Pays à haut pouvoir d’achat, à l’économie stable et au cadre juridique sécurisant, la Suisse attire les réseaux de franchise internationaux. Les coûts d’exploitation y sont élevés, mais le marché offre une rentabilité souvent supérieure à la moyenne européenne, à condition de maîtriser les codes culturels, économiques et administratifs et de préparer son projet avec rigueur.
Le marché suisse est-il attractif pour les franchises ?
La Suisse figure parmi les économies les plus performantes au monde. Son produit intérieur brut par habitant dépasse 95 000 CHF (≈ 95 000 €) et le revenu moyen par ménage avoisine 7 100 CHF/mois (≈ 7 000 €). Ces chiffres reflètent une solvabilité forte, où la qualité, le service et l’innovation priment sur le prix.
Le chômage reste bas (≈ 2,5 %) et l’inflation contenue malgré la force du franc suisse, qui renforce le pouvoir d’achat externe. Un avantage fiscal supplémentaire distingue le pays : la TVA normale est parmi les plus faibles d’Europe, à 8,1 % en 2026.
La consommation intérieure représente près de 49 % du PIB. Les ménages consacrent une part importante de leur budget au logement, à l’alimentation, mais aussi aux loisirs, à la santé et au commerce de détail. Avec 8,9 millions d’habitants concentrés sur des pôles urbains majeurs comme Zurich et l’axe Genève–Lausanne, le marché est limité en taille mais favorable aux réseaux de proximité et aux concepts premium. S’implanter en Suisse permet de toucher une clientèle fidèle, attachée aux standards élevés du label « Swiss Made ».
Comment se développer en Suisse en tant que franchiseur ?
Les spécificités légales de la franchise en Suisse (DIP, Business Plan, prise de contact, contrat, lien avec l’UE)
La Suisse n’impose pas de DIP, mais fournir un document détaillant le concept, les coûts et l’accompagnement est fortement recommandé pour sécuriser le franchisé et le franchiseur.
Un business plan réaliste est indispensable, intégrant loyers, salaires, charges sociales, TVA (8,1 % en 2026) et garanties bancaires.
La prise de contact avec le franchiseur permet d’évaluer l’accompagnement, la formation et l’adaptation du concept au marché suisse multilingue.
Le contrat de franchise doit respecter le droit suisse et sécuriser : droits d’entrée, redevances, exclusivité territoriale, durée, résiliation et protection du savoir-faire. Il est conseillé de signer avec un avocat spécialisé.
Enfin, bien que la Suisse ne soit pas membre de l’UE, ses accords bilatéraux facilitent les échanges, mais les fluctuations de change et la logistique transfrontalière doivent être anticipées.
Les modeles commerciaux (master franchise, joint-venture, succursale, franchise directe)
Le choix du modèle dépend de la diversité linguistique et du niveau de contrôle souhaité :
- Master franchise : permet un déploiement national via un partenaire local capable de gérer les différences culturelles et linguistiques. Idéal pour les grandes régions comme la Suisse alémanique.
- Franchise directe : souvent utilisée en Suisse romande, pour profiter de la proximité culturelle avec la France et garder un contact direct avec les franchisés.
- Succursale : permet de tester le marché avec des unités pilotes tout en conservant le contrôle total de l’image et des opérations.
- Joint-venture : association avec un investisseur local pour partager les risques et sécuriser l’ancrage territorial, particulièrement pertinent pour les projets multi-sites ou complexes.
Chaque modèle doit être choisi après analyse du marché, des coûts et des spécificités locales, afin de garantir rentabilité et conformité avec la réglementation suisse.
Les étapes du projet
Le développement commence par une étude de marché régionale et par l’enregistrement de la marque auprès des autorités suisses pour protéger le concept. Vient ensuite la création d’une structure locale (SARL ou SA). Le choix du premier partenaire est crucial : il doit combiner solidité financière et connaissance du tissu économique local dans un marché proche du plein-emploi.
Comment se lancer en Suisse en tant que franchisé ?
Les étapes pour vous lancer
Trouver le concept adapté : identifiez un modèle solide et différenciant. L’expérience à l’étranger ne garantit pas le succès ; le manuel opératoire doit impérativement être adapté aux spécificités locales.
Entrer en contact avec la franchise : cette étape permet d’évaluer l’accompagnement, la formation et la capacité du réseau à répondre aux exigences du marché helvétique.
Trouver son financement : les banques demandent généralement un apport personnel de 30 à 50 % de l’investissement total. Les garanties de bail, souvent lourdes, doivent être intégrées dès le départ.
Préparation et signature du contrat de franchise : la signature doit se faire avec un avocat spécialisé pour sécuriser les redevances, l’exclusivité territoriale et les conditions de résiliation.
Ces experts peuvent vous accompagner dans votre développement international
Spécificités légales et niveau des coûts
La SARL est la forme juridique courante pour une unité, la SA pour les projets multi-sites. Les coûts d’exploitation sont élevés : loyers en centre-ville, charges sociales et salaires.
Immobilier commercial : contrairement à la France, il n’existe pas de bail 3-6-9 ; les contrats sont conclus pour 5 à 10 ans, les loyers sont indexés sur l’inflation et les garanties bancaires peuvent atteindre jusqu’à 12 mois de loyer.
En 2026, plusieurs cantons imposent un salaire minimum dépassant 25 CHF/h (≈ 25 €) à Genève. Un salaire net de 4 500 € peut être considéré comme un bas salaire. L’ensemble de ces charges – loyers, salaires et cotisations – doit être anticipé dans le business plan.
Quelles aides pour les entrepreneurs ?
Même si la Suisse ne propose pas de dispositifs étatiques spécifiques, l’écosystème de soutien est performant. Les organismes de cautionnement, comme le Cautionnement Romand, facilitent l’accès au crédit bancaire. Les services cantonaux de promotion économique accompagnent les entrepreneurs sur l’implantation, la fiscalité et la mise en réseau locale.
Les secteurs porteurs en Suisse
Les concepts premium sont les plus performants. La restauration rapide qualitative, avec des produits frais et un ticket moyen souvent supérieur à 25 €, connaît un fort succès. Les services à la personne et la santé profitent du vieillissement de la population. La mobilité douce et les franchises de commerces spécialisés (beauté, sport, ameublement) constituent également des relais de croissance solides.
Des réseaux comme Yves Rocher, Pizza Hut ou Mr. Bricolage prouvent qu’un concept solide, adapté aux codes suisses et bénéficiant d’une TVA réduite (8,1 %), peut générer des résultats durables et supérieurs aux standards européens.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : quelle stratégie adopter pour ouvrir une franchise en Suisse ?
Un marché suisse à fort pouvoir d’achat mais exigeant
La Suisse offre une solvabilité élevée, une économie stable, un chômage faible et une TVA parmi les plus basses d’Europe à 8,1 %. Le marché est limité en taille mais très rentable pour les concepts premium, de proximité et à forte valeur ajoutée, à condition de répondre à des standards élevés de qualité et de service.
Un cadre juridique sécurisé mais à anticiper avec rigueur
Il n’existe pas d’obligation de DIP, mais sa rédaction reste fortement recommandée. Le business plan doit intégrer des coûts élevés (salaires, loyers, charges sociales, garanties bancaires). Le contrat de franchise doit être conforme au droit suisse et validé par un avocat spécialisé.
Des modèles de développement à adapter aux spécificités locales
Master franchise, franchise directe, succursale ou joint-venture : le choix dépend du niveau de contrôle souhaité, de la diversité linguistique et de la capacité à s’appuyer sur un partenaire local. La Suisse romande se prête souvent à la franchise directe, tandis que la Suisse alémanique favorise la master franchise.
Préparation financière solide
Les loyers commerciaux sont élevés, les baux longs et fortement garantis, et les salaires minimums peuvent dépasser 25 CHF de l’heure dans certains cantons. Les banques exigent généralement un apport personnel de 30 à 50 %, ce qui rend la solidité financière indispensable dès le départ.
Des secteurs porteurs et un écosystème d’accompagnement efficace
La restauration rapide qualitative, les services à la personne, la santé, la mobilité douce et les commerces spécialisés tirent la croissance. Même sans aides directes de l’État, les organismes de cautionnement et les services cantonaux soutiennent efficacement l’implantation des franchises sur le territoire suisse.





















