Depuis le 1er mai 2026, le salaire minimum québécois atteint 16,60 $ l’heure, une hausse de 3,11 % qui resserre encore les marges de la restauration franchisée. Pour les candidats franchisés du Québec, la maîtrise des coûts de main-d’œuvre devient le nerf de la guerre d’un modèle d’affaires déjà éprouvé par l’inflation alimentaire.
Le franchisage pèse lourd dans l’économie québécoise : près de 450 franchiseurs, plus de 25 000 points de service, 89 milliards de dollars du PIB provincial et plus de 350 000 emplois. La restauration rapide et l’alimentation restent en tête, avec un chiffre d’affaires moyen d’environ 750 000 $ par établissement. Mais la rémunération représente déjà 34,3 % des coûts dans les services de restauration et débits de boissons de la province.
La barre des 16,60 $ l’heure rebat les cartes des coûts
Le taux général est passé de 16,10 $ à 16,60 $ l’heure le 1er mai, tandis que le salaire minimum au pourboire grimpe à 13,30 $. La mesure touche environ 258 900 personnes au Québec.
Pour l’employeur, chaque salarié au minimum coûte près de 1 197 $ de plus par année, dont 157 $ de charges sociales versées à la CNESST et aux autres régimes. L’Association Restauration Québec (ARQ) juge la hausse « élevée mais acceptable », tout en rappelant qu’elle pèse dans un climat d’inflation alimentaire persistante.
Dans les cuisines franchisées, la main-d’œuvre gruge la marge
Un coût des aliments maîtrisé se situe entre 25 % et 35 % des ventes, et la restauration rapide doit rester sous les 30 % pour préserver sa rentabilité. Quand la masse salariale accapare à elle seule 34,3 % des coûts, la marge de manœuvre fond vite.
Part moyenne de la rémunération dans les coûts des services de restauration et débits de boissons au Québec (SCIAN 722). Combinée au coût des aliments, elle laisse peu de marge aux exploitants.

La pression est encore plus vive en région. Pour attirer du personnel dans l’Est-du-Québec, au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, des bannières de restauration rapide en franchise affichent des salaires nettement au-dessus du minimum, parfois jusqu’à 20 $ l’heure pour certains quarts. La rareté de main-d’œuvre est moins aiguë qu’au sommet de 2022, mais elle continue de nourrir la surenchère salariale.
Le modèle franchisé, pas à l’abri mais mieux outillé
Le franchisé assume seul sa masse salariale, mais le réseau lui donne des leviers que l’indépendant n’a pas : achats regroupés, procédures standardisées, horaires optimisés et outils de gestion éprouvés. Autant d’atouts pour contenir le coût par assiette servie.
La demande, elle, reste fragile. Selon l’indice de Restaurants Canada publié en janvier 2026, 42 % des Canadiennes et Canadiens espacent leurs sorties au restaurant pour des raisons budgétaires. Difficile, dans ces conditions, de refiler toute la hausse des coûts au client sans faire fuir l’achalandage.
Bon à savoir
Avant de signer une convention de franchise en restauration, exigez du franchiseur une ventilation réaliste des coûts de main-d’œuvre pour votre région. Le salaire minimum étant révisé chaque mois de mai, prévoyez une marge dans votre plan d’affaires.
Ce que les candidats franchisés du Québec doivent surveiller
La prochaine révision du salaire minimum tombera au printemps 2027, et rien n’indique un ralentissement de la tendance. Les porteurs de projet ont intérêt à bâtir leur budget de main-d’œuvre à partir d’un taux supérieur au minimum, surtout en région.
Les résultats des grands réseaux attendus cet été, à commencer par ceux de Restaurant Brands International (Tim Hortons, Burger King), donneront un premier signal sur la capacité de la restauration franchisée à absorber ces hausses tout en protégeant la rentabilité de ses franchisés au Québec.











