La maison mère de Tim Hortons a dévoilé ce matin un bénéfice de 507 millions de dollars US au deuxième trimestre 2026, en forte hausse sur un an. Mais la croissance vient surtout de Burger King et de l’international, pendant que Tim Hortons tourne au ralenti au Canada. Un signal à double tranchant pour les franchisés québécois de la bannière.
Établi à Toronto, Restaurant Brands International (RBI) chapeaute quatre réseaux franchisés : Tim Hortons, Burger King, Popeyes et Firehouse Subs. Pour le trimestre clos le 30 juin, le groupe affiche des revenus de 2,5 milliards de dollars US, en hausse d’environ 4,5 %, et un bénéfice attribuable aux actionnaires de 507 millions de dollars US, contre 189 millions de dollars US un an plus tôt. Les ventes comparables de l’ensemble du groupe grimpent de 3,8 %.
Un profit en forte hausse, mais un Tim Hortons au ralenti au Canada
Le résultat par action ressort à 1,45 dollar US, contre 0,57 dollar US un an plus tôt. Sur une base ajustée, le bénéfice atteint 1,07 dollar US par action, au-dessus des attentes des analystes.
La locomotive du trimestre, c’est Burger King, dont les ventes comparables aux États-Unis bondissent de 8,5 %. À l’inverse, les ventes des restaurants comparables de Tim Hortons au Canada sont demeurées quasi stables. Autrement dit, la bannière la plus présente au Québec pèse moins lourd dans la croissance que ses cousines américaines ce trimestre.
Un plan de 400 millions qui vise 65 chantiers au Québec
Ces résultats tombent alors que Tim Hortons déploie un programme de 400 millions de dollars pour rénover et agrandir son réseau canadien d’ici la fin de 2026. Le Québec récolte 65 chantiers, dont 14 nouvelles franchises et 51 rénovations.
Pour un candidat franchisé de la province, le signal est clair. Le franchiseur remet de l’argent sur la table au moment même où il doit relancer l’achalandage dans ses cafés-restaurants québécois.
Le Québec au cœur du plan canadien
Sur les quelque 80 nouvelles adresses prévues au pays, la province hérite de 65 chantiers, dont 14 nouvelles franchises. (Source : plan d’investissement Tim Hortons, 2026)
Une poursuite de 18,9 millions en toile de fond
Le climat n’est pas au beau fixe entre le franchiseur et une partie de ses exploitants québécois. Seize entreprises franchisées réclament 18,9 millions de dollars à Groupe TDL, propriétaire de la marque, pour des pertes subies entre 2021 et 2023 sur leurs 44 restaurants.
Les franchisés allèguent que la convention de franchise les place en position de dépendance sur les prix au menu, les fournisseurs obligatoires et le coût des ingrédients. Groupe TDL a déposé sa défense à la mi-juin 2026 devant la Cour supérieure du Québec. Le dossier se jouera sur plusieurs mois.
Bon à savoir
Au Québec, aucune loi ne vise précisément la franchise. Les rapports entre franchiseur et franchisé relèvent du Code civil du Québec, notamment de l’obligation de bonne foi. C’est sur ce terrain que se joueront les litiges comme celui de Tim Hortons.
Ce que les franchisés québécois doivent surveiller
Le trimestre confirme une tendance : la croissance du groupe repose de plus en plus sur Burger King et l’international, moins sur le pilier canadien. Trois indicateurs méritent l’attention des exploitants de la province : le retour de la croissance des ventes comparables de Tim Hortons au Canada, l’évolution des coûts des matières premières comme le café, et le rythme réel des ouvertures promises au Québec.
La rentabilité du réseau et la relation avec ses franchisés avanceront désormais en parallèle. Les prochains trimestres diront si le plan d’investissement suffit à relancer l’achalandage et à apaiser les tensions sur le terrain.











