Le kebab, pilier de la restauration rapide française depuis les années 1990, traverse la crise du pouvoir d’achat. Selon Le Parisien et 20 Minutes, son prix moyen a augmenté de plus de 40 % en cinq ans, mais il reste l’un des rares repas complets à moins de 12 €, conservant ainsi une attractivité massive.
Selon François Blouin, président-fondateur de Food Service Vision, le marché a généré 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 pour 10 400 établissements. Cette croissance est portée par une offre qui se densifie, notamment avec le French tacos, désormais si proche du kebab qu’il devient « quasiment impossible de les distinguer », selon François Blouin.
Les chiffres clés du kebab en France
Dans les années 1990 et 2000, le kebab – surnommé familièrement “un grec” – est devenu le symbole de la street food urbaine. Très prisé pour son prix dérisoire à l’époque, il offrait un repas complet accessible à tous. Aujourd’hui, le marché vend entre 300 et 360 millions de kebabs par an, soit près d’un million par jour. Malgré l’arrivée en force de concurrents comme le tacos, le burger ou le poulet frit (type “Crousty”), le kebab a remarquablement bien résisté parmi les enseignes de la restauration.
Ce succès s’explique par un rapport quantité-qualité-prix qui reste, selon François Blouin, extrêmement favorable. Le secteur demeure toutefois très atomisé : les chaînes ne représentent que 20 % du marché, contre 80 % pour le segment du burger. Cette marge de progression constitue une opportunité majeure pour les réseaux organisés de structurer le secteur.
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Evolution du marché avec les kebabs fusion et la tendance Berliner
Le marché du kebab est aujourd’hui frappé de plein fouet par l’inflation. En raison de la hausse du coût de ses ingrédients de base — viande, huile, légumes — les établissements ont été contraints de répercuter ces frais sur leurs tarifs. Cette situation a forcé le secteur à innover pour survivre. Des enseignes comme Berliner Das Original ont ainsi misé sur des recettes inédites, comme le kebab à la truffe, une proposition qui permet de justifier un prix plus élevé tout en sortant du sandwich classique.
Si beaucoup parlent alors de “premiumisation”, François Blouin apporte une nuance fondamentale : il préfère le terme de gentrification. Pour l’expert, il ne s’agit pas de transformer le kebab en un produit de luxe, mais d’y apporter un soin accru (ingrédients, décor, accueil) pour élargir la clientèle. Cette tendance est confirmée par le chef étoilé Alan Geaam, qui propose avec Qasti Shawarma une recette signée par un grand nom de la gastronomie à un tarif restant très compétitif (autour de 9 €).
Ces franchises cherchent à ouvrir de nouveaux kebabs ou gyros en France :
Malgré la hausse des prix, François Blouin insiste sur le fait que le kebab reste un produit abordable. Il demeure une « porte d’entrée tarifaire » avec un prix d’appel souvent inférieur à 10 € et un ticket moyen global qui ne dépasse pas les 20 €. Cette mixité se voit dans les restaurants comme Gur Kebab. Ce groupe lillois d’origine turque a révolutionné le secteur en adoptant tous les codes anglo-saxons : vente à emporter optimisée, design soigné et surtout le drive. Cette stratégie permet une cohabitation inédite : on y croise désormais aussi bien des « tablées de collègues » de bureau à la pause déjeuner que des « jeunes venus se faire péter le bide ». Les résultats sont sans appel : les réseaux comme Gur Kebab affichent des CA par point de vente de 1 à 1,5 million d’euros, contre 300 000 euros en moyenne pour un indépendant classique.
L’avenir du Kebab en France
Pour François Blouin, le marché va continuer de croître car l’offre devient de plus en plus solide sous différentes formes comme le chawarma ou le tacos. Au fond, la fonction reste la même : « de la découpe de viande dans une galette de blé ». L’avenir du secteur repose désormais sur deux défis majeurs identifiés par l’expert.
D’une part, il s’agit de rassurer sur la qualité et la traçabilité. C’est le rôle des franchises de la restauration rapide qui, en standardisant les processus, lèvent enfin le voile sur le « mystère de la broche » qui a longtemps freiné une partie de la clientèle. D’autre part, le secteur doit continuer d’innover face à l’inflation pour maintenir des prix acceptables. De nouveaux concepts émergent, comme Greekia ou The Great Greek Mediterranean Grill ou Maison Kalios qui misent sur la fraîcheur hellénique, ou l’intégration de formats “salades” plus légers pour diversifier les marges.
« Le phénomène de gentrification n’est pas anodin », conclut François Blouin. Ce soin accru et cette meilleure structuration permettent aujourd’hui de toucher toutes les générations, garantissant au kebab une place centrale dans le snacking de demain.
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NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Comment se porte le marché du kebab en France ?
Un marché à 3,3 milliards d’euros
En 2024, le kebab pèse 3,3 milliards d’euros pour 10 400 établissements, selon François Blouin, président de Food Service Vision. Malgré l’inflation, 300 à 360 millions d’unités sont vendues chaque année, soit près d’un million par jour.
Un prix en hausse mais attractif
Le prix moyen a bondi de plus de 40 % en cinq ans. Pourtant, le kebab reste l’un des rares repas complets à moins de 12 €, avec un prix d’appel souvent sous les 10 €. Il conserve ainsi son rôle de porte d’entrée tarifaire dans la restauration rapide.
Un secteur encore peu structuré
Le marché demeure atomisé : les chaînes ne représentent que 20 % du secteur, contre 80 % dans le burger. Cette fragmentation offre un fort potentiel aux franchises pour standardiser l’offre, rassurer sur la qualité et gagner des parts de marché.
Gentrification et concepts premium
Face à l’inflation, des enseignes comme Berliner Das Original innovent (recettes à la truffe). Qasti Shawarma, porté par le chef Alan Geaam, illustre cette montée en gamme accessible, davantage qualifiée de gentrification que de premiumisation.
Des réseaux performants et innovants
Des groupes comme Gur Kebab affichent 1 à 1,5 M€ de CA par point de vente, contre 300 000 € pour un indépendant. De nouveaux concepts émergent, tels Greekia et Maison Kalios, misant sur fraîcheur et diversification.

















