Avec près de 47 millions de consommateurs et une économie en phase de diversification accélérée, l’Algérie s’impose en 2026 comme un marché stratégique pour les réseaux de franchise.
La fréquentation croissante des centres commerciaux par les jeunes actifs urbains confirme l’évolution des usages de consommation. Ce potentiel s’accompagne toutefois de contraintes réglementaires et financières qui imposent une préparation rigoureuse en amont.
Le marché de la franchise en Algérie
Le marché algérien se développe dans un contexte de diversification progressive et d’ouverture contrôlée aux enseignes internationales. S’il reste encore peu dense, avec environ une centaine d’enseignes actives, il progresse sous l’impulsion de marques déjà bien implantées, comme Yves Rocher, Orchestra, Jeff de Bruges ou encore les groupes hôteliers Accor et Marriott.
Les secteurs les plus dynamiques sont les franchises de restauration rapide, les enseignes de prêt-à-porter et les services spécialisés, notamment l’entretien automobile ou la formation. Le développement de centres commerciaux modernes à Alger, Oran ou Sétif offre des infrastructures conformes aux standards internationaux.
Dans ce contexte, la diaspora algérienne joue un rôle structurant : elle facilite l’accès aux capitaux, apporte une culture de la franchise acquise à l’étranger et sécurise les relations entre enseignes internationales et partenaires locaux. Le succès reste toutefois conditionné par une étude de marché approfondie, car les habitudes de consommation et le pouvoir d’achat varient selon les zones géographiques.
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Comment se développer en Algérie en tant que franchiseur
En Algérie, le développement d’un réseau de franchise repose sur une structuration juridique rigoureuse, en l’absence de cadre légal spécifique. Les relations sont régies par le droit commun des contrats, ce qui confère au contrat de franchise un rôle central.
Selon Me François-Xavier Awatar, le contrat doit articuler trois piliers : licence de marque, transmission du savoir-faire (assistance technique) et organisation de la distribution. Cette structuration sécurise les obligations des parties malgré le vide juridique.
La protection de la marque est essentielle : le dépôt auprès de l’INAPI (Institut national algérien de la propriété industrielle) doit précéder toute négociation pour éviter toute appropriation par un tiers.
Sur le plan financier, la question des redevances est sensible. La Banque d’Algérie ne reconnaissant pas les « redevances de franchise » en tant que telles, leur transfert vers l’étranger doit être anticipé. Les solutions les plus sûres consistent à intégrer ces redevances dans le prix des produits ou à les justifier par des prestations documentées d’assistance technique. La logistique est également clé : le franchiseur doit s’appuyer sur des opérateurs locaux pour limiter les droits de douane et garantir la continuité de l’offre. Dans ce contexte, le modèle de master-franchise est particulièrement recommandé pour naviguer dans la réglementation des changes.
Par ailleurs, l’AAPI (Agence algérienne de promotion de l’investissement), guichet unique placé sous l’autorité du Premier ministre, peut octroyer des avantages fiscaux ou douaniers lorsque le projet contribue à la production locale ou au transfert de savoir-faire.
Ces enseignes de restauration sont très dynamiques
Comment se développer en Algérie en tant que franchisé
Pour un entrepreneur local, la franchise offre un accès à un concept éprouvé, à condition de maîtriser les contraintes financières. Les banques exigent généralement un apport personnel d’environ 30 % pour un investissement global compris entre 50 000 et 150 000 €. Une trésorerie suffisante est indispensable dès le lancement pour couvrir avances de loyers et premiers stocks importés.
La sélection du franchiseur est déterminante. Comme le rappelle Me François-Xavier Awatar, même sans obligation légale d’information précontractuelle, le franchisé doit obtenir une transparence totale sur la rentabilité du projet et la performance du réseau. La recherche du local constitue souvent le point de blocage principal, la réglementation des baux commerciaux offrant peu de visibilité. Les centres commerciaux modernes restent la solution privilégiée pour sécuriser l’investissement.
La création d’une SARL reste la forme juridique la plus répandue. Le parcours administratif, du certificat de dénomination au CNRC (Centre national du registre du commerce) à l’immatriculation fiscale, dure généralement trois à six mois. L’enregistrement auprès de l’AAPI peut permettre de bénéficier d’exonérations d’impôt sur les bénéfices (IBS) ou de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pendant les premières années.
Les perspectives du pays au cours des prochaines années
À moyen terme, l’Algérie modernise son environnement économique. La généralisation des terminaux de paiement électronique (TPE) améliore la traçabilité du chiffre d’affaires, facilitant le pilotage des réseaux et la justification des flux financiers. Le nouveau Code de l’investissement renforce la visibilité réglementaire, tandis que les infrastructures logistiques gagnent en efficacité.
Dans ce contexte, l’Algérie s’affirme comme un marché de « premier entrant ». La concurrence structurée reste limitée alors que la demande pour des concepts organisés progresse rapidement. Réussir en franchise en 2026 repose sur trois piliers : structuration juridique adaptée, partenaire local solide et anticipation rigoureuse des flux financiers. Le pays récompense les réseaux capables de conjuguer standards internationaux et adaptation fine aux réalités locales.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : comment ouvrir une franchise en Algérie en 2026 ?
Un marché à fort potentiel mais encore peu structuré
Avec 47 millions d’habitants et une classe urbaine en croissance, l’Algérie s’impose comme un marché stratégique pour la franchise en 2026. Encore peu dense en réseaux, le pays offre des opportunités réelles dans la restauration rapide, le prêt-à-porter et les services, notamment grâce au développement des centres commerciaux modernes.
Un cadre juridique à construire avec rigueur
L’absence de loi spécifique sur la franchise impose une grande vigilance contractuelle. Le contrat de franchise est central et doit sécuriser la licence de marque, la transmission du savoir-faire et l’organisation de la distribution. Le dépôt de la marque auprès de l’INAPI est indispensable avant toute implantation.
Des contraintes financières et de change à anticiper
Le transfert des redevances vers l’étranger constitue un point sensible, la Banque d’Algérie ne reconnaissant pas formellement les redevances de franchise. Les solutions passent par l’intégration dans les prix ou par des prestations d’assistance justifiées. Le recours à la master-franchise et à des partenaires logistiques locaux permet de sécuriser le modèle économique.
Un parcours exigeant pour les franchisés locaux
Pour les entrepreneurs algériens, la franchise nécessite un apport personnel d’environ 30 % et une trésorerie solide. Le choix du franchiseur, la transparence sur la rentabilité et la sécurisation du local, souvent en centre commercial, sont déterminants. La création d’une SARL et les démarches administratives prennent en moyenne trois à six mois.
Un pays positionné comme marché de premier entrant
La modernisation des paiements, le nouveau Code de l’investissement et l’amélioration des infrastructures renforcent l’attractivité du pays. En 2026, réussir en franchise en Algérie repose sur une structuration juridique solide, un partenaire local fiable et une anticipation fine des flux financiers, dans un marché encore peu concurrentiel mais en forte demande de concepts organisés.











