Face à la fin du costume-cravate, le secteur du pressing se réinvente

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Kunz Pressing

Le secteur du pressing, longtemps habitué à un flux massif de vêtements formels, doit entamer une profonde transformation pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation de ses clients.


Les habitudes vestimentaires des Français ont bien changé. Fini l’époque où le costume et la cravate rythment la semaine des cadres, et où les tailleurs affluent chaque matin dans les rayons des pressings. Depuis une vingtaine d’années, et encore plus depuis la crise sanitaire, les Français se tournent volontiers vers la chemise, le jean ou le pantalon habillé. « Avec le télétravail, les confinements et les nouveaux codes de l’entreprise, le formel s’est assoupli. Aujourd’hui, les chemises représentent plus de 25 % du volume traité, contre 10 % il y a quelques années », ajoute Catherine Straumann, directrice du réseau Kunz pressing, une enseigne familiale qui compte 33 magasins, dont 16 en succursale.

Catherine Straumann, directrice du réseau Kunz

Les vêtements casuals se sont imposés, tout comme le prêt-à-porter en ligne, la fast fashion. Une évolution des pratiques vestimentaires qui impacte radicalement l’activité des pressings. « Au début des années 2000, la consommation était de masse, dynamisée par l’arrivée de discounters capables de traiter jusqu’à 1 000 pièces par jour. Vingt ans plus tard, le volume quotidien moyen d’un pressing est tombé à moins de 300 pièces », se souvient Catherine Straumann.

KUNZ Pressing

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KUNZ Pressing

Service de pressing

  • Presserie – Laverie
  • 33 implantations
  • Apport: 30000 €

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Face à ces nouveaux besoins, le secteur doit innover pour y répondre. Le pressing ne se limite plus à l’entretien, mais devient un prestataire de confort et de soin pour les objets du quotidien. Si les volumes ont chuté, certaines pièces de qualité, comme les chemises, manteaux ou doudounes, sont désormais mieux entretenues, voire confiées à des professionnels. « À l’heure où 80 % des lycéens portent du jogging au quotidien, parfois de marque et des sneakers de qualité, nous devons nous adapter à une mode plus décontractée, mais pas moins exigeante. Les clients sont prêts à dépenser 30 euros pour faire nettoyer leur paire de baskets qui peuvent coûter entre 200 à 300 euros », assure la directrice du réseau. L’enseigne Kunz propose ainsi l’imperméabilisation de doudounes, de vêtements techniques, l’apprêtage de vêtements pour éviter qu’ils ne se froissent ou se tachent ou encore le nettoyage de sacs à main. Dans les points de vente, le service réparation est aussi mis en évidence dès la devanture pour redonner vie ou prolonger la durée de vie des articles. « Lorsque les gens achètent moins mais mieux ou portent plus longtemps, ils veulent entretenir, réparer, ajuster ».

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Pour s’adapter aux clients pressés et aux rythmes de vie actuels, les pressings proposent également des amplitudes horaires étendues (jusqu’à 11 heures d’ouverture par jour, 6 jours sur 7). Et surtout, ils misent sur la digitalisation. L’enseigne Kunz a installé des box pressings sur des parkings de supermarchés ou en façade de pressing en centre-ville, ce qui facilite le dépôt et le retrait des articles 24 heures sur 24.

Box de la Franchise Kunz Pressing

« Un box permet de s’implanter sur un site où il n’y a pas suffisamment de flux pour justifier l’investissement global d’un magasin, qui peut représenter entre 200 et 250 000 euros contre 50 à 70 000 euros pour un box », raconte Catherine Straumann, qui a ouvert mi-septembre une box pressing en façade d’un supermarché. La commande en ligne, avec l’envoi de SMS d’alerte pour retrait, permet aux clients de récupérer leurs vêtements de manière autonome en cas d’affluence ou en dehors des horaires d’ouverture. Un moyen efficace de capter une clientèle active, souvent disponible uniquement en dehors des horaires traditionnels.

La transformation du secteur passe aussi par l’environnement. Si le nettoyage à sec subsiste pour certains textiles délicats, sa part diminue fortement, au profit de solutions plus vertes, plus responsables. La majorité des établissements utilisent désormais l’aquanettoyage, un procédé plus doux, sans solvant toxique, et moins gourmand en ressources. « Un cycle d’aquanettoyage correspond à 150 litres contre 600 litres pour un nettoyage à sec. Pour cette technique, l’eau est récupérée afin de la recycler dans le cycle de lavage pour les couettes », détaille la directrice du réseau. Des solutions plus vertes, des arguments plus responsables qui pèsent de plus en plus dans le choix des consommateurs.

AI Summary

NOTRE RÉSUMÉ EN

Les 5 points clés

PAR L'EXPRESS CONNECT IA

(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : la transformation du secteur du pressing face à la fin du costume-cravate.

  • Chute des volumes traditionnels

    La baisse du port du costume et du tailleur, accélérée par le télétravail, a fait passer le volume quotidien moyen d’un pressing de 1 000 à moins de 300 pièces en vingt ans.

  • Élargissement de l’offre

    Les pressings se positionnent désormais comme prestataires de confort, en proposant l’entretien de sneakers, sacs à main, doudounes ou vêtements techniques, ainsi que des services de réparation et d’imperméabilisation.

  • Horaires et digitalisation

    Pour s’adapter aux nouveaux rythmes de vie, les enseignes élargissent leurs horaires d’ouverture et misent sur des box automatiques accessibles 24h/24, avec commande et suivi digitalisés.

  • Montée en gamme de la clientèle

    Les consommateurs, qui achètent moins mais mieux, sont prêts à payer davantage pour prolonger la durée de vie de leurs articles, ce qui redonne de la valeur aux services spécialisés du pressing.

  • Virage écologique

    L’aquanettoyage, plus respectueux de l’environnement et moins consommateur en eau que le nettoyage à sec, s’impose comme la nouvelle norme, répondant aux attentes croissantes des clients en matière de développement durable.

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