L’enseigne 7-Eleven lancera son modèle de franchisage au Canada plus tard en 2026, avec un déploiement initial concentré en Ontario et dans les Maritimes. Le Québec, où la chaîne ne compte aucun dépanneur sous sa propre bannière, est absent du plan. Une carte qui en dit long sur le verrou Couche-Tard dans la province.
Le vice-président et directeur général de 7-Eleven Canada, Marc Goodman, a confirmé en février 2026 que l’enseigne se prépare à ouvrir son réseau au franchisage canadien plus tard dans l’année. La chaîne, née à Calgary en 1969, exploite aujourd’hui environ 550 dépanneurs au Canada, tous corporatifs, répartis principalement en Ontario et en Colombie-Britannique, avec un maillage plus mince en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. Aucun établissement sous la bannière 7-Eleven n’opère sur le territoire québécois.
Le franchisage pour transformer 7-Eleven en restauration rapide hybride
Le passage au franchisage s’inscrit dans un plan quinquennal qui repositionne 7-Eleven comme un restaurant rapide qui se trouve à vendre aussi des produits de dépanneur, a expliqué Marc Goodman. La stratégie mise sur la nourriture chaude, les boissons exclusives et les sandwichs spécialisés, dont le tamago sando japonais arrivé au Canada en mars 2026.
Une partie des futurs établissements franchisés devrait offrir des places assises pour manger sur place, et certains pourraient vendre de la bière et du vin selon les marchés. Ce repositionnement aligne le Canada sur le modèle déjà déployé par la maison-mère japonaise Seven & i Holdings dans la plupart des pays où l’enseigne opère.
Le Québec absent de la phase initiale du déploiement
Le plan présenté par Marc Goodman prévoit que les premiers contrats franchisés serviront à densifier la présence de l’enseigne en Ontario et à entrer pour la première fois dans les provinces maritimes. Le Québec, lui, ne figure ni dans la phase initiale ni dans les déclarations publiques de la direction.
Cette absence n’a rien d’un détail. La chaîne n’a jamais ouvert sous sa propre bannière dans la province et n’opère aucun lieu physique au Québec à ce jour. Pour un porteur de projet québécois, la possibilité d’obtenir une convention de franchise 7-Eleven sur le territoire québécois reste donc strictement théorique tant que la direction canadienne ne précisera pas un volet québécois à son programme.
Le verrou Couche-Tard sur le marché québécois du dépanneur
Au Québec, Alimentation Couche-Tard exploite 581 dépanneurs corporatifs sous les bannières Couche-Tard, Provi-Soir et Dépanneur 7 jours, auxquels s’ajoutent 298 établissements affiliés. Le groupe québécois y règne sans rival national. La province compterait, selon les données les plus récentes, autour de 5 897 dépanneurs, un nombre en recul d’environ 35 % depuis les années 1990.
c’EST LE NOMBRE DE DÉPANNEURS QUE COMPTE Le parc corporatif de Couche-Tard au Québec, sous les bannières Couche-Tard, Provi-Soir et Dépanneur 7 jours, sans compter 298 établissements affiliés.

L’épisode récent confirme la nature stratégique du marché. Couche-Tard a tenté de racheter Seven & i Holdings, la maison-mère de 7-Eleven, pour près de 47 milliards de dollars américains, avant de retirer son offre en juillet 2025. Le groupe québécois a accusé le conseil japonais d’avoir refusé tout dialogue constructif. Une rivalité globale qui se rejoue indirectement sur le territoire québécois, où Couche-Tard conserve un avantage difficile à déloger.
Bon à savoir
Au Québec, la convention de franchise n’est pas encadrée par une loi spécifique. Les obligations entre franchiseur et franchisé relèvent du Code civil du Québec, notamment des articles sur la bonne foi (1375) et le consentement libre et éclairé (1399 et suivants). Aucun document de divulgation pré-contractuel n’est légalement obligatoire, contrairement à six autres provinces canadiennes.
Quel signal pour les candidats franchisés québécois
Pour les porteurs de projet québécois intéressés par le segment du dépanneur ou de la restauration rapide hybride, l’annonce de 7-Eleven reste à surveiller sans illusion à court terme. L’arrivée éventuelle de la chaîne au Québec exigerait soit une acquisition locale, soit une décision stratégique de la direction canadienne, ni l’une ni l’autre n’étant à l’ordre du jour.
Les prochains mois préciseront le calendrier ontarien et maritime du franchisage 7-Eleven, et permettront de mesurer l’appétit réel du marché canadien pour un modèle hybride dépanneur-resto rapide.
Le Québec sera, comme souvent, observé depuis l’extérieur avant toute décision d’élargissement du programme. Les candidats franchisés québécois ont, en attendant, davantage de portes ouvertes du côté de Couche-Tard, qui poursuit sa politique de magasins affiliés, et des nouvelles bannières alimentaires en cours d’arrivée dans la province.











