La franchise, plus populaire que les start-up ?

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Des post it multicolores sont collés sur un écran d'ordinateur. On peut y lire des mots clés du monde de l'entrepreneuriat : start up, franchise, DIP, entrepreneur, licorne, levée de fonds, slow working, to do...

En répondant à un réel besoin, et en offrant aux entrepreneurs une notoriété, un savoir-faire et une assistance, liés à la création d’entreprise, à la différence des start-up où les risques sont souvent plus difficiles à évaluer.


La course à la croissance, l’idée de récolter des millions, de réaliser la plus grosse levée de fonds a longtemps fait rêver les jeunes. Après des années d’euphorie, le monde des start-up et de la tech semble subir le désamour des créateurs d’entreprises. Selon un sondage Bpifrance mené par OpinionWay publié en mars 2023 et réalisé dans le cadre du salon Go entrepreneurs, les Français interrogés se tourneraient davantage vers des secteurs dans lesquels ils évoluent déjà, ainsi que vers les métiers de l’artisanat (l’ébénisterie, coiffure, fleuriste, plombier) l’hôtellerie restauration ou encore le commerce. En fin de classement, on retrouve les secteurs de la HealthTech (startup dans la santé), de l’EdTech (éducation et formation en ligne) ou de la FinTech (banque, assurance…).

La start-up se distingue ainsi des autres entreprises par l’état d’esprit des créateurs. Souvent considérés comme des visionnaires et des leaders, les fondateurs d’une start-up évoluent sur un marché nouveau, en pleine ébullition dont le risque est difficile à évaluer. Une définition qui ne reste pas si éloignée de la logique de la franchise. « La tête de réseau, qui se lance sur un secteur vierge, doit prouver qu’elle a un véritable savoir-faire, une maîtrise du marché pour dupliquer son concept et attirer les candidats. Le franchisé doit quant à lui, avant de se lancer, trouver des fonds, définir et appréhender son marché, sa zone géographique et mettre en place une stratégie de communication pour séduire les clients », explique Corinne Gicquel, fondatrice de Reconversion en franchise.

A la clé : une croissance rapide. « Ce qui est réel, c’est que la franchise séduit les startuppers. Le phénomène est assez récent. Les fondateurs de Masteos, spécialisé dans l’investissement locatif clé en main, réfléchissent à dupliquer leur concept en franchise. A partir du moment où il y a une preuve de concept, on peut devenir une franchise », constate Laurent Delafontaine, associé-fondateur du cabinet Axe Réseau.

La force de ce modèle ? Le créateur d’entreprise va s’appuyer sur un concept qui existe déjà, qui a fait ses preuves. « Si on choisit bien son secteur d’activité et son enseigne, la franchise offre la capacité d’entreprendre, d’exister, de se développer, d’être guidé par l’animateur de réseau, levant ainsi de nombreux freins à l’entrepreneuriat », ajoute Corinne Gicquel.

Durant la collaboration, le franchisé bénéficie de tous les avantages liés à l’entrepreneuriat tel que l’indépendance, mais profite aussi de quelques avantages et coups de pouce propres à la franchise. Tout dirigeant dispose à l’avance d’une réputation solide, et hérite de l’intégralité de l’enseigne commerciale (du nom, de la charte graphique, du logo et d’autres éléments d’identification). La notoriété de la tête de réseau lui permet ainsi de prendre une avance considérable sur la concurrence bien avant même le lancement, et de se concentrer sur les autres aspects du développement de son commerce, sur la mise en place d’une stratégie pour se faire connaître et développer son business. « Ce qui garantit la réussite d’une franchise, c’est son savoir-faire, sa notoriété, la gestion processisée du point de vente et pas toujours l’innovation proposée. Pour preuve, l’enseigne Bagel Corner a essaimé sur l’ensemble du territoire, alors qu’il existait déjà des bagels », estime Laurent Delafontaine. D’autres secteurs traditionnels, comme les services à la personne, les cours à domicile rencontrent de réels succès en franchise parce qu’ils répondent à un réel besoin des consommateurs.

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