Après la boulangerie, le groupe Marie Blachère attaque la restauration de flux. Son premier food court à la française a ouvert le 10 juin 2026 sur l’aire de l’Estérel, le long de l’autoroute A8, dans une station-service E. Leclerc. Un format pensé pour les autoroutes, les gares et les aéroports, et déjà ouvert à de nouveaux exploitants.
Né en Provence, le groupe Blachère a bâti sa réussite sur ses 860 boulangeries de rond-point environ, pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2025 et 58 ouvertures sur l’année. L’enseigne ne compte pas s’arrêter là.
Après son offensive dans la distribution alimentaire avec Mangeons Frais et son partenariat fruits et légumes avec Carrefour, elle pose désormais un pied dans le travel retail. Le site pilote a remplacé un restaurant Steak ‘n Shake, chaîne américaine, sur un axe qui voit passer jusqu’à 160 000 véhicules par jour.
Un food court à la française sur l’aire de l’Estérel
Le concept, baptisé food court Marie Blachère, a été inauguré le 10 juin 2026 sur une aire d’autoroute située entre Fréjus et Cannes. Sur 200 mètres carrés, il propose salades, tartines, pizzas, tacos, hot-dogs, snacking chaud et froid, desserts, crêpes et gaufres, en service assisté plutôt qu’en libre-service.
« Nous avons créé un food court à la française, avec de bons produits au bon prix », explique Jean-Marc Conrad, directeur du pôle franchise du groupe Blachère. L’enseigne assure la formation, l’approvisionnement et l’accompagnement opérationnel des équipes.
Un chiffre d’affaires doublé en moins de 48 heures
Le pari commercial semble déjà tenu. Moins de deux jours après l’ouverture, le site affichait un chiffre d’affaires multiplié par deux par rapport à l’exploitant précédent, selon le groupe. Le point de vente est tenu par les salariés de la station E. Leclerc, formés en amont par les équipes Marie Blachère.
Le chiffre d’affaires du point de vente a doublé en moins de 48 heures par rapport à l’exploitant précédent, selon le groupe Blachère.

Le modèle se veut léger pour l’exploitant. « Ce nouveau concept mobilise très peu de capex, autour de 300 000 euros », précise Jean-Marc Conrad. Une équation pensée pour séduire des opérateurs qui cherchent à limiter leurs investissements.
Gares et aéroports : un déploiement déjà ouvert à d’autres opérateurs
Le partenariat avec E. Leclerc n’a rien d’exclusif. Dès le lendemain de l’ouverture, la direction du distributeur évoquait déjà un deuxième site, et le concept pourra être proposé à l’ensemble des acteurs de la restauration de flux.
« Cela peut intéresser Areas, Lagardère, Total. Nous allons le mettre à la disposition de chacun », indique Jean-Marc Conrad. Au-delà des stations-service, Marie Blachère vise les gares, les aéroports et, demain, certaines zones tertiaires. Le groupe cite aussi Sodexo et Elior comme débouchés possibles en restauration collective.
Un nouveau front pour un groupe en pleine diversification
Avec ce format, le groupe Blachère ajoute une corde à un arc déjà bien garni : boulangeries en franchise ou en propre proche de rond-point, distribution alimentaire et crêperie avec l’enseigne Big Top. La restauration de flux reste un marché à fort trafic, encore largement tenu par des acteurs anglo-saxons.
E. Leclerc exploite une vingtaine de stations sur autoroute, autant de terrains d’expérimentation possibles. Les prochaines implantations diront si ce food court à la française peut s’imposer dans les gares et les aéroports, là où la concurrence est rude.











