Pour la première fois, la Fédération du Commerce Coopératif et Associé publie un baromètre annuel, réalisé par Xerfi avec le soutien d’In Extenso. Le verdict : 47 066 points de vente, 249,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et un parc qui a progressé de +8,3 % par an depuis 2017, soit plus du double du rythme enregistré par la franchise sur la même période.
Le commerce coopératif et associé regroupe des enseignes connues de tous : Intermarché, E. Leclerc, Intersport, Sport 2000, Atol, Optic 2000 ou encore Orpi. Ce modèle repose sur l’indépendance juridique des commerçants affiliés à un groupement commun, distinct de la franchise mais souvent confondu avec elle. La FCA, qui fédère 57 groupements adhérents représentant 88 % des points de vente du secteur, a dévoilé fin mai son premier baromètre annuel : un panorama chiffré appelé à être reconduit chaque année.
47 000 points de vente sous 180 enseignes, de Leclerc à Intersport
Le périmètre du commerce coopératif est plus vaste qu’il n’y paraît. La FCA recense aujourd’hui 41 441 adhérents à la tête de 47 066 points de vente, employant près de 672 000 salariés sous plus de 180 enseignes au sein de 90 groupements.
Pharmacie, optique, sport, alimentation et bricolage figurent parmi les secteurs représentés, avec une part prépondérante de la santé : elle concentre à elle seule 50 % des points de vente analysés par Xerfi.
La comparaison avec la franchise parle d’elle-même. La Fédération Française de la Franchise recense 93 395 unités franchisées pour un chiffre d’affaires global de 93,71 milliards d’euros. Le commerce coopératif pèse, lui, près de trois fois plus en volume d’affaires : une réalité rarement mise en perspective dans les comparaisons entre modèles de commerce organisé.
Chiffre d’affaires global EN MILLIARDS D’EUROS du commerce coopératif et associé en 2025, contre 93,71 milliards d’euros pour l’ensemble des réseaux franchisés en France.

+8,3 % de croissance annuelle du parc, deux fois plus vite que la franchise
Entre 2017 et 2024, le parc de points de vente du commerce coopératif a progressé de +8,3 % par an en moyenne. Sur la même période, la franchise a crû de +3,7 % annuellement, tandis que l’ensemble du commerce reculait de -0,2 %. Un écart qui s’explique notamment par la capacité du modèle coopératif à conquérir des territoires peu convoités par les grandes chaînes succursalistes.
Plus de la moitié des points de vente, soit 52 %, sont implantés dans des communes de moins de 10 000 habitants, là où réside un Français sur deux. En comparaison, seulement 32 % des magasins succursalistes y sont présents, souvent cantonnés aux grandes zones commerciales périurbaines.
Croissance annuelle moyenne du PARC de PVD (2017-2024)
Contre +3,7% pour la franchise et -0,2 % pour l’ensemble du commerce français sur la même période (Source : FCA/Xerfi, 2026)
Un résultat net supérieur à la moyenne dans 85 % des secteurs
L’étude Xerfi pointe une performance financière cohérente sur l’ensemble du périmètre : les commerces coopératifs et associés affichent un taux de résultat net supérieur à la moyenne des commerces dans 85 % des 14 secteurs analysés. Bijouterie-horlogerie, jouet et ameublement arrivent en tête des univers les mieux placés.
L’étude attribue cette surperformance au modèle collaboratif : mutualisation des achats, partage des ressources et suivi financier structuré. Des mécanismes qui permettent aux entrepreneurs affiliés de réduire leurs coûts sans renoncer à leur indépendance locale ni à leur ancrage territorial.
46 % de dirigeantes, un niveau qui devance la franchise de sept points
Autre enseignement notable : 46 % des dirigeants du commerce coopératif et associé sont des femmes, contre 30 % dans l’ensemble du commerce et 40 % parmi les franchisés fin 2025. Un taux qui reste à 43 % même en excluant la pharmacie, secteur traditionnellement féminin.
Ce résultat contraste avec le dernier bilan de la franchise : selon la 22e enquête Banque Populaire/FFF, la part des femmes franchisées est passée de 46 % fin 2024 à 39 % fin 2025, soit un recul de sept points en un an.
Un premier millésime qui relance le débat sur les modèles de commerce organisé
Pour la FCA, ce baromètre dépasse le simple exercice statistique. Olivier Urrutia, délégué général de la Fédération, y voit une réponse directe aux questions que se posent élus et porteurs de projet sur le commerce de proximité.
La prochaine édition du baromètre permettra de mesurer si la dynamique de croissance observée sur sept ans se maintient. Un enjeu concret, alors que les marketplaces et les grandes plateformes de vente en ligne exercent une pression croissante sur l’ensemble des circuits de distribution de proximité en France.











