Toshifumi Suzuki, fondateur de Seven-Eleven Japan et architecte du konbini moderne, est décédé d’une insuffisance cardiaque le 18 mai 2026, à l’âge de 93 ans. L’annonce, faite le 25 mai par Seven & i Holdings, survient moins d’un an après le retrait par Alimentation Couche-Tard de son offre de rachat, alors que 7-Eleven Canada étudie l’ouverture de son réseau à la franchise.
Né en 1932 dans la préfecture de Nagano, Toshifumi Suzuki signe en 1973 l’entente de licence avec l’américaine Southland Corp. qui donne naissance à Seven-Eleven Japan. La première succursale ouvre à Tokyo l’année suivante. Plus de 85 000 dépanneurs portent aujourd’hui la bannière 7-Eleven dans une vingtaine de pays. Au Canada, l’enseigne exploite environ 550 dépanneurs corporatifs, principalement en Ontario et en Colombie-Britannique.
Le « père des konbini » s’éteint à 93 ans
Le groupe Seven & i Holdings a confirmé le décès de son ancien dirigeant le lundi 25 mai, sept jours après sa mort, conformément à l’usage japonais. Toshifumi Suzuki a succombé à une insuffisance cardiaque dans un hôpital de Tokyo. Il occupait depuis 2016 un poste honoraire de conseiller, après avoir quitté la direction du groupe à la suite d’un différend avec le conseil d’administration sur la succession à la tête de l’entreprise.
Nombre de dépanneurs 7-Eleven en activité dans le monde, répartis dans une vingtaine de pays. Au moment de l’ouverture du premier établissement à Tokyo en 1974, le réseau japonais ne comptait qu’une seule succursale.

Du commerce de proximité à un empire mondial de 85 000 dépanneurs
Ancien employé du distributeur japonais Ito-Yokado, Toshifumi Suzuki convainc en 1973 l’américaine Southland Corp. de lui céder une licence pour exploiter la bannière 7-Eleven au Japon. Premier coup de génie : il bâtit un modèle centré sur la rotation rapide des stocks et l’usage massif des données de caisse pour ajuster les commandes en temps réel. Deuxième coup d’éclat : en 1991, après la faillite de Southland écrasée par une dette d’acquisition par effet de levier, c’est sa filiale japonaise qui rachète la maison-mère américaine.
Ce renversement consacre le konbini, ce dépanneur de proximité ouvert 24 heures sur 24 où l’on achète aussi bien un café qu’un repas chaud, comme un modèle d’affaires global. La recette s’exporte ensuite en Asie, en Amérique du Nord et en Europe.
Bon à savoir : qu’est-ce qu’un konbini ?
Le mot konbini est la contraction japonaise de l’anglais convenience store. Il désigne un dépanneur de quartier ouvert en continu, qui combine alimentation rapide, services bancaires, retrait de colis et billetterie. C’est ce modèle hybride, à mi-chemin entre le dépanneur et la restauration rapide, que 7-Eleven Canada cherche aujourd’hui à implanter.
Une disparition qui survient alors que 7-Eleven s’apprête à franchiser au Canada
Au Canada, 7-Eleven exploite à ce jour ses 550 dépanneurs en mode corporatif, principalement dans l’Ouest et en Ontario. Or, la direction canadienne a confirmé en début d’année son intention de basculer vers le modèle de la franchise, alignant le marché canadien sur le reste du réseau mondial où la franchise constitue le pilier de la croissance. Le Québec n’est pour le moment pas concerné par le franchisage de 7-Eleven. Le virage s’accompagne d’un repositionnement vers la restauration rapide, avec l’arrivée des sandwichs aux œufs à la japonaise (le célèbre tamago sando).
Seven & i dans la mire de Couche-Tard : l’après-Suzuki s’écrit maintenant
Le décès de Toshifumi Suzuki tourne définitivement une page chez Seven & i Holdings. La maison-mère japonaise a passé une partie de 2024 et 2025 à repousser l’offre d’acquisition non sollicitée de la lavalloise Alimentation Couche-Tard, qui avait bonifié de 22 % sa proposition pour atteindre près de 47 milliards $CAD. Couche-Tard a finalement retiré son offre en juillet 2025, invoquant un manque d’engagement de l’autre partie.
Pour les candidats souhaitant ouvrir une franchise au Québec, le calendrier est à surveiller : l’ouverture annoncée de 7-Eleven au franchisage, uniquement au Canada pour le moment, combinée au virage stratégique qu’imposera la succession Suzuki à Tokyo, pourrait redessiner le paysage du dépanneur dans les prochains mois.











