2025, soit 72 de plus qu’un an plus tôt, pour 27,6 millions de contrôles réalisés en 2025 (+3,63 %), dont 23,1 millions de contrôles périodiques obligatoires.

Le taux de contre-visite atteint 19,3 %, 60,85 % des véhicules présentés ont plus de dix ans et l’âge moyen des voitures particulières monte à 13,2 ans. Pour un candidat, ce vieillissement est une bonne nouvelle : plus de défaillances, donc plus de contre-visites facturées et plus de volume par ligne.

Premier contrôle au plus tard quatre ans après la première immatriculation, puis tous les deux ans : un flux récurrent, indépendant de la conjoncture.

13,2

Âge moyen des voitures particulières présentées au contrôle technique. Plus le parc vieillit, plus les contre-visites augmentent et plus le volume par centre progresse. (Source : UTAC-OTC, données 2025)

Stats illustration

Le centre poids lourds, un marché de niche

Le poids lourd, c’est environ 400 centres en France, contre près de 6 800 en véhicules légers. La périodicité y est annuelle au-delà de 3,5 tonnes de PTAC et semestrielle pour les autobus et autocars, ce qui garantit un flux récurrent de transporteurs, loueurs et collectivités.

La contrepartie, c’est le ticket d’entrée. Le local se compte en dizaines de mètres, de l’ordre de 18,75 mètres de long sur 4,5 mètres de large et 2,6 mètres de hauteur, le matériel coûte plus cher et la clientèle B2B négocie : le prix moyen tourne autour de 130 euros, dans une fourchette de 110 à 190 euros.

Le centre catégorie L, le segment le plus récent

Le contrôle des deux et trois-roues motorisés et des quadricycles est obligatoire depuis le 15 avril 2024. Fin 2025, on comptait 3 783 centres agréés catégorie L et 5 526 contrôleurs habilités, pour un peu plus de 2,2 millions de contrôles cumulés : 996 907 en 2024, puis 1 213 950 en 2025.

Faites la division : 321 contrôles par centre et par an en moyenne. Le taux de contre-visite moyen s’établit à 11,9 %, avec de forts écarts : 22,4 % sur les cyclomoteurs L1, 28,1 % sur les voiturettes L6.

Premier contrôle au plus tard cinq ans après la première immatriculation, puis tous les trois ans, avec un déploiement échelonné jusqu’à fin 2026. La conclusion s’impose : la catégorie L est une extension d’agrément sur un centre VL existant, pas une activité autonome, et surtout en Île-de-France, dans les grandes villes et les zones à forte pratique moto.

Format Périodicité du contrôle Nombre de centres Volume annuel Investissement indicatif
Véhicules légers À 4 ans, puis tous les 2 ans 6 784 centres (fin 2025) 27,6 millions (2025) de 120 000 à 250 000 euros
Poids lourds Annuelle au-delà de 3,5 t, tous les 6 mois pour les autobus et autocars environ 400 centres (2023) Non consolidé dans le bilan public à partir de 250 000 euros
Catégorie L À 5 ans, puis tous les 3 ans 3 783 centres (fin 2025) 1 213 950 (2025) de 15 000 à 40 000 euros en extension

Sept étapes séparent la première étude du premier client, avec de neuf à douze mois entre les deux. L’ordre compte autant que le contenu : une éligibilité vérifiée trop tard ou un bail signé avant validation des plans coûtent des dizaines de milliers d’euros.

Étape 1 : vérifier votre éligibilité et l’incompatibilité avec la réparation

C’est le point de blocage numéro un. Deux conditions de fond : un bulletin n° 2 du casier judiciaire vierge, et l’impossibilité absolue d’exercer en parallèle une activité de réparation ou de commerce de véhicules.

L’interdiction ne porte pas seulement sur les murs, elle porte sur les personnes : ni l’exploitant, ni les contrôleurs, ni aucun membre du personnel du centre ou du réseau ne peuvent exercer une activité de réparation ou de commerce automobile. Le bâtiment, lui, ne doit avoir aucune communication avec un atelier ou un point de vente. Garagistes, la reconversion signifie sortir de votre activité, pas l’additionner.

Bon à savoir

La loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019 a modifié l’article L. 323-1 du code de la route pour renforcer la séparation entre contrôle technique et réparation ou commerce automobile. La mesure est entrée en application le 26 décembre 2021, deux ans après la publication de la loi, pour garantir l’objectivité des contrôles.

Étape 2 : réaliser votre étude de marché et choisir votre implantation

Raisonner en nombre d’habitants ne suffit pas. Ce qui compte : le parc automobile réellement présent dans la zone, la circulation, l’accès et la visibilité depuis l’axe passant.

Posez des questions chiffrées :

  • combien de centres dans un rayon de 5 à 15 kilomètres,
  • combien de lignes concurrentes,
  • quels prix affichés,
  • qui ouvre le samedi,
  • y a-t-il un acteur low-cost,
  • quelles entreprises disposent de flottes.

Les prix des voisins sont publics : le comparateur officiel prix-controle-technique.gouv.fr permet de cartographier la concurrence tarifaire avant de signer un bail. Avec 72 centres supplémentaires en un an, le marché absorbe encore des entrants, mais les zones denses sont saturées.

Étape 3 : choisir votre modèle, réseau agréé ou centre indépendant

La réglementation prévoit deux voies : le centre rattaché à un réseau agréé et le centre non rattaché, dit indépendant.

Le réseau prend en charge l’audit initial, la formation des contrôleurs, le logiciel métier, la transmission des données, le système qualité et la veille réglementaire. L’indépendant monte tout lui-même : audit initial par un organisme agréé certifié ISO 9001, avis de l’organisme technique central et système qualité référencé sur la norme NF EN ISO/CEI 17020. Assumons la conclusion : pour un premier centre, sans expérience du métier, l’affiliation reste le chemin le plus sûr vers l’agrément.

Étape 4 : créer votre structure et boucler votre financement

SASU, SAS, EURL ou SARL fonctionnent toutes, selon le nombre d’associés et le régime social visé. Écartez la micro-entreprise : son plafond de chiffre d’affaires et l’impossibilité d’amortir plusieurs centaines de milliers d’euros d’équipements la rendent inadaptée. Les formalités passent par le guichet unique de l’INPI.

Le conseil de la rédaction

Obtenez un accord bancaire de principe avant de signer le bail, jamais l’inverse. Côté montage, combinez prêt bancaire, crédit-bail sur les équipements, garantie Bpifrance et apport en compte courant d’associé.

Étape 5 : trouver le local et l’équiper aux normes

Le local est le point critique du projet, et il se conçoit comme un centre de contrôle, jamais comme un garage. L’arrêté du 18 juin 1991 impose un bâtiment couvert, aucune occupation de la voie publique pour les opérations de contrôle, aucune communication avec une activité de réparation ou de commerce automobile.

Le poste doit permettre de contrôler des véhicules jusqu’à 7 mètres de long, 3 mètres de haut et 2,50 mètres de large, avec un espace libre d’au moins 0,80 mètre autour du véhicule, un sol plan et horizontal, un éclairage adapté et le stationnement de deux véhicules au minimum par contrôleur travaillant simultanément. Comptez de 200 à 400 m² pour une ligne véhicules légers.

Côté matériel, la liste est longue :

  • banc de freinage,
  • réglage des feux,
  • analyseur de gaz et opacimètre,
  • contrôle de suspension,
  • plaque de ripage,
  • contrôle de pression des pneumatiques,
  • pont élévateur ou fosse conforme,
  • lecteur OBD,
  • informatique métier et logiciel qualifié relié au système de transmission des données.

Le conseil de la rédaction

Faites valider vos plans par le réseau ou un spécialiste de l’agrément avant de signer le bail et avant tout début de travaux. La géométrie d’un local peut rendre l’agrément impossible. Vérifiez aussi la version en vigueur des cahiers des charges, qui évoluent en cours d’année : un référentiel dédié au contrôle du serrage des roues a été publié en 2026 pour les centres VL et catégorie L. Commander sur un ancien référentiel, c’est racheter le matériel.

Étape 6 : recruter et faire agréer vos contrôleurs techniques

Le contrôleur est agréé à titre personnel par le préfet du département du centre auquel il est rattaché. Sans contrôleur agréé, un centre équipé et conforme ne peut pas ouvrir.

C’est le vrai goulot d’étranglement du secteur. Selon l’ANFA, 55 % des recrutements de contrôleurs sont jugés difficiles, contre 43 % dans le reste de la branche, et près de 1 000 postes ne sont pas pourvus chaque année, soit 39 % des besoins. Lancez donc le recrutement en parallèle du dossier d’agrément, pas après, et appuyez-vous sur la convention collective des services de l’automobile pour le positionnement salarial.

Étape 7 : obtenir l’agrément préfectoral et lancer l’activité

Pour un centre rattaché à un réseau, le dossier comprend :

  • la demande d’agrément,
  • le numéro unique d’identification de l’établissement,
  • l’attestation d’affiliation,
  • l’attestation du réseau confirmant un audit initial favorable,
  • la copie du rapport d’audit,
  • le cahier des charges,
  • la description de l’organisation et des moyens matériels,
  • la liste des contrôleurs,
  • un plan de situation,
  • un plan de masse coté,
  • et l’engagement de respecter le cahier des charges.

Un centre indépendant y ajoute le rapport d’audit favorable d’un organisme agréé et l’avis de l’organisme technique central.

L’agrément des installations est délivré par le préfet du département, sans limitation de durée. Il peut être suspendu ou retiré en cas de manquement, après une procédure contradictoire : information écrite, délai d’un mois pour vos observations, réunion contradictoire. L’agrément du réseau lui-même relève du ministre chargé des transports, pour dix ans.

Bon à savoir

Depuis le 1er janvier 2026, le décret n° 2025-1180 et l’arrêté du 8 décembre 2025 ajoutent aux sanctions existantes une amende administrative pouvant atteindre 1 500 euros, applicable à l’exploitant comme au contrôleur agréé. Les mêmes textes imposent trois obligations nouvelles : identifier les véhicules concernés par un rappel constructeur grave, transmettre à l’organisme technique central les coordonnées du propriétaire dans un cadre conforme au RGPD, et respecter un délai d’une minute entre la validation du contrôle et la remise du véhicule.

Oui, à condition de corriger le vocabulaire. Dans le contrôle technique, le contrat qui vous lie à une enseigne dans le secteur automobile est le plus souvent un contrat d’affiliation à un réseau agréé, pas une franchise de contrôle technique au sens classique.

Franchise ou affiliation : ce que vous signez vraiment

Ce que le contrat apporte est très concret : audits initial et périodiques, formation des contrôleurs, logiciel de contrôle qualifié, transmission des données à l’organisme technique central, système qualité, notoriété d’enseigne et veille réglementaire.

Ce qu’il coûte l’est tout autant : droit d’entrée, redevances, engagement de durée, obligations d’enseigne. Un réseau agréé doit par ailleurs couvrir au moins 90 départements, ce qui explique le très petit nombre d’acteurs.

Les principaux réseaux agréés et leurs conditions d’entrée

Cinq réseaux agréés se partagent le marché des véhicules légers.

1) SECURITEST

Racheté par SGS en juillet 2004, Sécuritest est le plus gros réseau agréé du pays avec plus de 1 040 centres. Il appartient au premier groupe du marché français : SGS revendique 32 % de part de marché sur le contrôle technique et près de 2 000 centres en cumulant ses enseignes, en métropole comme en outre-mer. Sa particularité pour un candidat : le réseau ouvre à ses affiliés la possibilité de devenir actionnaires, ce qu’aucun concurrent ne propose. Le groupe annonce par ailleurs 200 postes de contrôleurs à pourvoir, un signal utile si vous cherchez à recruter vite.

SECURITEST

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SECURITEST

Centre de contrôle technique automobile

  • Automobile, Moto et Cycle
  • 1 040 implantations
  • Apport personnel: 0 €

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2) Auto Sécurité

Créée en 1992, Auto Sécurité est la doyenne du secteur et se présente comme le précurseur du contrôle technique automobile en France. Le réseau compte plus de 920 centres en métropole et outre-mer, environ 1 830 contrôleurs agréés et contrôle près de 3,6 millions de véhicules par an. Passée dans le giron de SGS en août 2005, l’enseigne partage la structure de support du groupe avec Sécuritest tout en gardant sa marque, son maillage et sa clientèle. Certifiée ISO 9001, elle porte le label « Enseigne Responsable » depuis 2019.

Auto Sécurité

Logo

Auto Sécurité

Centre de contrôle technique automobile

  • Automobile, Moto et Cycle
  • 920 implantations
  • Apport personnel: 0 €

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3) DEKRA Automotive

Présent en France depuis 1986, Dekra Automotive exploite plus de 1 700 centres sur le territoire, dont plus de 1 555 en véhicules légers et plus de 145 en poids lourds, pour près de 6,4 millions de contrôles par an. Le réseau se déploie sous trois enseignes, Dekra, Norisko et Autocontrol, et présente une particularité de structure : plus de 310 centres sont détenus en propre via sa filiale Auto Bilan France, le reste fonctionne en affiliation. Derrière, le groupe allemand Dekra, fondé à Berlin en 1925, opère dans plus de 60 pays.

DEKRA

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DEKRA

Centre de contrôle technique automobile

  • Automobile, Moto et Cycle
  • 1 700 implnatations
  • Apport personnel: 50000 €

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4) AUTOVISION

Autovision est la marque de contrôle technique de Vivauto, société agréée par le ministère chargé des transports depuis le 10 décembre 1992, après un premier engagement dans le contrôle dès 1985. Le réseau revendique plus de 1 000 centres techniquement indépendants, présents dans les 101 départements, et plus de 2 000 professionnels du contrôle. Son offre couvre les trois segments : véhicules légers, poids lourds via Autovision PL, et catégorie L via l’enseigne Motovision. Le groupe s’appuie sur ses propres filiales de formation et d’informatique métier, un point à creuser en négociation.

AUTOVISION

Logo

AUTOVISION

Centre de contrôle technique automobile

  • Automobile, Moto et Cycle
  • 1 000 implantations
  • Apport personnel: 40000 €

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5) AUTOSUR

Fondé en 1990 sous le nom de SECTA, Autosur rassemble plus de 900 centres et environ 1 800 professionnels. Le réseau assume une position claire sur le plan contractuel : il propose un contrat d’affiliation et non une franchise, et impose une formation de gérant exploitant pour obtenir l’agrément. Son portefeuille de marques est le plus segmenté du marché : Autosur pour les véhicules légers, Motosur pour la catégorie L, Autosur Classic pour les véhicules de collection en partenariat avec la FFVE, et Diagnosur lancé en 2006 sur le créneau de proximité. Certifié ISO 9001 et Qualiopi.

AUTOSUR

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AUTOSUR

Centre de contrôle technique automobile

  • Automobile, Moto et Cycle
  • 900 implantations
  • Apport personnel: 30000 €

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Sur les apports, prudence. Les montants qui circulent, de l’ordre de 30 000 à 70 000 euros selon l’enseigne, correspondent au ticket d’entrée commercial du réseau, pas au besoin de financement de votre projet.

Bon à savoir

Un rappel important sur le DIP : même sur un contrat d’affiliation, dès qu’il y a mise à disposition d’une enseigne avec exclusivité, le réseau doit vous remettre un document d’information précontractuelle au moins 20 jours avant la signature et avant tout versement d’argent, conformément à la loi Doubin. Réclamez-le, avec les investissements réellement constatés par les derniers affiliés ouverts et la grille de redevances en vigueur, puis faites relire le contrat par un avocat spécialisé.

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Les atouts du réseau agréé

  • Agrément facilité : audit initial pris en charge et cahier des charges fourni
  • Système qualité et logiciel de contrôle qualifié inclus
  • Transmission des données à l’organisme technique central intégrée
  • Formation initiale et continue des contrôleurs organisée
  • Notoriété d’enseigne et référencement local
  • Veille réglementaire assurée par le réseau
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Ce que coûte l'affiliation, ce que gagne l'indépendant

  • Droit d’entrée et redevances à verser au réseau
  • Engagement de durée et obligations d’enseigne
  • Politique commerciale et tarifaire encadrée
  • À l’inverse, l’indépendant garde sa liberté tarifaire et une valeur de revente maîtrisée
  • Mais il doit faire réaliser son audit initial par un organisme agréé certifié ISO 9001
  • Et monter seul son système qualité NF EN ISO/CEI 17020, son logiciel et sa veille réglementaire

Faut-il être soi-même contrôleur agréé pour ouvrir son centre ?

Non. Aucun diplôme automobile n’est exigé pour détenir et exploiter un centre de contrôle technique. Vous pouvez être investisseur ou dirigeant sans avoir jamais posé un pied sous un pont élévateur.

Une obligation subsiste : l’exploitant désigné doit suivre, s’il n’est pas déjà contrôleur agréé, une formation initiale d’au moins 35 heures dans les six mois suivant sa désignation, puis un maintien de qualification de 14 heures tous les cinq ans. C’est cette porte d’entrée qui rend le projet accessible à un gestionnaire.

Les qualifications requises pour devenir contrôleur technique

Pour le contrôleur, les exigences sont réelles. Trois voies ouvrent l’accès au métier : un diplôme de niveau 4 du type baccalauréat professionnel maintenance des véhicules, un certificat de qualification professionnelle de contrôleur technique, ou un titre professionnel.

S’y ajoute une formation initiale de 315 heures pour les véhicules légers, dont 245 heures de théorie et 70 heures de pratique, un bulletin n° 2 vierge et l’agrément individuel du préfet. Pour les poids lourds, la partie pratique passe à 105 heures. Côté catégorie L, l’arrêté du 18 août 2025 a fait évoluer les diplômes de référence et porté certaines formations spécialisées à 70 heures, avec application au 1er juin 2026. Prévoyez enfin l’attestation d’habilitation électrique, indispensable sur les véhicules électriques et hybrides.

Un agrément sans date d’expiration, mais sous conditions

L’agrément du contrôleur est délivré sans limitation de durée, mais l’idée d’un droit acquis à vie est trompeuse. Il reste conditionné à une formation continue d’au moins 20 heures par année civile en véhicules légers, dont un module technique général de 8 heures minimum, et à des audits périodiques.

Le préfet peut le suspendre ou le retirer en cas de manquement, et depuis 2026 une amende administrative peut s’y ajouter. Point à négocier avec votre réseau : l’organisme technique central a refondu son cahier des charges applicable aux organismes de formation au 1er janvier 2026. Exigez par écrit une formation conforme au référentiel en vigueur.

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Soyons directs : comptez de 120 000 à 400 000 euros hors achat des murs. L’écart du simple au triple tient à quatre variables : l’état initial du local, le nombre de lignes, le choix entre réseau et indépendance, et l’ajout ou non de la catégorie L.

Poste VL indépendant VL en réseau Poids lourds
Étude, création de société, frais juridiques de 2 000 à 5 000 euros de 2 000 à 5 000 euros de 3 000 à 6 000 euros
Dépôt de garantie et entrée dans le local de 8 000 à 20 000 euros de 8 000 à 20 000 euros de 15 000 à 30 000 euros
Travaux et mise aux normes de 30 000 à 80 000 euros de 30 000 à 80 000 euros de 60 000 à 140 000 euros
Équipements de contrôle de 50 000 à 120 000 euros de 50 000 à 120 000 euros de 100 000 à 180 000 euros
Informatique, logiciel qualifié, réseau de 10 000 à 18 000 euros de 8 000 à 15 000 euros de 10 000 à 20 000 euros
Droit d’entrée et frais d’affiliation Néant, audit initial à financer de 15 000 à 40 000 euros selon le réseau
Communication et lancement de 5 000 à 10 000 euros de 3 000 à 8 000 euros de 3 000 à 10 000 euros
Fonds de roulement (3 à 6 mois) de 25 000 à 50 000 euros de 25 000 à 50 000 euros de 40 000 à 80 000 euros
Total indicatif de 130 000 à 300 000 euros de 140 000 à 340 000 euros à partir de 250 000 euros

Aux investissements s’ajoutent les charges récurrentes : maintenance et étalonnage des équipements, de 8 000 à 12 000 euros par an, redevances du réseau, salaires et charges des contrôleurs, et la contribution à l’organisme technique central, plafonnée à 2 % du prix du contrôle.

Sur le fonds de roulement, ne coupez pas. Prévoyez 3 à 6 mois de charges fixes en trésorerie : un centre ne se remplit pas le jour de son ouverture, et le temps de notoriété locale reste la première cause d’échec sur ce modèle.

Combien faut-il d’apport personnel pour ouvrir un centre de contrôle technique ?

Trois scénarios : un projet optimisé, de 150 000 à 180 000 euros d’investissement, demande 50 000 à 70 000 euros d’apport ; un projet standard, de 200 000 à 250 000 euros, appelle 70 000 à 100 000 euros ; un projet à deux lignes ou combinant VL et catégorie L, de 280 000 à 350 000 euros, exige 100 000 à 130 000 euros. Attention au piège classique : les apports minimums annoncés par les réseaux, souvent 30 000 euros, correspondent au ticket d’entrée du réseau, pas au besoin de financement global.

Un marché mature, porté par une obligation légale

Le secteur pèse environ 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et compte près de 5 700 établissements employeurs pour environ 12 900 salariés. Sa force : une demande non cyclique. Personne ne reporte un contrôle technique parce que la conjoncture se dégrade, et le vieillissement du parc fait le reste.

Sa limite est tout aussi nette. C’est un marché mature : la croissance d’un centre vient du volume capté sur les concurrents de sa zone, pas de l’expansion du marché.

Des tarifs libres et un chiffre d’affaires lié au volume

Les tarifs sont librement fixés par les professionnels, avec affichage obligatoire. Le prix moyen tourne autour de 78 euros pour une voiture particulière, dans une amplitude réelle de 45 à 150 euros selon la zone, plus 10 à 45 euros pour une contre-visite. Ces prix alimentent le comparateur public prix-controle-technique.gouv.fr, désormais étendu à la catégorie L.

À 80 euros le contrôle et 300 jours d’ouverture, dix contrôles par jour représentent 240 000 euros de chiffre d’affaires hors taxes, quinze contrôles 360 000 euros, vingt contrôles 480 000 euros. Le seuil de rentabilité se calcule aussi simplement : avec 120 000 euros de coûts fixes annuels et une marge contributive de 65 euros par contrôle, il faut environ 1 850 contrôles par an. L’indicateur à suivre n’est donc pas le chiffre d’affaires, mais le nombre de contrôles par jour et par ligne.

6,2 / jour

Le seuil de rentabilité d'une ligne de contrôle

Avec 120 000 euros de coûts fixes et une marge contributive de 65 euros par contrôle, une ligne équilibre son exploitation à environ 1 850 contrôles par an, soit 6,2 par jour sur 300 jours d’ouverture. (Hypothèses de business plan L’Express Franchise)

Les leviers de rentabilité

Le premier réflexe est d’ajouter une deuxième ligne. C’est rarement le bon. Remplissez d’abord la ligne existante : élargissez les horaires, ouvrez le samedi, travaillez la prise de rendez-vous en ligne et l’avis client local, qui pèse lourd sur un achat de proximité.

Viennent ensuite les flottes d’entreprises et les partenariats avec les garages et concessions, dans le respect strict de l’incompatibilité. L’agrément catégorie L amortit le même local sur un second flux. Gardez l’œil sur la masse salariale, premier poste de charges : le retour sur investissement s’observe entre trois et cinq ans.

Deux questions reviennent souvent. Combien gagne un exploitant ? Sa rémunération suit le nombre de contrôles quotidiens et de lignes : sur un centre à une ligne bien rempli, elle rejoint celle d’un dirigeant de TPE, une fois l’emprunt absorbé. Et reprendre un centre existant ? Plus rapide et moins risqué que la création, puisque vous rachetez un agrément en cours, un local conforme et une clientèle, à un prix qui intègre cette antériorité.

Le conseil de la rédaction

Avant de signer quoi que ce soit, faites valider le local par le réseau ou un spécialiste de l’agrément, et sécurisez le recrutement d’au moins un contrôleur agréé. Un local non conforme et un centre équipé sans contrôleur sont les deux façons les plus courantes de brûler plusieurs dizaines de milliers d’euros avant même d’avoir ouvert.

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