Le réseau Pop Corn Labyrinthe exploite une quarantaine de parcs de loisirs qui n’existent que trois mois par an. Ses attractions poussent dans des champs de maïs loués à des agriculteurs, puis disparaissent à la récolte. Un modèle de franchise sans immobilier, qui attire plus de 500 000 visiteurs par saison.
L’idée naît en 2009 à Sarzeau, sur la presqu’île de Rhuys, dans le Morbihan. Marie et Frédéric Guilbert tracent un parcours dans un champ de maïs et font payer l’entrée. Le deuxième parc ouvre à Ploemel. Le siège s’installe à Vannes, la fratrie rejoint l’aventure, et l’enseigne ouvre son réseau à la franchise en 2016. Dix ans plus tard, le maillage compte une quarantaine de parcs en France.
Trois à quatre hectares loués, aucun mètre carré construit
C’est la singularité du modèle. Le franchisé n’achète pas de terrain, ne signe pas de bail commercial et ne construit rien. Il s’entend avec un exploitant agricole local sur une parcelle de trois à quatre hectares, et cette parcelle redevient un champ à la fin de la saison.
Le maïs semé au printemps est récolté par l’agriculteur en automne, comme n’importe quelle culture. Là où la plupart des franchises de divertissement supposent un local, un aménagement et des machines à amortir sur dix ans, ici l’investissement lourd n’existe pas.
Semis fin avril, tracé un mois plus tard, exploitation de juillet à octobre
Le calendrier commande tout. Le maïs est semé fin avril dans une vraie parcelle agricole. Environ un mois plus tard, quand les plants dépassent la taille d’un adulte, les équipes du réseau reportent sur le terrain un tracé dessiné sur plan plusieurs mois à l’avance : couloirs, impasses, carrefours et fausses pistes.

© Pop Corn Labyrinthe
Les parcs ouvrent en juillet et travaillent jusqu’en octobre, avec les activités nocturnes et les soirées d’Halloween pour prolonger la saison. Aucun tracé n’est reproduit à l’identique d’une année sur l’autre, ce qui règle la question du renouvellement de l’offre sans investissement supplémentaire.
Le nombre de visiteurs accueillis chaque année par le réseau, sur une saison d’exploitation de trois à quatre mois seulement.

Une saisonnalité qui change l’économie du projet
Concentrer l’activité sur l’été a deux conséquences. La première est favorable : les charges fixes tombent hors saison, ce qui rapproche ce concept des des franchises pas chères et rentables plus que des parcs de loisirs classiques. Le franchiseur annonce une rentabilité atteinte dès la première saison.
La seconde est plus exigeante. Tout se joue en quelques semaines, sans deuxième chance : un été pluvieux, un tracé mal calibré ou un recrutement saisonnier raté se paient sur l’année entière. C’est la contrainte commune à toutes les franchises de loisirs et sports dépendantes de la météo.
Une trentaine de villes encore libres et quatre profils recherchés
Le franchiseur publie la liste des territoires sans parc : Dijon, Besançon, Grenoble, Saint-Étienne, Chambéry, Valence, Metz, Nancy, Troyes, Poitiers, Limoges, Angoulême, Chartres, Bourges, Ajaccio et une quinzaine d’autres. Son formulaire de candidature vise explicitement quatre profils : agriculteurs, entrepreneurs, investisseurs et collectivités.
L’accompagnement annoncé comprend une étude de faisabilité, une aide à la recherche de terrain, une formation initiale de quatre jours, un kit de démarrage et un plan marketing local. L’apport demandé n’est pas rendu public, ce qui suppose de passer par le document d’information précontractuelle pour connaître les chiffres réels.
Bon à savoir
Pour un agriculteur, ce type de concept relève de la diversification : la parcelle garde sa vocation agricole et le maïs part à la récolte. Reste à vérifier l’accueil du public sur une exploitation, l’assurance, les accès et le stationnement, quatre points qui décident souvent de la faisabilité avant le tracé.
Le réseau continue d’ajouter des sites et des activités
L’été 2026 a vu arriver deux nouveaux parcs, à Frelinghien dans le Nord et à Vennecy dans le Loiret, ce dernier ouvert depuis le 5 juillet. À Strasbourg, le site a inauguré le premier laser game outdoor du réseau.
« Depuis 2021, le nombre de demandes d’ouverture a littéralement explosé », expliquait déjà en 2023 Maxime Delie, chargé de la communication de l’entreprise familiale, citant les candidats en reconversion et les agriculteurs en quête de diversification. Le rythme des prochaines saisons dira si le réseau peut absorber cette demande sans diluer un savoir-faire qui repose, pour l’essentiel, sur la qualité d’un tracé.
Questions fréquentes sur la franchise Pop Corn Labyrinthe
Non. Le franchiseur ouvre sa candidature aux agriculteurs, mais aussi aux entrepreneurs, aux investisseurs et aux collectivités. La culture du maïs reste confiée à un exploitant agricole partenaire, le franchisé se concentrant sur l’exploitation du parc et l’accueil du public.
Le maïs poursuit son cycle agricole normal. Il est récolté par l’agriculteur partenaire et destiné, selon les exploitations, à l’alimentation animale ou à d’autres usages agricoles. La parcelle reprend sa fonction initiale, et le tracé de l’année n’est jamais reproduit à l’identique la saison suivante.











