La photo avec le Père Noël reste un rendez-vous incontournable des fêtes de fin d’année. Dans les centres commerciaux, l’expérience est parfois facturée. Sur les marchés de Noël, le cliché est le plus souvent gratuit. Derrière cette tradition bien installée, l’activité demeure éclatée, très locale, et difficilement compatible avec un modèle de franchise.
Centres commerciaux : un modèle économique… mais ultra-local
« Le Père Noël vous attend ». La phrase est omniprésente en décembre, notamment sur les réseaux sociaux des centres commerciaux, où chacun met en avant son stand photo avec l’homme en rouge. À Lille, un centre commercial ayant pignon sur rue annonçait par exemple fin novembre sur ses réseaux sociaux un tarif de 15 euros la photo. Les réactions n’ont pas tardé. « Même la photo du Père Noël devient un business », commente un internaute. Un vrai business ? La réponse est moins évidente qu’il n’y paraît.
Au sein de Carmila par exemple, qui compte environ 170 centres commerciaux aux tailles et budgets très différents, la gestion est clairement décentralisée. « Nous privilégions à date une gestion locale permettant d’adapter le format » explique la foncière créée par Carrefour.
Plusieurs modèles y coexistent : photographe professionnel, borne photo, photographe interne ou simple présence animée du Père Noël. « Ce pilotage local nous permet d’ajuster l’expérience à la réalité de chaque site, au budget disponible, et aux attentes des familles et des commerçants ».
Cette diversité de formats, dictée par les contraintes opérationnelles et économiques de chaque centre, laisse peu de place à un concept standardisé de type franchise.
Marchés de Noël : une logique de service, pas de rentabilité
Sur les marchés de Noël municipaux, la logique est radicalement différente. À Arras, dans le Pas-de-Calais, dont le marché revendique jusqu’à deux millions de visiteurs, la Maison du Père Noël est animée par un agent municipal. Nouveau cette année, il succède à un prédécesseur parti à la retraite. « Le Père Noël est choisi sur la base de ses qualités relationnelles et humaines », précise la Ville. Les familles prennent elles-mêmes les photos, gratuitement.
Même organisation à Colmar, en Alsace, l’un des marchés de Noël les plus célèbres de France, qui dépasse lui aussi largement le million de visiteurs chaque année. Ici, ce n’est pas le Père Noël mais Saint-Nicolas qui accueille le public dans une maison dédiée. Là encore, le recrutement se fait en interne. « Nous ne travaillons pas avec une entreprise ou un prestataire. »
Animations privées : un marché réel, mais fragmenté
À côté de ces grands rendez-vous publics, subsiste un marché plus discret : interventions de Père Noël en entreprise, arbres de Noël de comités sociaux et économiques, collectivités ou événements privés. Là encore, l’offre est éclatée, souvent informelle, portée par des indépendants ou de petites structures locales.
Quelques agences événementielles se sont spécialisées dans ce type de prestations, sans pour autant structurer un réseau national ou franchisé.
Ces enseignes liées au divertissement cherchent à étendre leur réseau
À l’international, des réseaux… sans franchise
Les agences événementielles spécialisées dans les photos avec le Père Noël existent, mais leur développement reste local et ne repose pas sur un modèle de franchise en France. À l’international, certains acteurs ont atteint une taille industrielle, sans pour autant adopter un système franchisé.
En Amérique du Nord, Cherry Hill Programs opère ainsi des expériences photo de Noël sur plus de 800 sites aux États-Unis et au Canada. En Europe, le site Franchising.eu cite Rent-a-Santa comme une tentative de franchise sur le créneau des animations de Noël, avec un investissement annoncé autour de 15 000 euros. Le concept vise principalement des événements de petite taille (fêtes privées, rassemblements locaux) et reste très éloigné des dispositifs déployés en France.
Aucun de nos interlocuteurs n’indique avoir été approché par un acteur structuré ou un opérateur national sur ce segment. « Cela étant, nous restons ouverts à travailler avec d’autres acteurs s’ils sont capables de couvrir un territoire national et d’adapter leurs formats aux réalités locales de nos 170 centres », précise Carmila.
Pourquoi le modèle ne se franchise pas
L’activité est ultra-saisonnière et soumise à de fortes contraintes : sécurité, gestion des flux, normes ERP (établissements recevant du public), RGPD, droit à l’image des mineurs. Elle impose une adaptation permanente aux spécificités locales.
S’ajoute une distinction nette entre les dispositifs gratuits, à forte valeur symbolique, et les stands marchands assumés. Si le business des photos avec le Père Noël est bien réel, parfois rentable, il reste difficilement compatible avec un modèle standardisé et duplicable.
Un marché visible, mais structurellement rétif à la franchise.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : le business des photos avec le Père Noël et ses limites en matière de franchise.
Une tradition populaire mais un modèle économique hétérogène
La photo avec le Père Noël reste un incontournable des fêtes de fin d’année, parfois payante dans les centres commerciaux et le plus souvent gratuite sur les marchés de Noël. Derrière cette visibilité, l’activité repose sur des pratiques très variables selon les lieux, sans modèle économique unifié.
Centres commerciaux, une gestion décentralisée incompatible avec la franchise
Les grands groupes comme Carrefour privilégient une organisation locale de leurs animations de Noël. Formats, budgets, prestataires et tarifs diffèrent selon chaque centre, rendant impossible la standardisation nécessaire à un modèle de franchise national.
Marchés de Noël, une logique de service public avant la rentabilité
Dans les marchés municipaux emblématiques comme Arras ou Colmar, les photos avec le Père Noël ou Saint-Nicolas relèvent d’un service gratuit assuré en interne. L’objectif est l’expérience familiale et symbolique, non la création de valeur économique franchisable.
Animations privées, un marché existant mais très fragmenté
Les prestations de Père Noël pour entreprises, collectivités ou événements privés constituent un marché réel, porté par des indépendants ou de petites agences événementielles locales. L’absence de structuration nationale limite toute logique de réseau ou de franchise.
Un business saisonnier soumis à de fortes contraintes réglementaires
Ultra-saisonnier, le marché des photos avec le Père Noël doit composer avec des exigences élevées en matière de sécurité, normes ERP, RGPD et droit à l’image des mineurs. Cette complexité, combinée à la nécessité d’une adaptation locale permanente, freine durablement toute tentative de franchisation.



















