Le burger préféré des New-Yorkais affole les réseaux sociaux, mais Shake Shack reste un mirage pour les gourmets français : en 2026, l’enseigne ne compte toujours aucun restaurant dans l’Hexagone. Pourquoi cette absence, quelle est sa stratégie d’expansion, et comment se lancer malgré tout dans le burger premium en franchise ? Voici ce qu’il faut savoir avant de se projeter.
Chaque mois, des milliers d’internautes tapent « Shake Shack » dans leur moteur de recherche en espérant trouver une adresse à Paris ou Lyon. La réponse est nette : il n’existe aucun restaurant de la marque en France, et aucune ouverture n’est programmée. La chaîne américaine séduit par son image de burger haut de gamme, relayée par les voyageurs et les réseaux sociaux, mais elle reste pour l’instant hors de portée des entrepreneurs français.
Bon à savoir :
Ne confondez pas Shake Shack et Steak’n Shake. La seconde, également américaine, est bien présente en France et s’y développe en franchise depuis son retour récent sur le marché. Ce sont deux enseignes distinctes : si vous cherchez une opportunité concrète, c’est du côté de Steak’n Shake qu’il faut regarder, pas de Shake Shack.
Shake Shack, qu’est-ce que c’est ?
Tout commence à New York en 2004. Le restaurateur Danny Meyer installe un simple kiosque à hot dogs dans le parc de Madison Square. Le succès est immédiat. Le kiosque devient un restaurant, puis une chaîne, et Shake Shack s’impose comme la figure de proue du « fine casual », cette montée en gamme du fast-food qui mise sur des produits soignés et une expérience plus qualitative.
La carte joue sur de la gourmandise assumée : burgers au bœuf Angus, hot-dogs, frozen custard (une crème glacée onctueuse) et milkshakes. Le positionnement est clairement premium, à mi-chemin entre la restauration rapide classique et le restaurant à table. C’est cette promesse qui a forgé son image de « it-brand » du burger américain, très désirée en Europe.
Aujourd’hui, le réseau dépasse les 550 restaurants dans le monde, entre établissements détenus en propre aux États-Unis et restaurants exploités sous licence à l’international. L’entreprise est cotée à la Bourse de New York (NYSE) sous le ticker SHAK, un statut qui en dit long sur sa dimension financière et sur la rigueur de son modèle de croissance.
La carte d’identité de Shake Shack
- Création : 2004, à New York
- Fondateur : Danny Meyer
- Pays d’origine : États-Unis
- Réseau : plus de 550 restaurants dans le monde
- Concept : burger premium « fine casual », cotée au NYSE (SHAK)
Est-il possible d’ouvrir un Shake Shack en France en 2026 ?
Non, Shake Shack ne possède aucun restaurant en France, et ce n’est pas prévu
Soyons clairs : aucun Shake Shack n’existe en France à ce jour, et aucune ouverture n’est annoncée. Plus important encore, l’enseigne ne se développe pas en franchise classique ouverte aux particuliers. C’est le point que la plupart des candidats ignorent.
Aux États-Unis, tous les restaurants sont opérés en propre par l’entreprise. À l’international, l’expansion passe uniquement par des accords de licence exclusive, un modèle proche de la master-franchise, signés avec de gros groupes disposant d’une solide infrastructure et de capitaux importants. Un entrepreneur individuel ne peut donc pas, en l’état, ouvrir un Shake Shack en France.
La page officielle « International Licensing » de la marque liste les pays où des droits exclusifs ont déjà été accordés : Bahreïn, Chine, Égypte, Japon, Jordanie, Koweït, Arabie saoudite, Liban, Mexique, Oman, Philippines, Qatar, Singapour, Corée du Sud, Turquie, Émirats arabes unis et Royaume-Uni. La France n’y figure pas, et le seul pays d’Europe de l’Ouest couvert reste le Royaume-Uni.
Méfiez-vous enfin des sites de menus qui prétendent qu’un Shake Shack existerait sur les Champs-Élysées. L’information est fausse. Pour vérifier, fiez-vous uniquement à la page officielle de la marque et à son localisateur de restaurants.
Quelle stratégie d’expansion pour Shake Shack ?
Le modèle de développement repose sur deux logiques bien distinctes. Aux États-Unis, la marque mise sur une croissance maîtrisée, en propre, avec un objectif compris entre 60 et 65 nouveaux restaurants pour 2026. Une cadence soutenue, financée et pilotée directement par l’entreprise.
À l’international, l’enseigne confie des licences exclusives à des partenaires locaux expérimentés. Ce choix lui permet de grandir avec moins de capital et de s’appuyer sur le savoir-faire de groupes déjà implantés sur leur marché. Au Royaume-Uni, par exemple, Shake Shack opère via un master-licencié, Diverse Dining, qui gère une vingtaine de points de vente.
La marque considère l’Europe continentale comme un vaste « espace blanc » encore largement inexploité. La porte reste donc théoriquement ouverte à une arrivée future. Mais aucun calendrier ni partenaire n’a été annoncé pour la France. Et les critères pour devenir licencié sont exigeants : infrastructure d’entreprise conséquente, expérience prouvée dans la restauration et l’hôtellerie, capacité d’investissement élevée. Autant dire que la France n’est pas une priorité affichée à court terme.
Quelles sont les alternatives possibles à Shake Shack en franchise ? 5 idées sur le même créneau
Puisque ouvrir un Shake Shack est impossible, autant se tourner vers les enseignes de burger premium françaises qui, elles, recrutent activement des franchisés. Le marché hexagonal du burger haut de gamme est dynamique et propose des tickets d’entrée variés, du kiosque accessible au restaurant grand format. Voici quatre réseaux à étudier de près.
1. Steak N’Shake
Si une enseigne se rapproche vraiment de l’esprit Shake Shack, c’est bien Steak ‘n Shake — au point que les deux sont régulièrement confondues. Née en 1934 dans l’Indiana, cette institution américaine du burger et du milkshake a posé ses valises en France en 2014 et y poursuit son développement en franchise, avec aujourd’hui 32 restaurants répartis sur le territoire.
C’est aussi l’alternative la plus exigeante financièrement de cette sélection : il faut compter un droit d’entrée d’environ 60 000 €, un apport personnel de l’ordre de 250 000 € et un investissement global avoisinant les 700 000 €. En contrepartie, l’enseigne met en avant un chiffre d’affaires potentiel d’environ 3 millions d’euros après deux ans d’exploitation. Pour qui dispose des reins solides et rêve d’un concept de burger américain authentique, c’est sans doute le moyen le plus direct de s’en approcher en France.
2. The Roster
Créé en 2013 à Annecy par deux anciens snowboardeurs professionnels, The Roster cultive un univers « lifestyle » qui mêle culture alternative et sports d’hiver. Le concept séduit autant par son identité que par sa rigueur produit : bœuf 100 % français de race charolaise, pains livrés frais chaque jour, frites maison préparées le matin.
Le réseau compte une dizaine d’établissements, environ onze, concentrés en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les stations de montagne, et poursuit son développement en franchise.
3. Holly’s Diner
Holly’s Diner joue la carte de la restauration à l’américaine façon diner rétro, avec son ambiance années 50 et ses burgers généreux. Le réseau compte aujourd’hui entre 22 et 26 restaurants en France et accélère en franchise, avec un objectif de cinq à dix ouvertures par an.
Le droit d’entrée s’élève à environ 100 000 euros, et l’investissement global va de l’ordre de 600 000 euros pour un corner jusqu’à 1,3 million d’euros pour un restaurant complet, hors immobilier. Un projet « grand format » qui s’adresse à des porteurs disposant de moyens conséquents.
4. King Marcel
Spécialiste du burger gourmet né à Lyon en 2013, King Marcel revendique « le meilleur du fast-food américain et l’excellence de la cuisine française », avec un hamburger 100 % français. C’est sans doute l’alternative la plus proche de l’esprit Shake Shack, par son positionnement premium et son soin du produit.
Le réseau compte une quinzaine d’établissements, dont une dizaine en franchise. Côté conditions, comptez un droit d’entrée d’environ 30 000 euros et un investissement global autour de 300 000 euros, dont 100 000 à 150 000 euros d’apport personnel. La redevance s’établit à environ 5 % du chiffre d’affaires hors taxes, et 3,5 % sur la livraison. L’enseigne annonce un chiffre d’affaires réalisable à deux ans compris entre 500 000 euros et 1,5 million d’euros.
5. Les Burgers de Lucien
Avec son format kiosque clé en main d’environ 14 m², Les Burgers de Lucien propose le ticket d’entrée le plus accessible de cette sélection. Le réseau français mise sur des burgers premium à emporter et un modèle volontairement simple à lancer.
Le modèle économique est atypique : aucun droit d’entrée, aucune redevance, aucun pourcentage prélevé sur le chiffre d’affaires. La seule obligation pour le franchisé est de commander ses matières premières, françaises, auprès du franchiseur. L’investissement global tourne autour de 150 000 euros, pour un apport personnel de l’ordre de 30 000 euros. L’enseigne affiche une forte ambition de maillage du territoire, avec un objectif de 100 points de vente.
Shake Shack en France : un rêve à reporter, des alternatives à saisir
Ouvrir un Shake Shack en France reste, pour l’instant, hors de portée. La marque ne franchise pas auprès des particuliers, n’a confié aucune licence pour le territoire et ne donne aucun signe d’une arrivée prochaine. Inutile, donc, d’attendre une hypothétique ouverture pour concrétiser un projet.
La bonne nouvelle, c’est que le marché du burger premium est bien vivant dans l’Hexagone. Entre le kiosque accessible des Burgers de Lucien, le gourmet à la française de King Marcel, l’univers lifestyle de The Roster et le grand format de Holly’s Diner, chaque profil de porteur de projet peut trouver une formule adaptée à son budget et à son ambition. La première étape reste la même : demander le document d’information précontractuel et étudier chaque réseau en détail avant de s’engager.

