Le franchiseur montréalais MTY fermera 68 de ses restaurants corporatifs déficitaires d’ici neuf mois, mais assure qu’aucun ne se trouve au Québec. Pour les centaines de franchisés québécois du groupe, propriétaire de Sushi Shop, Van Houtte et Thaï Express, la vraie question devient désormais l’identité du prochain acheteur.
Le Groupe d’alimentation MTY a dévoilé le 10 juillet 2026 des résultats de deuxième trimestre en nette baisse, accompagnés d’un grand ménage dans ses établissements corporatifs. L’entreprise de Saint-Laurent, qui chapeaute plus de 80 bannières et quelque 7 040 restaurants dans le monde, fermera 68 adresses jugées non rentables sur une période de six à neuf mois. La facture est estimée entre 10 et 12 millions de dollars. La très grande majorité de ces fermetures, de 45 à 50, vise des Papa Murphy’s aux États-Unis.
Aucune des 68 fermetures ne touche le Québec
C’est le message que la direction a voulu envoyer aux troupes d’ici. Même si MTY possède des bannières bien enracinées dans la province comme Sushi Shop, Van Houtte, Thaï Express, Tiki-Ming, Mikes et Valentine, aucun des restaurants visés par la vague de fermetures ne se trouve au Québec, selon l’entreprise.
Le groupe présente plutôt l’opération comme un moyen de concentrer ses ressources sur les établissements les plus performants et de redresser la rentabilité de son parc détenu en propre. Les adresses ciblées lui avaient collectivement fait perdre plus de 10 millions de dollars au cours de la dernière année.
Bon à savoir
Un établissement corporatif appartient en propre au franchiseur, alors qu’une franchise est exploitée par un entrepreneur indépendant lié par une convention de franchise. Les 68 fermetures visent uniquement des restaurants corporatifs, pas des franchisés.
Un bénéfice qui fond de plus de moitié
Les chiffres du trimestre expliquent l’urgence. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a chuté à 15,4 millions de dollars, ou 0,67 $ par action, contre 57,3 millions (2,49 $ par action) un an plus tôt. Les revenus ont reculé à 279,9 millions de dollars, en baisse par rapport à 304,9 millions.
Le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement, ajusté et normalisé, a lui aussi glissé de 9,8 millions, à 60,2 millions de dollars. Le groupe a raté les attentes des analystes, tant pour ses revenus que pour sa rentabilité.
Bénéfice net du deuxième trimestre 2026
En recul de plus de moitié par rapport aux 57,3 millions de dollars engrangés au même trimestre l’an dernier. (Source : MTY, résultats du T2 2026)
Une vente qui plane sur les franchisés québécois
En coulisses, MTY est à vendre. Le conseil d’administration a lancé une revue stratégique à l’automne 2025, et deux prétendants, Serruya Private Equity et Recipe Unlimited, font grimper les enchères vers 60 $ par action.
Pour les franchisés québécois, l’enjeu n’est pas anodin. Le prochain propriétaire héritera des conventions de franchise, des redevances et du soutien au réseau. Un changement de mains peut redéfinir les priorités de bannières que des centaines d’entrepreneurs d’ici exploitent au quotidien, de la Capitale-Nationale à la Montérégie.
Ce que les franchisés d’ici doivent surveiller
À court terme, la mise au point de la direction limite les dégâts d’image au Québec. À moyen terme, c’est l’issue de la revue stratégique qui pèsera le plus lourd. Les franchisés ont intérêt à suivre de près l’identité du repreneur, ses intentions pour les bannières québécoises et tout ajustement aux redevances ou aux programmes de soutien.
Les prochains mois, entre la conclusion possible de la vente et la fin du programme de fermetures, donneront le vrai portrait de l’avenir de MTY au Québec.











