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Commerces de centre-ville : la clé du dynamisme urbain ?

7 Min. de lecture
Commerces de centre-ville : la clé du dynamisme urbain ?

Quel rôle jouent les commerces et les franchises dans la dynamisation de nos centre-ville ? Une question à laquelle L’Express Franchise tente de répondre grâce aux éclairages de Pascal Loisel, responsable du développement national de l’agence Oh La Belle Ville ! et Christophe Baraston, délégué général du Club des Managers des Villes et Territoires.


« Un centre-ville, c’est comme un jardin. Si on ne l’entretient pas, cela devient n’importe quoi » lance d’emblée Pascal Loisel. « Avoir des commerces ne suffit pas », poursuit l’expert en redynamisation des espaces urbains, qui est également coach des managers de centre-ville. Le développement de ces espaces se fait également grâce à l’agencement du centre-ville, qui doit être à la fois « sympa, accueillant et sécurisé » analyse-t-il. « Il faut créer une ambiance agréable, développer les terrasses et les espaces verts, proposer une signalétique et un éclairage adaptés, ainsi que des espaces pour les familles ». Une liste non exhaustive à laquelle Christophe Baraston ajoute notamment des possibilités de logement et de stationnement, de l’animation, une bonne accessibilité et de la propreté.

Le pré-requis pour dynamiser un centre-ville ? « Il faut une volonté politique d’agir » prévient Pascal Loisel. Cela passe notamment par la nomination de personnes-clés, comme les managers de centre-ville pour faire l’interface entre la collectivité locale et les commerçants, et par la détention d’outils performants et clés en main. Pascal Loisel regrette que ces managers ne soient pas suffisamment formés ni assez nombreux malgré les recrutements opérés dans le cadre du programme « Petites villes de demain » qui visait à soutenir les communes de moins de 20 000 habitants.

Parmi les dispositifs à disposition des centres-villes, Ma boutique à l’essai, déployé depuis 2013 en France. Le pays en compte 212 sur son territoire. Le principe ? Plutôt que de signer un bail de 3, 6 ou 9 ans, le porteur de projet peut signer un bail de six mois renouvelable une fois et bénéficier d’un accompagnement avec la mise à disposition d’un kit de communication et d’une méthodologie. « Nous avons inventé la période d’essai pour les commerçants » se félicite ainsi Pascal Loisel.

Un concept qui fonctionne et qui permet de lutter contre le fléau de la vacance commerciale dans les centres-villes puisque « dans 80 % des cas, le commerçant reste », poursuit l’expert. Autre outil, les pop-up stores, ces magasins éphémères qui accueillent dans des cellules vides des commerçants pour un temps déterminé. « Dans ce dispositif, les commerçants créateurs n’ont pas vocation à rester mais cela permet de créer un événement dans le centre-ville ». Pour réussir son implantation, Christophe Baraston enjoint les porteurs de projet à se rapprocher des villes et notamment des managers de centre-ville si elles en ont un. « Ce sont eux qui connaissent le mieux l’offre commerciale et qui peuvent voir si le projet est en adéquation avec les besoins des habitants ». Il les invite également à rechercher d’abord un local avant de faire une étude du marché et de s’assurer qu’il y a un flux de clientèle suffisant. 

Pour dynamiser des centres-villes, certains secteurs, comme les commerces de bouche, sont à prioriser estime Christophe Baraston. Ce que confirme également Pascal Loisel : « Il y a un vrai besoin sur l’alimentaire ». Pour Christophe Baraston, la consommation en centre-ville a changé depuis le covid : « Les gens ne veulent plus seulement du commerce pur. Ils veulent aussi pouvoir consommer du sport, de la culture et du loisir indoor ». Pascal Loisel abonde dans le même sens : « les consommateurs privilégient les achats plaisir ». Néanmoins, Christophe Baraston ne priorise pas de secteur plus que d’autres. « Chaque territoire est différent selon sa situation géographique, les besoins des habitants et l’attractivité autour de la ville.

Si celle-ci est isolée (malgré son nombre d’habitants faible, elle reste centrale pour des plus petits territoires autour), elle en devient attractive. Plus elle se montre attractive par rapport à une autre ville avec le même nombre d’habitants mais qui n’est pas centrale, plus elle pourra accueillir de nouveaux secteurs d’activité comme du prêt à porter ou de l’équipement de la maison. En revanche, si elle est située à proximité d’une grosse ville, elle risque d’être aspirée ». Il rappelle qu’« un bon brassage et une diversité de l’offre commerciale capable de répondre à tous les besoins est un atout en termes d’attractivité et d’apport de flux. Ce qui nous manque aujourd’hui, ce sont des restaurants de qualité, du prêt-à-porter, de l’équipement de la maison et des offres de loisirs et de culture qui apportent une plus-value à l’offre commerciale » détaille-t-il, ajoutant que « les nouveaux concepts constituent un appel d’air » pour les communes.

En revanche, les experts s’interrogent sur la pertinence de certaines implantations. Christophe Baraston déplore notamment le nombre croissant de « supérettes de centre-ville ouvertes la nuit dont on peut s’interroger sur l’activité » ou encore la sur-représentation de barbiers, coiffeurs et bars à ongle sur certains centres-villes. Pour Pascal Loisel, le fléau concerne essentiellement « les fast-foods de médiocre qualité qui ne sont pas valorisants et n’aident pas à dynamiser les centres-villes », ou encore les secteurs qui ne sont pas générateurs de flux comme les agences immobilières ou les agences de services qui, si elles s’avèrent nécessaires, devraient laisser également de la place pour des activités plus pertinentes.

En termes de modèle de développement, Pascal Loisel loue celui de la franchise. « Elles ont un vrai rôle à jouer car ce sont des locomotives qui génèrent un flux de clientèle de par leur notoriété. Elles vont également prouver à d’autres porteurs de projet que cela vaut le coup de s’installer : c’est un vrai gage de qualité pour une ville d’avoir des franchises ». Mais les enseignes doivent faire face à certains freins. Au premier rang desquelsle manque de superficie disponible dans les centres-villes, qui oscille « entre 50 et 80 m² en hyper centre voire jusqu’à 120 à 250 m² pour les nouvelles surfaces » évalue Christophe Baraston.

Pour pallier à cela, « les grandes enseignes commencent à se développer avec des concepts plus petits » glisse-t-il. Autres difficultés, les restrictions liées aux ABF (architectes des Bâtiments de France) dans les centres-villes, les prix exorbitants de certains loyers qui ne sont pas toujours alignés avec l’attractivité du centre-ville ou encore la vétusté des locaux. En cause ? « La paupérisation des centres-villes et des propriétaires qui ne font pas les travaux nécessaires » déplore Christophe Baraston. 


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Commerces de centre-ville : la clé du dynamisme urbain ?

Rôle essentiel des commerces : Les commerces, en particulier ceux de bouche, sont cruciaux pour dynamiser les centres-villes, mais leur agencement et leur environnement doivent aussi être accueillants et sécurisés. L’objectif est de subvenir aux attentes .

Lutte contre les locaux vacants : Pour une transformation de ces espaces, une volonté politique est indispensable. Des initiatives comme “Ma boutique à l’essai” ou les pop-up stores permettent de réduire la vacance commerciale, garantissant un taux de rétention élevé des commerçants.

Adaptation aux nouvelles tendances : Post-COVID, les consommateurs français recherchent des expériences variées lors de leurs achats dans les commerces, incluant des activités culturelles et de loisir. Ces nouveaux besoins nécessitent une diversification de l’offre commerciale des entreprises et un développement au coeur des grandes villes.

Types de commerces à privilégier : Les centres-villes doivent éviter la saturation de certains types de commerces et entreprises peu valorisants, comme les fast-foods de qualité médiocre, et se concentrer sur une offre variée incluant restaurants, prêt-à-porter et loisirs.

Potentiel des franchises : Les franchises jouent un rôle clé dans l’attractivité des centres-villes en générant du flux grâce à leur notoriété. Cependant, les entreprises font face à des défis comme l’espace limité et les coûts élevés des loyers, ce qui nécessite la mise en oeuvre de solutions innovantes.

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