Le géant lavallois Alimentation Couche-Tard a presque doublé son bénéfice net au quatrième trimestre de son exercice 2026, à 863,4 millions de dollars américains, porté par de meilleures marges sur l’essence. Pour les exploitants de dépanneurs au Québec, ces chiffres confirment la vigueur d’un secteur de proximité que le numéro un mondial continue de redessiner.
Fondée en 1980 à Laval par Alain Bouchard, Couche-Tard exploite aujourd’hui près de 17 300 magasins répartis dans 29 pays et territoires. La société a diffusé ses résultats du quatrième trimestre et de l’exercice clos le 26 avril 2026 le lundi 22 juin, après la fermeture du marché torontois, puis tenu sa conférence des analystes le lendemain matin. Les revenus du trimestre ont bondi de 19,8 %, à 19,5 milliards de dollars américains.
Un bénéfice trimestriel qui frôle le double, porté par l’essence
Pour le trimestre, le détaillant a inscrit un bénéfice net de 863,4 millions de dollars américains, soit 0,94 $US par action diluée, contre 439,4 millions un an plus tôt. La hausse atteint près de 95 %. Sur une base ajustée, le bénéfice par action s’est établi à 0,73 $US, bien au-dessus du consensus des analystes, fixé à 0,53 $US.
Ce résultat doit beaucoup au carburant. La marge brute sur l’essence a grimpé à 17,28 ¢ le litre au Canada et à 52,44 ¢ US le gallon aux États-Unis. Un recouvrement lié à de vieux litiges a aussi gonflé le bénéfice. Du côté des marchandises, les ventes des magasins comparables ont progressé de 2,2 % sur le trimestre, et de 3,4 % sur l’important marché américain.
Hausse du bénéfice net de Couche-Tard au quatrième trimestre de l’exercice 2026, à 863,4 millions de dollars américains (Communiqué officiel, juin 2026).

Une feuille de route « Core + More » qui vise 2030
Le président et chef de la direction Alex Miller, épaulé par le chef de la direction financière Filipe Da Silva, a réitéré la stratégie « Core + More », dévoilée en début d’année. L’idée : renforcer les catégories de base du dépanneur tout en investissant dans des occasions ciblées, avec des cibles de croissance jusqu’à l’exercice 2030.
L’intégration de GetGo Café + Market, acquis pour environ 1,57 milliard de dollars américains, illustre cette logique : le réseau comptait 270 sites sous cette bannière à la fin de l’exercice. Couche-Tard a aussi ajouté 130 magasins par son propre développement, dont 103 ouvertures de nouveaux sites. Pour les revenus de l’exercice complet, en hausse de 5 % à plus de 76 milliards de dollars américains, le conseil a relevé le dividende annuel de 10,5 %, de 0,76 $ à 0,84 $ CA par action.
Le dépanneur, vitrine québécoise d’un modèle d’affaires
Née au Québec, Couche-Tard reste un repère pour tout le commerce de proximité de la province. Au-delà de ses magasins corporatifs, le groupe s’appuie sur un réseau d’exploitants affiliés et de détaillants sous licence, un modèle proche du franchisage qui permet à des entrepreneurs locaux de porter la bannière. Sa santé financière donne donc le ton à l’ensemble du secteur du dépanneur.
Le contexte joue en faveur des réseaux. Au Québec, le franchisage pèse désormais 89 milliards de dollars dans l’économie, selon le Conseil québécois de la franchise. Des marges de carburant solides et un panier de marchandises en croissance offrent une marge de manœuvre aux exploitants pour investir dans la rénovation et la restauration en magasin, deux chantiers au cœur de la stratégie du groupe.
Bon à savoir
Couche-Tard publie ses résultats en dollars américains, sa monnaie de présentation, même si son siège social est à Laval. Seul le dividende est annoncé en dollars canadiens.
Les signaux à surveiller pour le commerce de proximité
Plusieurs indicateurs méritent l’attention des exploitants québécois dans les prochains trimestres. Le rythme d’intégration de GetGo et la cadence des prochaines acquisitions diront si le groupe maintient son élan. La tenue des marges sur l’essence, très volatiles, reste un facteur déterminant pour la rentabilité.
Les volumes de carburant des magasins comparables ont d’ailleurs reculé de 2,1 % aux États-Unis sur le trimestre, mais progressé de 2,0 % au Canada. Pour les candidats franchisés et les détaillants affiliés au Québec, la prochaine année permettra de mesurer si le virage « Core + More » se traduit par de nouvelles occasions concrètes sur le terrain.











