Québec solidaire portera le salaire minimum de 16,60 $ à 20 $ l’heure dès le 1er mai 2027 s’il prend le pouvoir, avec une enveloppe de 330 millions de dollars pour accompagner les employeurs. Pour un établissement franchisé de la restauration ou du détail, la promesse représente un bond de 3,40 $ l’heure sur la masse salariale de base.
Le taux général québécois est fixé à 16,60 $ l’heure depuis le 1er mai 2026, selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Il est révisé chaque année au 1er mai, et le taux qui s’appliquera en 2027 n’est pas encore publié. L’engagement a été rendu public le 7 septembre, à trois semaines et demie du scrutin provincial du 5 octobre 2026, confirmé par Élections Québec.
Une hausse de 3,40 $ l’heure au 1er mai 2027
Le parti chiffre son point de départ : au taux actuel, une personne qui travaille 35 heures par semaine touche 30 212 $ brut par année. Québec solidaire compare ce montant à un revenu viable qu’il évalue à 41 585 $ après impôt pour une personne seule à Montréal en 2026. Le parti affirme aussi que quatre provinces canadiennes ont déjà relevé leur taux ou annoncé une hausse, sans nommer lesquelles.
L'écart entre 16,60 $ et 20 $ l'heure
Le passage de 16,60 $ à 20 $ représente une hausse de 3,40 $ l’heure, soit près de 20,5 % du taux en vigueur. (Calcul de la Rédaction à partir du taux CNESST au 1er mai 2026 et de l’engagement de Québec solidaire)
330 millions de dollars pour accompagner les employeurs
La promesse s’accompagne d’un volet de soutien. Un gouvernement solidaire prévoit une enveloppe de 330 millions de dollars dès la première année d’un premier mandat, destinée aux organismes communautaires, aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises agricoles. Le communiqué ne précise ni les critères d’admissibilité, ni la forme que prendrait cette aide, ni sa reconduction après l’an un. Il reste également muet sur le taux applicable aux salariés au pourboire, qui suit sa propre grille.
Ce que la marche représente pour un établissement franchisé
La restauration rapide, le détail alimentaire et les services de proximité embauchent une partie de leurs équipes au taux plancher. Pour un poste à 35 heures par semaine, la hausse de 3,40 $ l’heure ajoute environ 6 200 $ par année et par employé, avant les charges sociales et avant l’effet d’entraînement sur les échelons supérieurs.
La mécanique franchisée complique l’ajustement. Un franchisé absorbe la hausse dans sa propre structure de coûts, mais il n’a pas la main sur les prix affichés lorsque son réseau pratique une grille tarifaire recommandée à l’échelle nationale, ni sur les redevances, calculées en pourcentage des revenus bruts et donc insensibles à la marge.
Bon à savoir
Le calendrier de la promesse laisse une année complète de préparation : le taux de 20 $ ne s’appliquerait qu’au 1er mai 2027, soit à la révision annuelle qui suit celle du printemps 2026.
Un engagement de campagne, pas encore une règle
La proposition reste conditionnelle à l’issue du vote du 5 octobre. Deux repères vaudront la peine d’être suivis par les réseaux québécois d’ici là : les positions des autres formations sur le taux plancher, et le taux que le gouvernement élu fixera pour le 1er mai 2027, une décision réglementaire qui tombera dans les mois suivant le scrutin. Les franchiseurs qui bâtissent leurs prévisionnels d’exploitation pour 2027 travailleront donc quelques mois avec une fourchette plutôt qu’avec un chiffre.











