Avec le rachat du géant polonais Żabka pour près de 8,6 milliards de dollars US, Alimentation Couche-Tard signe la plus grosse acquisition de son histoire et met la main sur un réseau de plus de 13 000 dépanneurs animé par 11 000 franchisés. Une opération qui replace le franchisage au cœur de la stratégie du fleuron lavallois.
Établie à Laval et cotée à la Bourse de Toronto (TSX : ATD), Alimentation Couche-Tard exploite près de 17 300 magasins dans 27 pays sous ses bannières Couche-Tard et Circle K. Le groupe a confirmé l’entente le 31 juillet 2026, quelques mois après avoir renoncé au rachat du japonais Seven & i. Le message est clair : la machine à acquisitions du plus grand opérateur de dépanneurs au pays est bel et bien relancée.
Une entente à 8,6 milliards de dollars US pilotée depuis Laval
Couche-Tard lancera une offre publique d’achat volontaire par l’entremise de sa filiale Circle K Polska, à 32,00 zlotys par action (environ 8,48 $ US). L’opération valorise Żabka à près de 8,6 milliards de dollars US, un sommet dans l’histoire du groupe québécois.
Des actionnaires réunissant environ 57 % du capital, dont les fonds CVC Capital Partners et Partners Group, se sont déjà engagés à vendre leurs parts. Le financement repose sur des facilités de crédit menées par J.P. Morgan, avec la Banque Nationale et la Banque Scotia comme cochefs de file.
Un réseau bâti sur 11 000 franchisés entrepreneurs
Fondée en 1998 à Poznań et inscrite à la Bourse de Varsovie depuis octobre 2024, Żabka exploite plus de 13 000 dépanneurs en Pologne et en Roumanie. Le réseau traite environ 4,3 millions de transactions par jour dans de petits commerces de proximité d’à peine 65 mètres carrés en moyenne.
Sa force tient à son modèle : quelque 11 000 franchisés exploitent les magasins avec l’appui d’un commerce clé en main, stocks et outils numériques compris. Couche-Tard s’est engagée à préserver cette structure, la marque et l’équipe de direction en place, menée par Tomasz Blicharski, chef de la direction désigné.
Le réseau Żabka repose presque entièrement sur des exploitants franchisés, un modèle que Couche-Tard entend conserver après la clôture.

Ce que l’opération change pour le franchisage vu du Québec
Historiquement, Couche-Tard a bâti sa croissance surtout autour d’établissements corporatifs, exploités en propre. En s’offrant Żabka, le groupe québécois hérite d’un tout autre savoir-faire : celui d’un franchiseur qui pilote des milliers d’entrepreneurs indépendants sous une même marque.
Pour le secteur québécois de la franchise, le signal est fort. L’ensemble combiné afficherait des revenus annuels d’environ 83,9 milliards de dollars US, et Couche-Tard cible des synergies de l’ordre de 250 millions de dollars US. Le franchisage, la logistique et les marques maison de Żabka pourraient nourrir la stratégie du groupe bien au-delà de l’Europe.
Une OPA ouverte jusqu’en décembre à surveiller
La période d’acceptation de l’offre devrait s’ouvrir vers le 26 août 2026 pour une durée de 30 jours, une fois le document d’offre validé par l’autorité polonaise des marchés. La transaction reste conditionnelle à plusieurs feux verts réglementaires en Europe.
Si Couche-Tard franchit le seuil de 95 % des droits de vote, elle rachètera de force les actions restantes et retirera Żabka de la Bourse de Varsovie. La clôture est attendue au plus tard en décembre 2026. Les prochains mois diront si le fleuron lavallois réussit à absorber, sans heurt, l’un des plus grands réseaux franchisés d’Europe.











