Après plus de vingt ans de tournées dans les villages, l’enseigne aveyronnaise Banquiz ouvre pour la première fois son réseau de camions-magasins à la franchise. Trente-cinq véhicules tournent déjà, avec un chiffre d’affaires moyen de 265 000 euros par camion, et l’apport demandé démarre à 20 000 euros.
Le principe tient en une phrase : un camion-magasin qui vient jusqu’au village, avec des surgelés, de l’épicerie et des plats du terroir, sur des tournées régulières. Banquiz, dont le siège est installé à Calmont dans l’Aveyron, exploite ce modèle depuis plus de vingt ans et revendique 35 camions-magasins en activité. Jusqu’ici, tout était en propre. Le réseau ouvre désormais son développement à des entrepreneurs.
Deux formules, du camion unique au projet multi-camions
C’est la particularité de l’offre : le ticket d’entrée varie du simple au quintuple selon l’ambition du candidat.
| Poste | Projet mono-camion | Projet multi-camions |
|---|---|---|
| Apport personnel minimum | 20 000 euros | 100 000 euros |
| Investissement initial | à partir de 60 000 euros | 400 000 euros |
| Redevance initiale forfaitaire | 25 000 euros | 25 000 euros |
La redevance initiale de 25 000 euros est détaillée poste par poste, ce qui est rare : 10 000 euros pour la transmission du savoir-faire et la formation initiale, 12 500 euros pour l’accompagnement à l’ouverture, 2 500 euros pour l’exclusivité territoriale de la marque. L’objectif affiché pour un franchisé est de déployer plusieurs camions sur son territoire et de dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires.
265 000 euros par camion, et une fidélité client de 42 % à cinq ans
Le réseau met sur la table des indicateurs que peu de jeunes franchiseurs osent publier : 265 000 euros de chiffre d’affaires moyen par camion, 100 % des véhicules avec un excédent brut d’exploitation positif, et 75 % de réachat après une première commande.
La fidélité client à cinq ans
Sur 100 clients ayant acheté pour la première fois en année 1, 42 sont encore clients cinq ans après. Un niveau élevé pour l’alimentaire, qui tient à la relation directe et répétée du chauffeur avec ses tournées. (Source : Banquiz, 2026)
Ces chiffres viennent du franchiseur et ne sont pas audités. Ils restent utiles pour un candidat, parce qu’ils donnent un ordre de grandeur du point mort par véhicule, ce que beaucoup de réseaux refusent de communiquer avant le document d’information précontractuelle.
Le pari des communes que le commerce a quittées
L’argument de marché est celui du désert alimentaire. Le réseau avance le chiffre de 11 millions de Français concernés, et rappelle que 98 % des foyers achètent des surgelés. C’est le même constat qui pousse les candidats à se demander quel commerce ouvrir ou reprendre dans un village quand la dernière épicerie a fermé.
Banquiz n’est pas seul sur ce terrain. Casino a testé une épicerie nomade pour desservir les communes sans commerce, et Comptoir de Campagne installe des boutiques multiservices dans les villages de plus de 500 habitants. La différence de Banquiz tient à l’antériorité : vingt ans de tournées et une logistique déjà rodée, là où les autres expérimentent.
Sans local, l’équation économique change
Pas de bail commercial, pas de travaux, pas de loyer. C’est l’écart le plus net avec un projet où l’on veut ouvrir une supérette ou une épicerie : l’investissement part dans le véhicule et le stock, pas dans les murs, et le point mort se déplace vers le carburant, les kilomètres et le remplissage des tournées.

En contrepartie, le franchisé conduit, vend et encaisse lui-même au début. C’est un métier de terrain, physique, avec des journées calées sur les horaires des clients. Tout candidat qui envisage d’ouvrir une franchise en milieu rural connaît ce compromis : moins de charges fixes, davantage de temps passé sur la route.
Bon à savoir
Sur un modèle de tournées, la question à poser en premier n’est pas le chiffre d’affaires mais la densité du territoire attribué : nombre de communes, nombre de foyers, kilomètres entre deux arrêts. Deux camions au même chiffre d’affaires peuvent avoir des marges très différentes selon les distances parcourues.
Un premier réseau à construire avant de juger
Vingt ans d’exploitation en propre constituent une base solide, mais franchiser est un autre métier. Le réseau annonce un camion clé en main, une logistique centralisée, des outils de suivi et l’optimisation des tournées, plus l’appui d’experts de la franchise. Reste à voir comment ce dispositif tient à l’épreuve des premiers franchisés.
Dans les franchises alimentaires, les modèles itinérants restent rares et peu documentés. Les prochains mois diront si Banquiz parvient à recruter, et surtout à quel rythme, sur des territoires où les commerces de proximité vitaux pour les zones rurales se raréfient année après année.












