Un onigiri garni de saumon grillé ou de poulet frit, pour le prix d’un café : chez Omusubi Gonbei, à Paris, on fait la queue dès l’ouverture. Derrière ses deux comptoirs du Palais-Royal et de République se cache une chaîne japonaise d’une cinquantaine de boutiques, qui pèse 26,6 millions d’euros.
À Paris, Omusubi Gonbei tient deux adresses : rue des Petits-Champs, à deux pas du Palais-Royal (1er arrondissement), depuis novembre 2017, et rue de Turbigo, près de République (3e), depuis 2022. Les deux sont ouvertes 7 jours sur 7, de 11 heures à 20 heures.
En France, la cuisine japonaise rime surtout avec les franchises de sushi. Ici, ni tapis roulant ni plateau : un comptoir, et un onigiri de 130 grammes qui tient dans la main.
Sur Instagram, où le compte parisien réunit plus de 20 000 abonnés, la marque soigne son style : des omusubi présentés dans des assiettes en céramique de Maison Sato, des menus baptisés « Tofu Gang », et un mot d’ordre en hashtag, #notsushinosoysauce, « pas de sushi, pas de sauce soja ».

© Instagram omusubigonbei_france
Des onigiri dès 1,10 euro, et la « bombe » à 4,30 euros
Le plus dur, c’est de choisir parmi la quinzaine de recettes de la carte parisienne. Côté prix, on reste très loin du restaurant :
- 1,10 € : riz blanc salé, le plus simple
- 2,70 € à 3,10 € : saumon grillé, thon mayonnaise, poulet piquant, prune salée…
- 4,30 € : la « bombe », avec saumon, thon et poulet dans le même onigiri
- 9,90 € : le bento, deux omusubi et leurs accompagnements
Plusieurs recettes sont vegan, et le poulet frit est indiqué halal sur le menu, comme dans les franchises halal de restauration rapide.
Le secret tient dans le riz, selon la marque. Dans ses boutiques, il arrive brun, dans des conteneurs réfrigérés, et n’est poli qu’en boutique, le jour même. Chaque grain trempe ensuite à l’eau froide avant cuisson. La promesse de la marque : un riz naturellement sucré, léger et moelleux, aussi bon froid que chaud, de quoi emporter son omusubi au bureau sans qu’il durcisse.
Six jours de test à Paris avant d’ouvrir
Avant de se lancer, la marque a voulu savoir si les Parisiens allaient aimer. Elle a d’abord tenu un stand à la Japan Expo en 2016, puis s’est installée six jours dans une épicerie japonaise de la capitale en mars 2017, avec des questionnaires aux clients. Huit mois plus tard, le comptoir des Petits-Champs ouvrait.
Un second comptoir a suivi en 2022, rue de Turbigo. Au Palais-Royal, « le rush ne s’arrête jamais, dès l’ouverture », raconte l’équipe sur Instagram. Hors du Japon, la chaîne n’a que trois autres adresses, toutes aux États-Unis : Paris reste sa seule ville en Europe.
Au Japon, une chaîne de 26,6 millions d’euros
L’idée est née loin de Tokyo. En poste au Moyen-Orient pour une société de commerce japonaise, le fondateur voyait ses compatriotes bouder le riz au profit du pain et des pâtes. Il ouvre son premier magasin en décembre 1999, avec un objectif : leur faire remanger du riz.
Au Japon, ses salariés vont eux-mêmes planter puis récolter le riz chez les agriculteurs partenaires, et la chaîne a même ouvert une boutique dans le ministère de l’Agriculture, en 2008. Elle compte aujourd’hui une cinquantaine d’adresses autour de Tokyo.
La hausse du chiffre d’affaires d’Omusubi Gonbei entre les exercices clos en mars 2023 et mars 2025, selon l’entreprise.

Son chiffre d’affaires est passé de 20,4 à 26,6 millions d’euros en deux ans. Un seul produit en une quinzaine de recettes : un modèle à part parmi les franchises de restauration asiatique installées en France, tournées vers le sushi, les ramen ou le wok.
La prochaine boutique japonaise ouvre le 31 octobre à Wakō, au nord de Tokyo.











