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Pourquoi le modèle de la coopérative cartonne en France ?

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Pourquoi le modèle de la coopérative cartonne en France ?

Avec 52 000 points de vente et près de 180 enseignes, le modèle du commerce et des services coopératifs et associés s’est installé dans le paysage économique français. 


Face aux mutations du commerce et à l’essor des grandes chaînes, il se positionne comme une alternative qui privilégie la collaboration et l’ancrage local. Olivier Urrutia, délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA), décrypte les atouts et les défis auxquels est confronté le modèle. Expert du secteur, il partage sa vision de ce modèle économique fondé sur la coopération. Interview.

Olivier Urrutia : E.Leclerc, Intermarché, Coopérative U, Best Western, Orpi, Krys, Intersport, JouéClub, ou encore Biocoop… Toutes sont des sociétés coopératives ou des groupements associés.

Historiquement, le modèle s’est d’abord établi autour des centrales d’achats pour faire des achats groupés et s’est depuis étendu à d’autres domaines. Ce modèle économique permet à des commerçants ou à des prestataires de services de créer ou de reprendre des points de vente ou des bureaux en étant indépendants et autonomes tout en bénéficiant de la solidarité et de la mutualisation des besoins et des ressources. En atteignant un seuil critique en termes de masse, ces commerçants et prestataires pèsent plus lourd ensemble.

Le modèle permet ainsi à des commerçants ou prestataires de services d’accéder à des services informatiques, des services liés au digital, à la logistique, aux achats, à la communication, au marketing ou à la publicité, auxquels ils n’auraient pas accès en étant isolés ou pour lesquels ils n’auraient pas les moyens ou les compétences nécessaires. Les permanents de la coopérative vont ainsi accompagner le chef d’entreprise au quotidien dans l’exercice et le développement de son activité.

Olivier Urrutia : Le modèle a largement prouvé son efficacité économique. Sur les 22 dernières années, l’Insee a montré que le commerce et les services coopératifs et associés ont connu une croissance continue et un niveau de croissance supérieur à la croissance moyenne du secteur du commerce et des services en général, soit une croissance annuelle moyenne de 4 %, contre 1 à 2 % pour le commerce classique.

Alors que l’on vit dans un monde rythmé régulièrement par des crises dont la source est de différentes natures, exercer une activité d’indépendant, et plus encore dans le commerce et les services, s’avère compliqué car l’on reste tributaire d’une conjoncture économique et sociale rendue très incertaine. De fait, entreprendre seul est aujourd’hui une approche très difficile. D’autant que lorsque l’on est isolé, on ne dispose pas de toutes les compétences et des moyens pour faire face à la gestion des aléas provoqués par toutes ces crises.

Le fait d’appartenir à un groupe coopératif sécurise grandement pour y faire face en permettant de bénéficier de la force du collectif. D’ailleurs, pendant les récentes crises, les groupements ont recruté beaucoup d’adhérents extérieurs. Au-delà d’une performance économique durable, le modèle repose sur le principe de la solidarité. En termes d’organisation, les copropriétaires du groupement en sont les utilisateurs et l’intégralité des bénéfices leur sont reversés ou sont réinvestis dans le développement de la société coopérative. Enfin, l’objet social de la coopérative est de rendre service à ses utilisateurs et de les aider à développer leur activité, de la rendre plus rentable.

Olivier Urrutia : Le fait d’avoir une gouvernance collégiale leur permet de prendre eux-mêmes les décisions grâce à leur vision stratégique inspirée du terrain, et donc de les appliquer plus facilement par la suite. En outre, le modèle conjugue souplesse entrepreneuriale et proximité avec le terrain. Ces derniers vivent sur le territoire où ils exercent leur activité, ils en connaissent parfaitement le tissu social et économique, leurs clients étant en majorité des voisins, de la famille ou des amis.

Ils bénéficient également d’une souplesse et d’une liberté de gérer leur magasin de manière autonome, de définir leur politique commerciale, –choix de leurs produits, liberté de nouer des partenariats locaux ou de définir la politique de prix qui sera la mieux adaptée à leur territoire. Enfin, les commerçants et prestataires de services coopératifs et associés ayant investi une grande partie de leur vie et de leur argent dans leur business, leur motivation est décuplée et ils sont hyper engagés et impliqués dans leur activité.

Olivier Urrutia : Il s’agit en partie de défis qui sont partagés par l’ensemble des acteurs du commerce et des services. Le premier concerne la digitalisation. Le digital requérant des compétences et des investissements financiers, tout le monde n’est pas au même niveau sur ce sujet absolument déterminant pour rester compétitif. L’autre enjeu concerne l’environnement. Si auparavant on parlait « consommation, consommation, consommation », aujourd’hui, on parle plutôt « décroissance et déconsommation ». Il nous faut donc trouver de nouveaux leviers de croissance et des moyens de consommer différemment, via notamment l’adoption de pratiques durables et responsables ou l’économie servicielle qui ne consiste plus seulement à vendre des biens mais aussi à prêter, louer, ou réparer.

L’autre grand défi concerne la transmission. Une étude de CCI France de 2022 a mis en avant le fait que si dans l’industrie, quand une entreprise est à céder, il y a quatre candidats à la reprise, dans le commerce, c’est l’inverse : lorsqu’il y a quatre entreprises à céder, il y a seulement un candidat. C’est un sujet préoccupant qui est structurellement lié au commerce et pose la question de son attractivité. C’est un secteur qui propose des conditions de travail bien spécifiques et peu compatibles avec la mode du télétravail, et des activités traversées par des révolutions profondes qui génèrent des incertitudes. Pour faciliter les transmissions, nous souhaitons que le pacte Dutreil soit sanctuarisé et même étendu aux salariés candidats à la reprise.

Enfin, le dernier défi est de mieux faire connaître ce modèle économique à nos concitoyens et à nos politiques. L’ONU a déclaré l’année 2025 comme l’année internationale des coopératives et demande à tous les gouvernements de faciliter, par tous les moyens possibles, la mise en place et le renforcement des sociétés coopératives. Une étude de l’ONU met en effet en avant le fait que le modèle soit plus à même de produire de la richesse partagée et de créer de la valeur économique et sociale, de favoriser l’inclusion et de sortir le maximum de personnes de la pauvreté et de l’isolement.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : l’essor des coopératives en France et leurs enjeux.

Un modèle coopératif en pleine expansion : Les coopératives en France, qui comptent plus de 52 000 points de vente et près de 180 enseignes, représentent un modèle économique solide. Avec une approche favorisant la solidarité et la mutualisation des ressources entre commerçants, face à la concurrence des grandes surfaces.

Avantages du modèle : Les coopératives permettent aux membres de bénéficier d’une gouvernance collégiale, offrant ainsi une prise de décision plus rapide et une gestion autonome de leur activité. Elles allient souplesse entrepreneuriale et proximité avec le terrain, ce qui favorise leur réussite.

Objectifs en matière d’innovation : Avec des investissements en digitalisation et la nécessité de répondre aux enjeux environnementaux, le principe coopératif doit s’adapter en intégrant des approches et pratiques durables et responsables pour rester compétitif face aux évolutions du marché et dans l’intérêt du collectif.

Défis de transmission : Le secteur du commerce fait face à des difficultés de transmission d’entreprises, avec un ratio alarmant de quatre entreprises à céder pour un seul candidat. Cela soulève des préoccupations quant à l’attractivité du secteur et à la nécessité de faciliter ces transmissions.

Visibilité et reconnaissance : Pour renforcer l’impact des coopératives, il est crucial de mieux faire connaître cette organisation économique auprès du grand public et des décideurs politiques. L’ONU a même désigné 2025 comme l’année internationale des coopératives, soulignant le besoin d’un soutien institutionnel accru pour favoriser leur développement.

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