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Les Menus Services : « Face à l’inflation : nous avons opté pour une stratégie d’internalisation des repas »

5 Min. de lecture
Sur une assiette en porcelaine, un cookie et un mug sont posés.

Depuis 21 ans, le réseau de portage de repas à domicile pour les personnes âgées les Menus Services (130 agences) travaille avec des cuisines partenaires dispatchées sur l’ensemble du territoire. Pour faire face à l’inflation et mieux maîtriser la qualité de ses produits, il a commencé à internaliser depuis trois ans la préparation des 5,5 millions de repas qu’il livre chaque année. Corinne Duplat, DG du réseau explique la démarche initiée par le réseau.


Corinne Duplat : Nous avons fait ce choix car nous étions à la fois confrontés à des problèmes de qualité et à des problèmes de coût. Nous avons connu par le passé des difficultés avec des fournisseurs que nous ne voulons plus subir aujourd’hui. Malgré nos relations historiques, depuis vingt ans, avec certains partenaires, ces derniers n’ont pas accepté, ou n’ont pas pu, monter en gamme. Ils n’avaient donc pas la culture de la qualité que l’on attendait.

De plus, constatant que certains de nos clients étaient plus exigeants, nous avons souhaité mettre en place une gamme « Gourmet », en plus de la gamme « Plaisir » que nous proposions déjà. La majorité des cuisines partenaires n’ayant pas voulu, ou pas pu, travailler sur cette gamme, seuls certains franchisés ont pu en bénéficier, ce qui a commencé à créer une distorsion d’offre au sein de notre réseau. 

Ensuite, face à l’inflation, nous avons également travaillé sur une troisième gamme moins chère, « l’Essentiel », plus courte en choix et avec moins de produits nobles. Deuxième raison qui a guidé notre choix de l’internalisation, l’inflation et la hausse du prix des matières premières et de l’énergie qui nous ont fait mesurer à quel point nous étions dépendants de nos cuisines partenaires. En tant que vice-présidente de la fédération de portage des repas (Fedesap), je vois comment travaillent nos concurrents et à quels points ils sont dépenants de leurs fabricants de repas. Pendant l’inflation, nous avons subi des hausses de tarifs très importantes de la part de nos partenaires et avons dû augmenter nos prix. N’ayant pas voulu impacter nos clients dès le démarrage, nous avons dégradé nos marges la première année.

Corinne Duplat : Jusqu’alors, nous travaillions avec une dizaine de cuisines au national. Année après année, nous internalisons la production : nous avons racheté quelques cuisines l’année dernière et sommes en train d’en construire une qui sera livrée à la rentrée. D’ici deux ans, nous devrions produire en interne la majorité de nos repas et nous aurons ainsi sécurisé notre modèle économique. Ce qui a rassuré nos partenaires bancaires qui ont accepté de nous suivre sur ce nouveau métier et de financer ces gros investissements.

Corinne Duplat : À la différence d’autres secteurs d’activité, certains métiers de services à la personne, dont le portage de repas fait partie, ont connu un gros boom pendant le covid : nous concernant, nous avons enregistré 30 % de croissance sur les deux années de la pandémie. En 2023, nous avons enregistré un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros, soit une croissance de 22 % sur l’année, avec 5,5 millions de repas livrés. C’est ce volume et notre position de leader sur notre marché qui nous permet aujourd’hui d’être libres. Nous n’avons pas les pieds et les mains liés.

Corinne Duplat : Le secteur est effectivement porté par une législation favorable, avec la loi Borloo et l’avance immédiate du crédit d’impôt qui depuis 2023 permet aux clients de ne payer que 50 % de la dépense. Sa mise en place a permis à des clients qui ne pouvaient plus accéder à nos services, notamment pendant la période inflationniste, de le faire. Au lieu d’attendre 18 mois pour percevoir leur crédit d’impôt, ils le perçoivent immédiatement. Ca a été une vraie avancée. L’autre avantage du crédit d’impôt immédiat est de faire sortir les gens du travail au noir. En revanche, le dernier rapport de la Cour des comptes sur les services à la personne indiquant que nous sommes un secteur très subventionné via le crédit d’impôt ou les allègements sur les bas salaires ne nous aide pas. Heureusement, ces aides et notamment l’APA (Aide Personnalisée à l’Autonomie) existent pour les personnes âgées car nous sommes sur des métiers dits « essentiels ».


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur la stratégie d’internalisation des repas des Menus Services pour faire face à l’inflation.

Transition vers l’internalisation : Pour affronter l’inflation et améliorer la qualité, le réseau Les Menus Services a décidé d’internaliser la préparation de ses repas. Ayant connu des problèmes de qualité et de coût avec certains fournisseurs, le réseau a choisi de produire en interne pour mieux contrôler ces aspects.

Gamme de produits diversifiée : Initialement, Les Menus Services offrait une gamme « Plaisir ». Avec l’augmentation des exigences des clients, ils ont lancé une gamme « Gourmet » et une gamme « l’Essentiel » plus abordable. La diversification a été compliquée par le refus de certains partenaires de monter en gamme, ce qui a poussé à l’internalisation.

Réduction de la dépendance aux partenaires : L’inflation a montré la dépendance et la vulnérabilité face aux hausses de prix imposées par les partenaires externes. En internalisant la production, Les Menus Services vise à réduire cette dépendance et sécuriser son modèle économique.

Implémentation progressive : Le réseau travaillait avec une dizaine de cuisines partenaires. Maintenant, il rachète des cuisines et projette d’internaliser la majorité de la production d’ici deux ans, ayant déjà reçu le soutien financier des banques pour ces investissements.

Croissance et législation favorable : Le secteur des services à la personne, notamment le portage de repas, a connu une croissance durant la pandémie. En 2023, Les Menus Services a réalisé un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros avec une croissance de 22 %. De plus, des législations comme la loi Borloo et l’avance immédiate du crédit d’impôt continuent de soutenir le secteur.

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