Terre d’accueil pour les entrepreneurs, le Québec héberge un tiers des 1 300 enseignes présentes au Canada sous forme de franchises. Du droit aux habitudes locales de consommation, tour d’horizon des bonnes pratiques pour s’implanter durablement dans la province francophone.
Comment expoter votre réseau de franchise au Québec ?
Les spécificités légales de la franchise au Québec
Dans la province canadienne, nul besoin de Document d’Information Pré-contractuel (DIP). En l’absence de véritable loi autour de la franchise, le Code Civil et la Loi sur les Normes du Travail prévalent, complétés par une série de jurisprudences. En termes de structure juridique, trois possibilités s’offrent aux entreprises : Master Franchise, joint-venture, implantation directe.
« Le système de joint-venture, c’est ma recommandation n°1, explique Xavier Chambon, président et fondateur de Classe Affaires, société montréalaise d’accompagnement à l’implantation et au développement de franchises. Le franchiseur va trouver un partenaire local, souvent pour un investissement à parts égales, avec une option d’achat pour le franchisé. »
Pour développer sa franchise au Québec, il est judicieux de suivre quelques recommandations :
- Se faire accompagner pour s’assurer de respecter les réglementations;
- Bien évaluer les modes de consommation. « Le Québecois est un Français qui consomme comme un Américain. Vous pouvez avoir une belle marque en France, il regardera avant tout son business model et ce qu’elle peut lui apporter. Le Québec permet de tester l’Amérique ”en français” avant de viser l’Ontario puis de se développer vers le sud. Mais il ne faut pas ambitionner d’éduquer un marché sur un produit dont il ne veut pas. »
- Signer un contrat de franchise stipulant vos obligations de franchiseur.
- Trouver les bons fournisseurs en priorisant un approvisionnement local. Les produits importés d’Europe ne sont pas taxés à l’entrée mais peuvent être impactés par un taux de change défavorable.
Le Québec, un marché commercial attractif ?
L’inflation suit une trajectoire constante : 2,3% en 2024, 2,4% en 2025. Selon l’Institut de la Statistique du Québec, elle est de +25% sur 2019-2025, période pendant laquelle le salaire minimum a toutefois augmenté de 34%. Après un ralentissement en 2025, la consommation des ménages a retrouvé ses standards des années 2010, avec des taux trimestriels de 0 à +2%. Le salaire moyen en 2022 s’établissait à 44 500 C$, après impôts.
Le Québec est la seule province à avoir conservé la taxe carbone à la consommation, abolie au niveau de l’État en avril 2025. Tandis que le prix de l’essence chutait de 8,6% en 2025 au niveau national, la Fédération Canadienne des Contribuables estime qu’une famille québecoise s’acquittait de 7 C$ supplémentaires par plein.
Les secteurs d’activité porteurs pour les franchises au Québec
Aux premiers rangs des secteurs florissants, on retrouve la restauration, les services à la personne, le fitness et le commerce de détail, qui peut toujours compter sur les grands malls faisant parfois office de refuges face aux rudesses du climat.
« Les services à la personne, c’est ”oui” en raison du vieillissement de la population, analyse Xavier Chambon. La restauration rapide poursuit son développement, avec des charges relativement faibles et des produits qui touchent tout le monde. »
Comment devenir franchisé au Québec ?
Le droit de la franchise au Québec
Le contrat de franchise devra satisfaire aux réglementations prévues par le Code Civil Québécois, parmi lesquelles :
- rédaction des documents contractuels en français,
- insertion d’une clause précisant la devise de règlement.
Le sceau d’un avocat est par ailleurs obligatoire sur un contrat de franchise, prouvant que le franchisé est conscient de ce qu’il signe. Autre garantie pour lui : le devoir général de bonne foi inscrit au Code Civil. Au fil des décennies, les jurisprudences ont aussi renforcé sa protection, des marques étant parfois condamnées pour manquement à leurs obligations.
Les franchises à succès au Québec
Sur le marché de l’automobile, Point S tire son épingle du jeu, tout comme Carglass, qui a racheté le canadien Lebeau. En restauration, Les 3 Brasseurs sont présents depuis les années 80. Roche Bobois (mobilier), Yves Rocher et L’Occitane (soin du corps) représentent d’autres implantations réussies. En restauration rapide, Aki Sushi compte actuellement 140 points de vente au Canada et ambitionne d’en ouvrir une quarantaine d’autres dans un avenir proche. Côté commerce de proximité, Monoprix poursuit le développement de son modèle, le magasin de centre-ville, et affiche plus de 800 emplacements dans le pays.
Les étapes pour devenir franchisé au Québec
- Trouver le concept adapté. « Il faut bien faire ses devoirs avant de venir », résume Xavier Chambon. « Ceux qui ne l’ont pas fait sont repartis. »
- Contacter la franchise et lui présenter un dossier qui la convaincra d’accorder sa qualification.
- Trouver son financement : en combinant généralement apport personnel et prêt bancaire, accordé uniquement sur la base d’un dossier et de prévisions solidement ficelés dans un business plan complet.
- Signer un contrat de franchise stipulant les obligations du franchiseur et approuvé par un avocat
Quelles aides pour les entrepreneurs au Québec ?
Des dispositifs existent auprès de chaque banque. Pour un Canadien ou un résident permanent, l’apport moyen demandé sera de l’ordre de 30%, et pourra grimper jusqu’à 50% dans le cadre d’un visa temporaire.
Un contexte favorable pour les femmes franchisées ?
Lancé en 2018, le programme gouvernemental Women Entrepreneurship Strategy a fait l’objet d’un investissement de près de 147 millions sur la période 2021-2025. « Ici, la parité et l’inclusivité sont très fortes », abonde Xavier Chambon. Un constat confirmé par le rapport du Portail de Connaissances pour les Femmes en Entrepreneuriat, publié en juillet 2025 : les femmes sont propriétaires de 20 % des entreprises du pays, représentant plus d’un million d’emplois et 100 milliards de dollars de PIB annuel.
Reprendre une franchise au Québec
Avec une accélération des départs en retraite, des contrats de franchises arrivent à terme et ne sont pas toujours renouvelés. Des accompagnements à la reprise existent auprès d’organismes comme le Centre du Transfert des Entreprises du Québec, le Conseil Québécois de la Franchise, ainsi que des professionnels experts de l’implantation-développement.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : comment implanter et développer une franchise au Québec.
Un cadre juridique spécifique et protecteur
Le Québec ne prévoit pas de Document d’Information Précontractuel (DIP) obligatoire. La franchise repose sur le Code civil du Québec, la Loi sur les normes du travail et la jurisprudence. Les contrats doivent être rédigés en français, préciser la devise de règlement et être validés par un avocat. Trois modes d’implantation sont possibles : master franchise, joint-venture (souvent recommandée avec un partenaire local) ou implantation directe.
Un marché attractif mais exigeant
Avec environ 1 300 enseignes en franchise au Canada, dont un tiers au Québec, la province constitue une porte d’entrée stratégique vers l’Amérique du Nord. L’inflation reste modérée (autour de 2,3 % à 2,4 % en 2024-2025) et la consommation des ménages est revenue à ses standards d’avant ralentissement. Toutefois, le marché est pragmatique : la solidité du business model prime sur la notoriété de la marque.
Des secteurs porteurs pour les franchises
La restauration, les services à la personne, le fitness et le commerce de détail figurent parmi les segments les plus dynamiques. Le vieillissement de la population soutient les services à la personne, tandis que les malls demeurent des locomotives du retail. Le Québec permet également de tester un concept en Amérique du Nord dans un environnement francophone avant un déploiement vers l’Ontario ou les États-Unis.
Les étapes clés pour devenir franchisé au Québec
Le candidat doit sélectionner un concept adapté au marché local, constituer un dossier solide, obtenir un financement (apport personnel souvent autour de 30 %, voire 50 % pour un visa temporaire), puis signer un contrat validé par un avocat. La préparation en amont est déterminante : étude des habitudes de consommation, choix des fournisseurs — avec une priorité à l’approvisionnement local — et respect strict des obligations contractuelles.
Des aides et opportunités à saisir
Les banques proposent des dispositifs dédiés aux entrepreneurs. Le programme Women Entrepreneurship Strategy, doté de près de 147 millions de dollars sur 2021-2025, soutient activement l’entrepreneuriat féminin. Par ailleurs, le vieillissement des dirigeants ouvre des opportunités de reprise de franchises, accompagnées par des organismes spécialisés, offrant une alternative stratégique à la création ex nihilo.





















