Le géant lavallois Alimentation Couche-Tard diffusera le 22 juin ses résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2026, un rendez-vous que les analystes attendent de pied ferme. Pour le secteur du dépanneur franchisé au Québec, ces chiffres donneront le pouls d’un commerce de proximité en pleine mutation.
Fondée à Laval en 1980, Couche-Tard est devenue l’un des plus grands réseaux de dépanneurs au monde, avec des milliers de points de vente exploités ou affiliés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Au Québec, l’enseigne reste un repère du magasinage de proximité, de la station-service au café du matin. Son exercice financier se termine fin avril, ce qui fait du dévoilement de juin le bilan complet de l’année.
Un dévoilement le 22 juin, une conférence le 23
Couche-Tard publiera ses résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2026 le lundi 22 juin, après la fermeture des marchés. Une conférence téléphonique suivra le mardi 23 juin, à 8 h, où le président et chef de la direction Alex Miller et le chef de la direction financière Filipe Da Silva répondront aux questions des analystes.
Les attentes sont élevées. Selon les prévisions de la Banque Nationale, le bénéfice par action devrait atteindre 0,58 $, au-dessus du consensus de 0,53 $ et en nette hausse sur les 0,46 $ de l’an dernier. La firme attribue cette poussée de +26 % à la vigueur des ventes comparables de marchandises, à de meilleures marges sur le carburant et à l’apport de l’acquisition de GetGo aux États-Unis.
L’ombre du dossier 7-Eleven plane toujours
Ce bilan arrive moins d’un an après l’abandon, en juillet 2025, de la méga offre de Couche-Tard sur le japonais Seven & i Holdings, propriétaire de la bannière 7-Eleven. Le groupe québécois avait retiré sa proposition, évoquant un manque de collaboration de la partie japonaise. Depuis, Seven & i s’est engagé dans un plan de redressement autonome.
Faute de cette acquisition transformatrice, les investisseurs scruteront la nouvelle feuille de route. La direction a misé sur la croissance interne, des acquisitions ciblées comme GetGo et des rachats d’actions. L’analyste de la Banque Nationale maintient d’ailleurs sa recommandation à « surperformance » et relève sa cible de 89 $ à 91 $.
Pourquoi ces chiffres comptent pour le dépanneur québécois
Au-delà de la Bourse, les résultats de Couche-Tard servent de baromètre au commerce de proximité, un créneau où le modèle franchisé et affilié pèse lourd au Québec. Marges sur le carburant, panier moyen en magasin, vente de prêt-à-manger : chaque indicateur renseigne les opérateurs régionaux et les candidats qui lorgnent une bannière de dépanneur.
Le contexte concurrentiel évolue vite. 7-Eleven a annoncé son virage vers le franchisage au Canada, mais a écarté le Québec de son déploiement initial, laissant le terrain à Couche-Tard, à Harnois Énergies et à ses bannières Proxi. La santé financière du chef de file lavallois pèsera sur l’appétit d’expansion de tout le secteur.
Les signaux à surveiller le 22 juin
Trois éléments retiendront l’attention. D’abord, la capacité du réseau à maintenir ses marges malgré un consommateur prudent. Ensuite, le rythme d’intégration de GetGo et les cibles d’acquisition à venir. Enfin, tout signal sur la stratégie nord-américaine après l’échec du dossier 7-Eleven.
Les chiffres dévoilés le 22 juin, puis les commentaires de la direction le lendemain, fixeront le ton pour la suite de 2026. Les opérateurs et candidats franchisés du Québec y trouveront de quoi jauger la vigueur d’un secteur où la proximité reste reine.











