Le fabricant de meuble vendéen espère redynamiser sa production comme sa commercialisation en développant le sur-mesure et en ouvrant une vingtaine de magasins en franchise partout en France.
Après la pluie vient le beau temps. Du moins c’est ce qu’espère David Soulard, directeur général France des meubles Gautier, interrogé par L’Express Franchise & commerce associé. Ce passionné dévoile une feuille de route ambitieuse pour cette franchise d’ameublement familiale dont il a repris les rênes en 2010. Fondé il y a plus de 60 ans par son père et son oncle, Gautier a d’abord tiré son épingle du jeu en proposant des meubles pour les chambres d’enfants. Puis la gamme a évolué vers des meubles pour toute la maison.
Des meubles sur mesure produits à l’unité grâce à la technologie 3D
En 2024, l’entreprise vendénne a traversé une crise financière. Placée en redressement judiciaire, elle en est sortie en décembre 2025. Une année difficile qui n’a pas laissé indemne les salariés et les franchisés. « Les crises géopolitiques et le recul de la consommation nous ont fortement impactés », confie David Soulard. Mais l’équipe a su rebondir et a développé un plan de relance : « On s’est demandé si les produits que nous vendions étaient les bons et surtout, nous avons mis en place la conception sur-mesure des meubles ».
L’entreprise a investi dans un logiciel 3D de Daussault Systèmes pour permettre aux clients de concevoir leur projet de A à Z, en lien avec leurs besoins et les spécificités de leur intérieur. « C’est une révolution électronique », explique le directeur général. « Nous avons ouvert une nouvelle usine en Vendée qui peut fabriquer des meubles à l’unité ».
Proche de l’ébénisterie, ce nouveau concept vient compléter les gammes de meubles proposés dans les magasins Gautier à travers la France.
Ces franchises d’ameublement cherchent des franchisés pour étendre leurs réseaux.
Gautier cherche à ouvrir 20 nouvelles franchisés, avec des entrepreneurs ancrés au local
Une cinquantaine de franchisés tiennent des magasins dans l’Hexagone. Et dans le cadre de son plan de relance, l’entreprise envisage d’en ouvrir 20 supplémentaires.
A Hénin-Beaumont, Joseph est devenu franchisé après avoir été vendeur dans le magasin de la ville. Une jolie histoire qui lui a permis de reprendre l’affaire au départ à la retraite des anciens franchisés : « Il lui ont fait un crédit-vendeur sur trois ans, ce qui lui a permis de s’installer et de pérenniser son activité », explique David Soulard. « Son magasin n’a pas forcément souffert de la tempête que notre entreprise a vécu. Joseph est le roi de la conception de projets. »
Très vite, le franchisé remarque que des clients viennent depuis Arras. Il décide alors d‘ouvrir un deuxième magasin dans cette ville. Un tremplin entrepreneurial rendu possible par l’accompagnement de l’équipe et sa détermination. Mais aussi par son implication au local, comme le souligne David Soulard : « Ce que l’on cherche avant tout pour nos franchisés, ce sont des personnes implantées dans leur territoire. Des franchisés qui connaissent tout le monde, vont aux matchs de football le week-end, ont un vrai réseau local », développe le directeur général. « On cherche des franchisés travailleurs qui sont dans leur magasins plutôt que des profils purement investisseurs».
Chez Gautier, il faut aussi avoir le goût de l’ameublement et comme pour Joseph, une certaine vision de la décoration d’intérieur. La plupart des magasins sont des petites unités, avec le franchisé et un salarié.
Garder ses valeurs
Avec ses 500 collaborateurs, l’entreprise Gautier défend une qualité de produits qui durent avec « très peu de service après vente ». Dans un contexte concurrentiel et mondialisé, de plus en plus d’entreprises internationales proposent des meubles low-cost. Pour le directeur général France de Gautier, l’essor de la vente en ligne sur des sites comme Temu ou Shein a fait beaucoup de mal au made in France.
Mais les valeurs de Gautier se retrouvent toujours dans sa nouvelle feuille de route : traçabilité du bois issu de forêts françaises, bois recyclé, colles à base d’eau, solvants neutres en termes d’émission, l’impact environnemental est pris en compte dans le processus de fabrication.
L’entreprise revalorise 95% de ses déchets, fait attention à ses émissions carbone et au conditionnement de ses produits. Une ligne dans l’air du temps. Car paradoxalement, si le marché est mondialisé, l’engouement pour des meubles solides repart de plus belle. Garantis pendant dix ans, Gautier promet « des meubles qui accompagnent les gens toute leur vie ».























