Le fonds américain Providence Equity Partners, déjà propriétaire de la chaîne espagnole VivaGym, a notifié à l’Autorité de la concurrence le rachat de Fitness Park. L’opération porte sur Gymspa, la holding du réseau qui revendique plus de 300 clubs en France. La presse espagnole évoque une valorisation proche de 600 millions d’euros.
Le document a été mis en ligne le 2 octobre 2026 par l’Autorité de la concurrence. Il décrit l’acquisition du contrôle exclusif de Gymspa SAS, « société holding du groupe opérant sous l’enseigne Fitness Park », par Providence Equity Partners LLC. Le dossier est examiné en phase 1, et les tiers ont jusqu’au 16 octobre 2026 pour faire part de leurs observations.
La notification ne vaut pas encore autorisation. Elle confirme en revanche que les vendeurs ont retenu un acquéreur, après plusieurs mois de discussions rapportées par la presse.
Une vente lancée début 2026 et pilotée par JPMorgan
Dès février 2026, l’Informé révélait que Fitness Park cherchait de nouveaux investisseurs. Mi-septembre, le quotidien économique espagnol Expansión décrivait un processus avancé, coordonné par la banque JPMorgan, avec quatre candidats encore en lice, dont un family office français. Providence y apparaissait comme le mieux placé.
Selon le même journal, la valorisation de Fitness Park approche les 600 millions d’euros. L’enseigne y est présentée comme la propriété de Philippe Herbette, avec Future French Champions, le véhicule commun du fonds souverain qatari QIA et de Bpifrance, comme principal actionnaire minoritaire. Providence et VivaGym n’avaient pas souhaité commenter.
Valorisation de Fitness Park évoquée par plusieurs sources de marché citées par Expansión le 17 septembre 2026. Le montant de la transaction n’a pas été rendu public.

Plus de 400 millions d’euros de ventes, franchisés compris
Fitness Park s’est imposé sur le segment des salles à prix bas mais bien équipées. D’après Expansión, le réseau réalise plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en comptant ses franchisés, pour un excédent brut d’exploitation d’environ 60 millions d’euros. Il fait partie des plus gros réseaux de franchise de salles de sport en France, et a été élu meilleure enseigne en franchise par Le Figaro en 2026.
Le rachat ne concerne pas l’Espagne. Les quelque 90 clubs espagnols sont exploités par Upgyms Iberia, une société indépendante qui détient les droits de la marque dans le pays.
Ce montage de master franchise sépare aussi les comptes : selon le journal espagnol, le chiffre d’affaires et la rentabilité d’Upgyms ne sont pas intégrés à ceux du groupe Fitness Park.
Providence, de 60 à 450 salles en deux ans avec VivaGym
Le fonds américain n’arrive pas en terrain inconnu. Selon Expansión, il a racheté VivaGym en 2024, quand la chaîne comptait une soixantaine de salles. Il l’a ensuite agrandie à coups d’acquisitions en Espagne, jusqu’à environ 450 établissements avec l’accord récent sur Synergym.
Additionnés, VivaGym et Fitness Park approcheraient les 900 salles. Toujours selon le quotidien, Providence aurait l’intention de conserver les deux marques, même si un regroupement sous une holding commune est envisageable.
Le contexte français va dans le même sens. En septembre, le groupe martiniquais GBH a repris Keepcool et Neoness, sur un marché des salles de sport encore peu saturé, avec environ 5 500 salles dans le pays.
Ce que les franchisés de Fitness Park vont surveiller
Pour les exploitants du réseau, le changement d’actionnaire soulève des questions concrètes : maintien de l’équipe dirigeante, politique d’ouvertures, rythme d’investissement dans le concept. Ni Fitness Park ni Providence n’ont communiqué publiquement sur ces points à ce stade.
Pour un porteur de projet qui veut ouvrir une salle de fitness sous enseigne, l’arrivée d’un actionnaire capable d’aligner des centaines de millions d’euros change aussi la donne face aux indépendants.
La prochaine étape est la décision de l’Autorité de la concurrence, attendue après le 16 octobre. Le montant final de la transaction et un éventuel communiqué des deux parties diront jusqu’où Providence compte pousser le développement du réseau en France.











