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Comment dynamiser le centre-ville : le rôle des communes

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Carnet illustrant l'article revitalise le centre ville

Rééquilibrer le développement commercial entre grandes surfaces et commerce de proximité, proposer aux communes de l’ingénierie technique, créer des événements et drainer du passage dans les commerces… Les villes multiplient les initiatives pour revitaliser leurs centres-villes.


« Aujourd’hui, on ne donne plus de surface commerciale importante. Il est donc essentiel pour les centres-villes de mettre en place des schémas d’urbanisme commercial qui permettent de réguler l’implantation des commerces et de ne pas augmenter les mètres carrés », explique Solange Biaggi, conseillère métropolitaine dédiée aux commerces, comités d’intérêt de quartier et aménagements au sein de la métropole Aix Marseille Provence.

Alors que pendant des années il y a eu une augmentation du nombre de mètres carrés des surfaces commerciales, au détriment des commerces de proximité, la métropole cherche aujourd’hui à limiter l’installation de très grosses implantations pour les nouveaux projets. Afin d’assurer un développement du commerce équilibré sur le territoire, elle a retravaillé son urbanisme commercial. S’appuyant sur une étude réalisée avec les chambres consulaires qui montrait qu’elle disposait de trop de mètres carrés commerciaux par rapport au nombre d’habitants, elle a mis en place un schéma directeur stipulant que « jusqu’en 2030, nous autorisons les enseignes déjà en place à se moderniser et à gagner en qualité sans toutefois augmenter leur nombre de mètres carrés, ou alors dans des proportions raisonnables » explique la conseillère.

Autre objectif de la métropole, accompagner les communes dans leur politique en faveur de la redynamisation économique de leurs centres-villes. Constatant que certaines d’entre elles, Marseille exceptée, « ne disposent pas de l’ingénierie technique nécessaire », la métropole met à leur disposition ses agents et ceux des chambres consulaires. Ainsi, elle a déjà accompagné « 33 communes sur la métropole pour réaliser des diagnostics et des études, les orienter vers des managers de centre-ville ou mettre en place des associations de commerçants ou des animations », détaille Solange Biaggi.

« Nice shopping », créé en 2015 par la ville de Nice pour dynamiser le cœur de ville et accompagner les commerçants, réunit les grandes enseignes et les commerces de proximité de la ville. Des groupes comme Carrefour, Leclerc, les Galeries Lafayette, Leroy Merlin ou la Fnac abondent ainsi aux côtés de la ville et d’institutionnels. Via son site internet dédié Niceshopping.fr, l’association accompagne elle aussi les commerçants sur les réseaux sociaux via son équipe de communication qui leur propose de tourner des vidéos de leur commerce et de les diffuser sur les réseaux sociaux ou de faire leur community management.

L’association participe aux grosses manifestations organisées par la ville de Nice, telles que la Grande Braderie, avec des animations complémentaires en lien avec les associations de commerçants. Elle organise également la grande parade de Noël. Autres grands événements qui amènent du flux économique et touristique, l’Ironman et la coupe du monde de rugby qui ont comptabilisé à eux deux 102,5 millions d’euros de retombées économiques.

De son côté, la ville de Saint-Raphaël a créé une monnaie locale, qui se présente sous forme de chèque-cadeau de l’Office de Commerce, « J’aime Saint-Raphaël », outil qui fédère près de 250 boutiques partenaires. Son objectif, soutenir le tissu économique local. 98% des clients de ces chèques-cadeaux étant des comités d’entreprise ou des entreprises, ils peuvent ainsi bénéficier d’une exonération fiscale à hauteur de 183 € par salarié. « En deux ans, nous avons vendu pour plus d’un million d’euros de chèques-cadeaux » se félicite Yoann Cousin, son manager de centre-ville, précisant que cela représente 5 à 10% du chiffre d’affaires des commerçants de proximité et apporte de nouveaux consommateurs au centre-ville.

Pour les 24 communes de la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis (Casa), la principale problématique concerne les contraintes immobilières et foncières. « Le risque est de voir s’implanter de plus en plus d’activités de services car il n’y a pas de place et que les loyers sont trop élevés » explique Christophe Jartoux, directeur de l’économie de proximité et du tourisme de la Casa.

Pour diversifier l’offre et encourager les activités commerciales, la collectivité a mis en place des périmètres de préemption commerciale afin que la commune concernée puisse racheter le bail et « chercher un repreneur dans un secteur d’activité utile pour le centre-ville » explique le directeur. De son côté, afin de lutter contre la vacance commerciale, la ville de Saint-Raphaël a développé une taxe des locaux vacants. Concrètement, plus un local est vacant dans le temps, plus il sera taxé (entre 20 et 40% de la taxe foncière à partir de deux ans de vacance commerciale). Objectif, sensibiliser les bailleurs aux locaux vides : « Nous leur proposons un accompagnement et leur présentons des porteurs de projet » explique Yoann Cousin, son manager de centre-ville.

Dans le but de soutenir et dynamiser le commerce et l’artisanat de proximité, Aix Marseille Provence a quant à elle transformé des kiosques à journaux en commerce de proximité. Sur Marseille, ce sont ainsi 48 kiosques vides qui sont devenus des commerces de proximité grâce à la mise en place des baux précaires de 3 000 à 10 000€ par an. Avant fin 2023 sera également mise en place une foncière commerciale au niveau de la métropole pour aider les petites villes à travailler avec les propriétaires et les bailleurs ayant des locaux vacants.

Après avoir bénéficié jusqu’en 2019 du Fisac (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) qui a permis « de réaménager des quartiers en faveur des commerces et aux commerçants de se fédérer ou de se regrouper en association » explique Christophe Jartoux, certaines communes de la Casa, comme Antibes, ont mis en place des managers de centre-ville.

Dans la foulée, la ville s’est également dotée d’un office du commerce et de l’artisanat qui gère l’événementiel des commerces –marché de Noël, braderies, site internet, réseaux sociaux… « C’est la porte d’entrée unique pour les commerçants pour présenter ses projets et exposer les problématiques qu’il rencontre ». Objectif, faciliter la vie du commerçant dans sa relation avec le territoire et la collectivité. L’office accompagne ainsi le parcours d’installation des commerçants sur le cœur de ville. Résultat, Antibes ne compte que 5% de taux de vacance.

La ville de Nice accompagne et facilite elle aussi l’implantation de nouvelles enseignes. « On les reçoit en amont en mairie pour les aider à s’implanter plus rapidement, en un mois plutôt qu’en trois ou quatre mois » explique Franck Martin, son adjoint au commerce. Résultat, la ville comptabilise moins de 8% de vacance commerciale. En novembre prochain, elle lance néanmoins les assises du commerce. Au programme, des tables-rondes sur l’attractivité et la dynamique commerciale, la sécurité et la réglementation, le stationnement et les transports, la propreté et la transition écologique. En parallèle, une étude a été adressée à plus de 20 000 Niçois pour dresser un panorama de leurs attentes sur le commerce. Objectif, mettre en place des solutions adaptées dans le cadre du nouveau plan commerce 2024-2030. « Il n’y a jamais assez de dynamisme » clame Franck Martin.

La ville, convaincue que le dynamisme du centre-ville passe également par son attractivité et par le tourisme qui l’a fait vivre en grande partie, prévoit à horizon 2025 de créer 3 000 chambres d’hôtel supplémentaires et de réhabiliter de grands axes commerçants.

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