Les représentants du personnel de Gifi ont voté le 6 octobre 2026 le lancement d’un droit d’alerte économique. Cette procédure oblige la direction de l’enseigne de bazar et de décoration à s’expliquer sur sa situation financière devant le CSE, et à présenter un projet pour la suite.
Fondée en 1981 par Philippe Ginestet à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, l’enseigne comptait 570 magasins et 6 000 salariés en France au printemps 2025, selon un communiqué repris par l’AFP. La demande des élus a été rendue publique le 7 octobre par Sud Ouest, puis détaillée par La Dépêche et Midi Libre.
Le CSE veut des explications écrites et un projet pour l’enseigne
Votée le mardi 6 octobre, la demande doit être déposée auprès de la direction « dans les prochains jours », a précisé Pierre Laffore, délégué syndical CFDT, à La Dépêche. Les élus réclament un état précis de la situation économique de Gifi et la présentation d’un projet d’avenir.
Selon Midi Libre, un élu a résumé l’objectif auprès de Sud Ouest : défendre les salariés, les emplois et la marque. La CFDT estime que la démarche permettra de mesurer rapidement la volonté de la direction de répondre.
Paiement des fournisseurs et départs de directeurs financiers au cœur des questions
Midi Libre rapporte que l’enseigne connaît des tensions de trésorerie répétées, qui retardent régulièrement le paiement de fournisseurs et l’approvisionnement des magasins. Les élus pointent aussi l’instabilité aux postes clés de la direction financière.
Pierre Laffore décrit une succession de directeurs administratifs et financiers restés environ six mois chacun. Le dernier, arrivé il y a six mois, vient de quitter l’entreprise, selon le délégué CFDT cité par Midi Libre. La direction de Gifi n’avait pas réagi publiquement à ces éléments au 8 octobre.
Comment fonctionne un droit d’alerte économique
Ce droit permet au CSE de questionner l’employeur dès qu’il a connaissance de faits pouvant affecter de façon préoccupante la situation économique de l’entreprise. La demande est inscrite à l’ordre du jour de la réunion suivante.
Si les réponses sont jugées insuffisantes, ou si elles confirment le caractère préoccupant de la situation, les élus rédigent un rapport, transmis à l’employeur et au commissaire aux comptes. Ce n’est pas une procédure judiciaire : il s’agit d’une demande d’information des élus à l’employeur.
Un réseau déjà réduit depuis 2025
En avril 2025, Gifi annonçait un plan de sauvegarde de l’emploi d’environ 300 postes et la fermeture de 11 magasins. Fin 2025, l’enseigne a cédé 32 magasins Gifi à Grand Frais, qui a récupéré les clés en juin 2026 pour les transformer.
Côté gouvernance, Christophe Mistou, président du directoire nommé à l’été 2025, a quitté ses fonctions fin janvier 2026, et Gérard Walter, ancien dirigeant du groupe Casino, a pris la présidence du directoire en février, selon La Dépêche et Sud Ouest.
Gifi est une enseigne de bazar et de décoration à petits prix, un créneau du discount où se développent aussi des franchises de magasins de meubles et de déco, comme Bazarland.
La direction attendue à la prochaine réunion du CSE
Une fois la demande déposée, la direction devra répondre lors de la prochaine réunion du CSE, dont la date n’a pas été communiquée. Si les élus jugent les réponses insuffisantes, ils pourront rédiger leur rapport et le transmettre au commissaire aux comptes. Les élus attendent de cette séance les deux éléments de leur demande : un état chiffré de la situation financière et un projet pour l’enseigne.











