Le chausseur André, fondé en 1896 à Nancy, est placé en liquidation judiciaire par le tribunal des activités économiques de Paris. L’enseigne, qui avait fêté son 500e magasin en 1983, ne comptait plus que 30 salariés. C’est sa quatrième procédure collective en six ans, faute d’accord avec son bailleur.
Le jugement date du 9 septembre, mais il n’a été connu que le mardi 29 septembre, quand l’AFP a pu le consulter. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire d’une société en cessation des paiements, jugée impossible à redresser. Selon LSA, le dernier chiffre d’affaires publié, celui de 2024, atteignait 11,6 millions d’euros.
Un bailleur et des négociations avec Westfield qui n’ont pas abouti
Le jugement retient deux obstacles : des « problèmes avec le bailleur » et « l’échec des négociations » avec Westfield, propriétaire de centres commerciaux, selon les extraits cités par l’AFP. Le loyer pesait déjà sur les comptes en 2025. Lors de la précédente cessation des paiements, la société évoquait une « conjoncture (…) en berne » et un « poids des loyers en hausse », rapporte CNews.
Karim Redjal, homme d’affaires belge propriétaire de l’enseigne depuis 2023 avec sa société Optakare, avait pourtant obtenu début 2026 l’accord du tribunal pour une nouvelle reprise. Son offre prévoyait de garder 43 salariés, dont 33 en CDI, sept boutiques et deux corners. Ce plan n’a jamais démarré.
De 500 magasins en 1983 à sept boutiques en 2026
Nombre de magasins André fêté en 1983. Le dernier plan de reprise, en 2026, n’en conservait plus que sept, plus deux corners (sources : franceinfo, CNews).

La marque a longtemps donné son nom à un groupe entier, rebaptisé Vivarte en 2001. Le démantèlement de Vivarte, entre 2017 et 2020, a lancé une série de changements de propriétaire. En 2018, le site de vente en ligne Spartoo rachète André, qui perd de l’argent depuis 2014 et ne compte plus que 140 boutiques, selon LSA.
- 2020 : premier redressement judiciaire. François Feijoo, qui avait dirigé André de 2005 à 2013, reprend l’enseigne avec sa société 1Monde9, une cinquantaine de magasins et 13 affiliés.
- 2023 : deuxième redressement. Optakare sauve 21 boutiques sur 50 et 119 contrats de travail sur 250.
- 2025 : nouvelle cessation des paiements et recherche d’un repreneur.
- 2026 : reprise par Karim Redjal validée en début d’année, puis liquidation prononcée le 9 septembre.
Un réseau qui comptait aussi des magasins affiliés
André ne reposait pas uniquement sur des boutiques en propre. En 2020, lors de la reprise par François Feijoo, le parc comptait encore 13 affiliés, des commerçants indépendants sous enseigne André, indique CNews. Aucune source ne précise combien portaient encore la marque cette année.
Ce modèle mixte associe les deux familles du commerce intégré et du commerce organisé : des boutiques détenues par l’enseigne, et d’autres tenues par des commerçants liés à elle par contrat.
Bon à savoir : vous avez un avoir ou une carte cadeau André
La liquidation ne rembourse pas ces montants automatiquement. Le client doit déclarer sa créance au liquidateur judiciaire dans les deux mois qui suivent la publication du jugement au Bodacc. Les salariés et les créanciers privilégiés sont payés en premier, le remboursement reste donc incertain.
Stock, droit au bail et marque : ce que le liquidateur va céder
Le liquidateur doit maintenant vendre les actifs restants : le stock, les droits au bail des boutiques et la marque André, qui peut être cédée séparément des magasins. Les 30 salariés encore en poste seront licenciés par le liquidateur.
Les emplacements libérés, en centre-ville comme en centre commercial, retourneront sur le marché. Pour un commerçant indépendant, reprendre un local de ce type pour ouvrir une boutique de vêtements demande en général de 50 000 à 150 000 euros, hors stock de départ.
D’autres acteurs de la mode misent justement sur les indépendants. La Halle a annoncé un plan de 100 ouvertures qui s’appuie sur l’affiliation, et Courir développe une partie de ses magasins de sneakers en franchise.
Côté candidats, les enseignes de prêt-à-porter en franchise demandent des apports personnels qui démarrent autour de 20 000 euros et atteignent 50 000 euros pour les réseaux de plus de 300 magasins.
La cession éventuelle de la marque dira si le nom André, présent dans les rues françaises depuis 130 ans, peut encore revenir sous une autre forme, en boutique ou en ligne.











