L’enseigne Office Depot s’est déclarée en cessation de paiements le mercredi 30 septembre 2026 devant le tribunal de commerce de Bobigny. Détenue depuis 2021 par la coopérative Alkor, elle demande une liquidation judiciaire avec poursuite d’activité pour trouver un repreneur à ses 27 magasins, dont 17 à Paris, et à ses 185 salariés.
Une porte-parole de l’entreprise a confirmé à l’AFP le dépôt de la déclaration, révélé quelques heures plus tôt par L’Informé. Le distributeur de papeterie et de fournitures de bureau ne compte plus que 27 magasins et 185 salariés. Il met en avant une « décroissance structurelle » de son marché depuis plusieurs années, liée à la numérisation et à la baisse de la consommation, aggravée par la hausse des coûts logistiques.
17 magasins à Paris, sept en banlieue, trois en province
La liste publiée sur le site de l’enseigne montre un réseau resserré sur l’Île-de-France, avec 17 adresses dans Paris, de la rue Monge (5e) à l’avenue d’Avron (20e), et sept en banlieue : Boulogne-Billancourt, Rosny-sous-Bois, Créteil, Évry-Villabé, Lognes, Paris Nord 2 à Gonesse et Éragny. Hors de la région, il ne reste que Rouen et deux magasins dans l’agglomération de Strasbourg, dont un à Souffelweyersheim.
Office Depot ne demande pas la fermeture de ces points de vente. La procédure qu’il sollicite, une liquidation avec maintien de l’activité, sert à garder les magasins ouverts le temps de trouver un repreneur. Celui qui veut racheter une entreprise en liquidation choisit le périmètre de son offre, magasin par magasin, et ne reprend en principe pas les dettes.
Combien de temps les magasins peuvent rester ouverts
En liquidation, le tribunal peut autoriser l’entreprise à poursuivre son activité pendant trois mois au plus. Cette autorisation peut être prolongée une seule fois, pour la même durée, à la demande du ministère public. C’est la fenêtre dont disposent les candidats à la reprise pour se manifester.
De 60 magasins en 2021 à 27 en 2026
Alkor avait repris les activités d’Office Depot France en septembre 2021, via sa structure Nouvelle Victoire. Sur 1 500 emplois, la coopérative en avait gardé environ 500, rappelle l’AFP. Le parc comptait alors 60 magasins, dont dix ont fermé dans la foulée, selon Le Parisien.
Le 1er août 2024, la société d’exploitation a demandé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, a raconté Le Parisien. Le tribunal de Bobigny a validé en avril 2025 un plan de continuation qui fermait neuf magasins et supprimait 99 postes. Ce plan n’aura tenu qu’un an et demi.
À la rentrée scolaire de septembre, plusieurs magasins parisiens manquaient jusqu’aux cartouches d’imprimante, d’après des témoignages recueillis par L’Informé. Un salarié y explique que son point de vente n’avait plus été livré depuis un mois.
Alkor, une coopérative de 130 commerçants qui fait aussi vivre iOBURO
Le Groupe Alkor est né en 1958 sous le nom de Société coopérative des libraires. Il réunit aujourd’hui 130 adhérents, des distributeurs indépendants de fournitures scolaires et de bureau, qui pèsent ensemble 674 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023. Chaque adhérent dispose d’une voix, et la centrale les approvisionne depuis deux entrepôts, à Saint-Quentin (Aisne) et à Valence (Drôme).
La coopérative porte trois enseignes, Majuscule, Burolike et iOBURO, cette dernière avec 29 magasins ouverts aux particuliers comme aux entreprises. Office Depot n’en fait pas partie : ses magasins sont exploités par une société détenue par Alkor, et non par des adhérents. Le dossier montre ce qui sépare franchise, succursale et commerce associé.
La défaillance ne vise que la filiale et ses salariés : les commerçants indépendants de la coopérative restent propriétaires de leur entreprise, qui n’est pas visée par la procédure.
Bureau Vallée, 400 magasins bâtis en franchise sur le même marché
Sur le même marché, Bureau Vallée a choisi de grandir avec des commerçants indépendants. Créée en 1990 par Bruno Peyroles, qui a introduit en France le format du grand magasin discount de papeterie, la franchise Bureau Vallée revendique aujourd’hui 400 implantations. Adrien Peyroles en est le directeur général depuis 2021.
Bruno Peyroles n’avait pas prévu de franchiser son concept au départ. Les rencontres avec des candidats l’ont convaincu de passer en franchise en 1998, huit ans après l’ouverture, pour accélérer le développement du réseau.
Les candidats qui visent ce type de commerce regardent du côté des enseignes de commerce spécialisé en franchise, où la papeterie côtoie l’optique, les fleurs ou l’achat-vente d’occasion, sur une centaine de réseaux.
Le tribunal de Bobigny doit maintenant ouvrir la procédure
Pour un éventuel candidat, l’intérêt du dossier réside dans ses actifs : des baux commerciaux dans Paris et sa proche banlieue, et une marque connue. Un repreneur peut aussi ne garder qu’une partie des adresses.
Le tribunal de commerce de Bobigny doit d’abord prononcer la liquidation et autoriser le maintien de l’activité. Un liquidateur sera alors désigné pour recueillir les offres de reprise. Le nombre de magasins et d’emplois conservés dans ces offres dira si l’enseigne garde un avenir sous son nom actuel.











