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CrediPro : L’édito de Philippe Crevel : le bout du tunnel ?

15 juillet 2024Service aux entreprises
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Épidémie de covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, hausse des taux d’intérêt, depuis 2020, la séquence économique est intense et éprouvante pour les entreprises comme pour les particuliers. Après le rebond post confinements, la croissance s’est étiolée au point de flirter avec la récession. Cet épisode douloureux semble toucher à sa fin, les résultats du premier trimestre marquant en effet une inflexion. Le taux de croissance a été, en France, certes, faible (0,2 %) mais la menace de récession s’éloigne. En Europe, l’Espagne et le Portugal, deux pays moins exposés à la hausse du prix de l’énergie, tirent la croissance vers le haut. De son côté, l’Allemagne, après une difficile année 2023, renoue, en ce début d’année, avec la croissance. Outre-Atlantique, l’économie américaine a progressé moins rapidement qu’attendu mais demeure malgré tout dynamique avec une hausse de son PIB de 0,4 % au cours du premier trimestre.

Le petit regain d’activité en Europe n’est pas sans lien avec le recul de l’inflation. En zone euro, elle est ainsi passée de 10 % à l’automne 2022 à 2,4 % au mois d’avril 2024, taux également constaté en France. Avec l’assagissement des prix, les ménages retrouvent les chemins des magasins, après avoir réduit, depuis le début de l’année 2022, leurs achats en biens manufacturiers ou en biens alimentaires. Durant le premier trimestre, autre bonne surprise, l’investissement a augmenté en France grâce à l’accroissement des dépenses en logiciels et en équipements informatiques des entreprises.

La légère reprise de la croissance se construit également sur fond d’anticipation de baisse des taux d’intérêt. Les investisseurs et les établissements financiers font le pari que les banques centrales entameront un cycle de diminution de leurs taux directeurs d’ici la fin du premier semestre ou, au plus tard, au début du second. Cette décrue des taux est rendue possible par la désinflation bien qu’elle soit un peu plus lente que prévu, en particulier aux États-Unis. Avant de procéder à des diminutions de taux, les banquiers centraux souhaitent avoir la certitude de la disparition de toute spirale inflationniste. Ils suivent avec attention les évolutions des prix et des salaires. Dans le contexte actuel, un retour, d’ici un an, des taux directeurs autour de 3,25/3,75 % en zone euro (au lieu de 4,25/4,75 %) avec une à trois baisses d’ici la fin de l’année est envisageable. Depuis quelques semaines, les taux des crédits sont déjà en légère baisse. Ce mouvement devrait s’amplifier dans les prochains mois. La baisse des taux sera, sans nul doute, salutaire pour le secteur de la construction, confronté à une contraction rapide des programmes de logements neufs. Une reprise de l’investissement immobilier est, en effet, espérée en fin d’année.

Deux facteurs sont également susceptibles d’amplifier la croissance dans les prochains mois : la bonne santé des entreprises et la baisse du taux d’épargne. Les entreprises ont réussi, malgré les différentes épreuves, à maintenir leur taux de marge. Elles disposent ainsi de moyens pour augmenter leur taux d’investissement et accélérer la digitalisation et la décarbonation de leurs activités. Du côté des ménages, une réduction du taux d’épargne est attendue. Les ménages, en France, n’ont pas, jusqu’à maintenant, puisé dans leur cagnotte covid. Ces dernières années, ils ont même accru leur effort d’épargne de précaution par crainte de l’avenir. Les ménages disposent donc de moyens pour consommer ou investir dans les prochains mois.

Au-delà des incertitudes économiques et géopolitiques qui demeurent nombreuses, la meilleure méthode pour conforter une croissance aussi ténue soit-elle c’est d’y croire. Une hirondelle ne fait pas le printemps mais elle peut y contribuer.

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    09 Juin 2026 Service aux entreprises
  • De quoi seront faits les taux de demain ? – L’édito de Philippe Crevel

    Nous avons connu, durant près de quinze ans, une période de taux d’intérêt historiquement faibles avec la mise en œuvre de politiques monétaires particulièrement accommodantes. Certains avaient fini par considérer cette situation comme une nouvelle norme. Elle relevait pourtant d’une configuration exceptionnelle, voire artificielle. Les banques centrales avaient alors fait le choix d’un argent abondant et peu coûteux afin de lutter contre les risques de déflation consécutifs à la crise financière de 2008 puis à celle des dettes souveraines en Europe.

    Ce régime monétaire a pris fin en 2022 avec le retour brutal de l’inflation provoqué par la sortie de la crise sanitaire, les désorganisations des chaînes de production et la guerre en Ukraine. Pour contenir la hausse des prix, les banques centrales ont engagé le cycle de remontée de leurs taux directeurs le plus rapide depuis les années 1980. Après plusieurs assouplissements engagés à partir de l’été 2024, la perspective d’un nouveau choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz pourrait néanmoins interrompre ce mouvement de détente monétaire. Tout dépendra de l’issue de ce conflit et des effets de transmission de la hausse des cours de l’énergie sur l’économie.

    Vers un nouveau régime de taux structurellement plus élevés

    Au-delà de ces soubresauts conjoncturels, une question de fond se pose : quel sera le niveau des taux d’intérêt dans les prochaines années ? Le retour durable à des taux proches de zéro apparaît peu probable. Plusieurs facteurs structurels plaident désormais en faveur de taux plus élevés que ceux observés durant les années 2010.

    Le premier tient à l’endettement massif des États. Les besoins de financement publics n’ont jamais été aussi importants en temps de paix. Transition énergétique, réarmement militaire, vieillissement démographique, dépenses de santé ou encore adaptation des infrastructures nécessitent des volumes considérables de capitaux. Cette hausse continue des besoins de financement exerce une pression durable sur les taux à long terme.

    Le deuxième facteur réside dans l’évolution démographique. Pendant plusieurs décennies, le vieillissement de la population mondiale a favorisé une accumulation importante d’épargne, contribuant à maintenir des taux faibles. Cette situation évolue progressivement. Avec le départ à la retraite des générations du baby-boom, une partie de cette épargne pourrait être consommée. Le ralentissement démographique pourrait ainsi réduire l’abondance des capitaux disponibles. Il convient toutefois de souligner que ce phénomène n’est, pour le moment, observé ni en Allemagne, ni au Japon, ni en Chine, ni en France. Au contraire, le vieillissement démographique se traduit aujourd’hui par une hausse du taux d’épargne. Cette situation pourrait néanmoins s’inverser en cas de moindre générosité des systèmes de retraite.

    Le troisième élément concerne la fragmentation de l’économie mondiale. La mondialisation avait contribué à contenir l’inflation grâce à la mise en concurrence des économies et à la baisse des coûts de production. Le retour des tensions géopolitiques, les politiques de relocalisation industrielle et la sécurisation des approvisionnements tendent, au contraire, à accroître les coûts de production. Ce nouveau contexte apparaît structurellement plus inflationniste.

    Dans ces conditions, les entreprises devront probablement s’habituer à évoluer dans un environnement où le coût du crédit restera plus élevé que celui connu avant 2022. Cela ne signifie pas nécessairement un retour aux taux des années 1980 ou 1990, mais sans doute la fin durable d’un coût du capital artificiellement comprimé. Pour les PME et les TPE, cette nouvelle donne implique une gestion plus rigoureuse des investissements, de la trésorerie et des besoins de financement.

    Dans cet environnement plus sélectif, la qualité financière des entreprises, la solidité des projets et la capacité de négociation redeviendront des éléments déterminants dans l’accès au crédit et dans la formation des taux.

    Philippe CREVEL

    Philippe Crevel, économiste, est un spécialiste des questions macroéconomiques. Fondateur de la société d’études et de stratégies économiques, Lorello Ecodata, il dirige, par ailleurs, le Cercle de l’Epargne qui est un centre d’études et d’information consacré à l’épargne et à la retraite.

    03 Juin 2026 Service aux entreprises
  • 𝐁𝐢𝐥𝐚𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟓 : 𝗹𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐚𝐥𝐠𝐫𝐞́ 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐬𝐭𝐞́

    Alors que 2026 débute, le marché du financement des entreprises en France confirme sa résilience après une année 2025 marquée par des évolutions contrastées. Voici les tendances clés à retenir pour aborder sereinement cette nouvelle année :

    🔹 𝐂𝐫𝐨𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐦𝐨𝐝𝐞́𝐫𝐞́𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐬𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 : la croissance annuelle des encours de crédits aux entreprises s’élève à +2,6% en septembre 2025, avec un encours total de 1 390 milliards d’euros. Les crédits d’investissement progressent de +4,0%, tandis que les crédits de trésorerie continuent de se contracter (-2,7%).

    🔹 𝐁𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐚𝐮𝐱 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭 : le taux moyen des nouveaux financements a reculé à 3,54% en avril, puis s’est stabilisé autour de 3,4% en septembre, offrant un contexte plus favorable aux emprunteurs.

    🔹 𝐀𝐜𝐜𝐞̀𝐬 𝐚𝐮 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭 𝐟𝐚𝐜𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ : 98% des PME ont obtenu les crédits d’investissement souhaités au 3ème trimestre, et 83%les crédits de trésorerie demandés. Un signal fort de la confiance des banques envers les entreprises françaises.

    🔹 𝐃𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 : les secteurs des conseils, de l’immobilier, de l’agriculture et de la tech restent les plus dynamiques, avec des croissances supérieures à la moyenne.

    💡 𝐏𝐞𝐫𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 : malgré une légère baisse de la demande de crédits, l’accès au financement reste facile et compétitif, notamment pour les TPE et PME, qui bénéficient d’un accompagnement renforcé.

    📌 𝐄𝐧𝐣𝐞𝐮𝐱 𝟐𝟎𝟐𝟔 : vigilance sur les incertitudes économiques, mais aussi opportunités pour les entreprises innovantes et engagées dans la transition écologique.

    08 Jan 2026 Service aux entreprises
  • Le réseau se retrouve à Lyon pour son Club national 2025

    Jeudi dernier, à Lyon, le réseau CrediPro s’est réuni à l’occasion de son Club National 2025. Ce rendez-vous annuel, qui vient compléter la Convention, offre un cadre privilégié pour échanger sur les enjeux du réseau et réfléchir collectivement à...

    03 Juil 2025 Actualités

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