Basic-Fit envisage de franchiser une partie de ses 900 clubs français, selon ses résultats officiels du premier trimestre 2026 publiés le 16 avril. Le groupe néerlandais a présenté ce projet à son Comité Social et Économique dès le 16 février, avec une mise en œuvre annoncée pour mai 2026. Les quelque 2 000 salariés du réseau en France s’y opposent et ont lancé une pétition.
Basic-Fit est le premier opérateur européen du fitness, avec 2 184 clubs dans 12 pays et 6 millions de membres à fin mars 2026. En France, le groupe exploite 900 clubs en propre, tous opérés en régie directe depuis la création de l’enseigne. Un modèle qui pourrait évoluer radicalement : pour la première fois de son histoire, le groupe coté sur Euronext Amsterdam envisage de passer certaines salles de sport françaises sous format franchise, ce qui en ferait son deuxième marché franchisé après l’Allemagne.
Une annonce au CSE le 16 février, une mise en œuvre prévue pour mai 2026
Selon un tract publié le 9 mars 2026 par la CGT-FERC, la direction de Basic-Fit France a présenté son projet de franchisation à son Comité Social et Économique le 16 février 2026, avec une mise en œuvre annoncée pour mai 2026. Moins de trois mois pour transformer un modèle économique fondé sur plus de quarante ans d’exploitation en propre. La CGT affirme que la direction travaillerait sur ce projet depuis 2021, mais que les salariés n’auraient reçu « aucune information concrète » sur le périmètre des clubs concernés ni sur les conditions de mise en œuvre.
Basic-Fit confirme officiellement étudier la franchise en France
Dans son communiqué de résultats du premier trimestre 2026, publié le 16 avril, Basic-Fit N.V. confirme envisager la franchise en France. Le groupe indique étudier les opportunités dans ses marchés existants, dont la France, où il « voit d’amples opportunités de croissance en franchise ». La refranchisation de certains clubs détenus en propre est également évoquée comme levier d’optimisation du portefeuille. Au premier trimestre 2026, les revenus franchise du groupe ont atteint 5,3 millions d’euros, contre zéro un an plus tôt, grâce au lancement de l’activité via Clever Fit en Allemagne.
Bon à savoir
Dans son communiqué officiel, Basic-Fit emploie le terme « considering » (envisage), ce qui laisse la stratégie encore à l’état d’étude au niveau des investisseurs. En revanche, le CSE en France parle d’une « mise en œuvre en mai 2026 ». Cette différence de formulation reflète l’écart entre le discours boursier et ce qui aurait été présenté en interne.
Pour les salariés : transferts de contrats et perte de garanties collectives
Le CSE et la CGT-FERC s’alarment des conséquences pour les quelque 2 000 salariés de Basic-Fit France. Les employés des clubs franchisés verraient leurs contrats de travail transférés à un nouvel employeur « sans aucune garantie autre que la rémunération après un délai de 15 mois », selon le tract syndical. Ces salariés ne seraient plus couverts par le CSE actuel, ni par les accords collectifs négociés au niveau du groupe. Lors de sa réunion du 12 mars 2026, le CSE a décidé de lancer une pétition sur Change.org, qui recueille 479 signatures à ce jour. La CGT dénonce également le non-versement de primes promises lors des dernières négociations annuelles obligatoires, signées moins de deux mois avant l’annonce.
Un virage stratégique amorcé depuis le rachat de Clever Fit
Le projet français s’inscrit dans une stratégie franchise construite depuis novembre 2025, lorsque Basic-Fit a racheté le réseau allemand Clever Fit pour 160 millions d’euros (complément de 15 millions sur trois ans). L’opération a fait du groupe le premier franchiseur européen du fitness, avec 440 clubs franchise au sein d’un réseau total de 2 184 adresses. Dans la foulée, Eric Kohn a été nommé Franchise Business Partner pour Basic-Fit France. Le groupe mise également sur la récente autorisation française d’opérer 200 clubs en mode 24h/24 sans personnel dès mai 2026, source d’économies annuelles estimées à 10 millions d’euros. Ouvrir des clubs Basic Fit en franchise permettrait d’amplifier ces gains en réduisant l’exposition capitalistique du groupe dans l’Hexagone.
Un calendrier serré qui soulève des questions sur la procédure
Si le projet se confirme au calendrier annoncé, Basic-Fit devrait engager une procédure d’information-consultation du CSE, puis identifier les acquéreurs franchisés pour chaque club concerné. Un processus qui, dans le droit du travail français, implique des délais et des obligations d’information précises, notamment en cas de transfert d’entreprise relevant de l’article L1224-1 du Code du travail. Le groupe n’a pas encore communiqué publiquement sur le nombre de clubs visés ni sur le profil des futurs franchisés. Pour Basic-Fit, dont le chiffre d’affaires groupe a atteint 396 millions d’euros au premier trimestre 2026 (+19 % sur un an), l’enjeu est de taille : la France représente son premier marché en nombre de clubs.










