Après un exercice 2026 record dévoilé le 22 juin, Alimentation Couche-Tard relance la machine des acquisitions. Le président et chef de la direction, Alex Miller, dit évaluer des cibles dans ses trois grands marchés. Pour le champion lavallois du dépanneur, la croissance passera encore par les achats de réseaux et les nouvelles constructions.
Fondée à Laval, Alimentation Couche-Tard exploite aujourd’hui plus de 17 000 magasins dans le monde, sous les bannières Couche-Tard, Circle K et Holiday. Pour son exercice clos le 26 avril 2026, le groupe a presque doublé son bénéfice du quatrième trimestre, à 863,4 millions de dollars, et haussé son dividende annuel de 10,5 %. De quoi financer la suite.
Un pipeline d’acquisitions actif sur trois continents
Devant les analystes, la direction a confirmé étudier plusieurs transactions, autant de petits ajouts régionaux que des rachats de réseaux plus imposants. Le groupe assure vouloir rester discipliné et garder chaque projet dans son cadre financier habituel.
Les moyens suivent. Au dernier exercice, les revenus tirés des marchandises et services ont atteint 4,5 milliards de dollars, en hausse de 7,7 %, tandis que le bénéfice ajusté par action a bondi de 58,7 %. Un bilan qui donne au groupe la marge de manœuvre voulue pour passer à l’attaque.
Après l’échec de Seven & i, le retour aux cibles ciblées
Ce regain d’appétit survient après une longue saga. Le groupe québécois avait tenté d’avaler Seven & i Holdings, maison mère de 7-Eleven et plus grand exploitant de dépanneurs au monde, avant de retirer sa proposition faute d’un dialogue jugé constructif.
Faute de méga-transaction, Couche-Tard a plutôt bouclé l’achat de GetGo Café + Market pour 1,6 milliard de dollars, sa plus importante acquisition américaine depuis CST Brands en 2017. L’intégration se poursuit et nourrit déjà l’élan de ses ventes aux États-Unis.
La croissance organique en renfort des acquisitions
Le réseau ne mise pas que sur les rachats. Il compte 73 magasins en construction et plus de 1 000 sites à son portefeuille immobilier de développement, en plus d’un réseau d’approvisionnement interne qu’il continue d’étoffer.
Le nombre d’emplacements au portefeuille immobilier de développement de Couche-Tard, en plus de 73 magasins déjà en construction.

Cette double approche, achats et nouvelles constructions, dessine un maillage toujours plus dense des épiceries en franchise, un secteur que le Lavallois domine largement au Québec.
Ce que la stratégie signifie pour le dépanneur québécois
La consolidation menée par Couche-Tard rebat les cartes du magasinage de proximité au Québec, où l’enseigne croise Voisin et Boni-Soir (Sobeys) ou encore Proxi (Harnois Énergies) sur le terrain du prêt-à-manger et de l’essence.
Plus le réseau grossit, plus il pèse lourd sur les prix, les fournisseurs et l’offre de prêt-à-manger que doivent suivre les commerces indépendants de la province.
Reste à voir quelles cibles le groupe retiendra dans les prochains trimestres, et si des réseaux d’ici figureront parmi elles. Les exploitants québécois de dépanneurs suivront de près un mouvement qui redéfinit peu à peu les règles de leur marché.











