Formation des franchisés : INWIN revoit son parcours pour laisser davantage de place à la flexibilité

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Six semaines de formation successives avant de prendre véritablement son envol : c’était jusqu’à présent le parcours proposé aux nouveaux franchisés INWIN. Le réseau spécialisé dans l’accompagnement digital des entreprises vient de revoir sa copie. E-learning, accompagnement individuel, bootcamps et rencontres avec les partenaires composent désormais un parcours beaucoup moins linéaire. Un choix qui illustre aussi les transformations en cours dans la formation professionnelle.
Une semaine à Vannes pour entrer dans l’univers INWIN et s’approprier la méthodologie du réseau. Une semaine de formation au webmarketing en visioconférence. Deux autres consacrées aux fournisseurs et partenaires. Puis une formation à l’intelligence artificielle et, enfin, un retour à Vannes.
Pendant plusieurs années, l’intégration des nouveaux franchisés INWIN a suivi ce calendrier.
Un parcours dense, construit pour transmettre en quelques semaines les connaissances nécessaires au lancement d’une agence. Avec, comme beaucoup de formations organisées par promotions, une contrainte : celle de faire entrer des entrepreneurs aux parcours différents dans un calendrier commun.
Le réseau a décidé de revoir cette organisation. Non pas en réduisant la formation, mais en l’étalant différemment.
Ne plus attendre la prochaine promotion
Désormais, un franchisé qui rejoint INWIN n’a plus à attendre le démarrage d’un nouveau cycle de formation.
Son parcours commence par un temps en visioconférence consacré à l’ADN du réseau, à son positionnement et à son fonctionnement. Il accède ensuite à la formation webmarketing en e-learning et avance de manière autonome dans les contenus, avec au minimum 7h d’accompagnement dédiés avec Ludovic Hervault. La formation à l’intelligence artificielle prend ensuite le relais. Les rencontres avec les partenaires sont, elles aussi, réparties dans le temps.
Ce fonctionnement permet à INWIN d’intégrer de nouveaux franchisés tout au long de l’année. Mais l’objectif n’est pas nécessairement de les faire démarrer plus vite.
Une fois leur décision prise, les entrepreneurs veulent naturellement pouvoir engager leur projet. Pour autant, démarrer dans de bonnes conditions suppose aussi de pouvoir prendre son temps : assimiler les méthodes du réseau, organiser son agence, se former, préparer sa prospection et commencer à se confronter au terrain. La flexibilité consiste alors autant à pouvoir commencer sans attendre qu’à ne pas être obligé de tout apprendre en quelques semaines.
Le e-learning s’installe, le présentiel résiste
Le virage pris par INWIN intervient dans un contexte où la formation professionnelle a elle-même largement fait évoluer ses formats. En 2024, 38 % des entreprises ayant formé au moins un salarié ont eu recours à des cours ou stages à distance, selon l’Enquête Formation Employeur menée par le Céreq, la Dares et France compétences. Dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, cette proportion atteint 89 %.
Les données 2026 de l’ISTF montrent surtout que le marché ne s’oriente pas vers le tout-distanciel. Le blended learning, qui associe présentiel et formation à distance, représente désormais 41 % des offres étudiées, en progression de quatre points en un an.
Et le mélange des formats est devenu la norme : le présentiel reste utilisé dans 94 % des formations proposées par les professionnels interrogés, devant les classes virtuelles (76 %), les modules e-learning scénarisés (75 %), la vidéo (70 %) ou encore le microlearning (58 %). (ISTF Formation).
Autrement dit, le sujet n’est plus vraiment de choisir entre une salle de formation et un écran. Il est plutôt de déterminer ce que l’on fait avec chacun.
À Vannes, des bootcamps plutôt que des semaines de cours
Chez INWIN, les rendez-vous à Vannes n’ont ainsi pas disparu. Ils changent de format.
Le réseau les organise désormais sous forme de bootcamps, centrés sur les dimensions opérationnelles du métier : méthodologie d’accompagnement, prospection, posture commerciale, organisation et pilotage de l’agence ou encore préparation des premières semaines d’activité.
Ce qui peut être appris seul n’a plus nécessairement vocation à occuper une journée en salle. À l’inverse, les exercices, échanges entre franchisés et mises en situation conservent leur place dans les temps collectifs.
La frontière entre formation et démarrage de l’activité devient ainsi moins nette. Le franchisé peut avoir commencé à travailler sur son projet, rencontré ses premières problématiques et revenir en formation avec des questions beaucoup plus concrètes.
Un enjeu particulier pour des entrepreneurs en reconversion
Cette progressivité prend une dimension particulière en franchise.
Selon la 21e Enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF, 76 % des franchisés étaient salariés avant de créer leur entreprise. Parmi eux, 42 % ont également changé de secteur d’activité. Pour une large partie des nouveaux entrants, rejoindre un réseau signifie donc apprendre un métier tout en découvrant celui de chef d’entreprise.
Du côté des enseignes, l’effort consacré à la montée en compétences s’intensifie. La même enquête relève que 83 % des franchiseurs ont renforcé les formations destinées à leurs franchisés. Neuf sur dix déclarent également avoir renforcé l’animation de leur réseau et sa dynamique collective.
La question n’est donc manifestement pas de former moins, mais de savoir comment organiser cette formation.
Les 100 premiers jours plutôt que six semaines
Chez INWIN, ce changement se traduit aussi dans les mots. Le réseau parle désormais davantage des 100 premiers jours que d’une succession de semaines de formation.
Pendant cette période, les nouveaux franchisés alternent apprentissage autonome, accompagnement, temps collectifs, rencontres avec les partenaires et mise en pratique sur leur propre agence. Tous ne sont donc plus nécessairement au même endroit au même moment.
Un franchisé pourra avoir besoin de davantage de temps pour assimiler le webmarketing quand un autre avancera rapidement sur cette partie. Certains sujets abordés avec les fournisseurs pourront également attendre que l’entrepreneur ait suffisamment avancé pour comprendre comment les utiliser face à un client.
Cette organisation rompt avec une conception très séquentielle de la formation initiale : apprendre d’abord, appliquer ensuite. Elle fait davantage cohabiter les deux.
Former au bon moment plutôt que tout transmettre au départ
Ce changement de rythme pourrait sembler assez anecdotique. Il touche pourtant à l’un des fondamentaux de la franchise : la transmission du savoir-faire.
Le défi reste identique pour le franchiseur. Un nouvel entrant doit comprendre le concept, maîtriser ses méthodes, connaître son offre et être capable de la mettre en œuvre. C’est le calendrier qui change.
Le développement du e-learning permet de rendre une partie de ce savoir accessible à la demande. Le présentiel peut alors être réservé aux situations où le collectif, la pratique ou l’échange ont davantage d’intérêt.
Pour les réseaux, cette évolution présente également un autre avantage : elle rend possibles des entrées plus régulières, sans multiplier les promotions ou demander à un candidat d’attendre plusieurs semaines le prochain départ.
Pour le franchisé, elle redonne surtout de la latitude dans une période déjà particulièrement dense.
Commencer lorsqu’il est prêt, avancer lorsqu’il est disponible, ralentir lorsqu’une étape demande davantage de travail et utiliser les temps collectifs pour mettre en pratique ce qu’il a appris.
Chez INWIN, les six semaines de formation n’ont donc pas réellement disparu. Elles ont cessé d’être six semaines.
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