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Quoi de neuf ? Il paraît que c'est la rentrée ! – L’édito de Philippe Crevel

Septembre 2026 ouvre la ligne de départ d’un sprint budgétaire et électoral. Taux courts et taux longs orientés à la hausse, OAT 10 ans autour de 4,2 % : le coût du crédit ne se détendra pas avant le milieu de l’année prochaine.

Après un été marqué par une série inédite de canicules, une nouvelle rentrée s’annonce. Comme chaque année, certains redoutent la montée des mécontentements et des revendications, quand d’autres s’inquiètent de l’affaiblissement de la croissance. Quoi qu’il en soit, le mois de septembre 2026 constitue la ligne de départ d’un sprint qui nous mènera à l’élection présidentielle des mois d’avril et de mai 2027. D’ici là, le gouvernement devra relever le défi de la présentation et de l’adoption de la loi de finances et de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. La discussion des derniers textes financiers d’un mandat présidentiel constitue toujours un exercice particulier. Ils seront élaborés par un pouvoir en fin de mandat, mais appliqués, pour l’essentiel, après les élections. Leur examen sera donc tout autant budgétaire qu’électoral. Cette discussion interviendra dans un contexte particulièrement incertain, tant sur le plan économique que politique. En ce second semestre, les interrogations restent nombreuses. Avec Donald Trump, nul ne saurait prévoir, à quelques jours près, l’évolution du cours du baril et, plus globalement, celle des relations internationales.

Prix toujours orientés à la hausse

La guerre au Moyen-Orient n’a pas provoqué une vague inflationniste d’une ampleur comparable à celle qui avait suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix demeurent néanmoins orientés à la hausse. La persistance des tensions dans le détroit d’Ormuz, malgré le protocole d’accord signé en juin par les États-Unis et l’Iran, empêche tout retour complet à la normale. Si la transmission de l’augmentation des prix de l’énergie aux autres secteurs d’activité reste relativement lente, elle pourrait s’accélérer d’ici à la fin de l’année.

Les canicules à répétition pourraient également entraîner une hausse des prix de certains produits agricoles. L’atonie de la demande des ménages incite néanmoins les producteurs et les distributeurs à la prudence. Dans le domaine du pétrole et du gaz, les pays du Golfe tentent, de leur côté, de contourner les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz en développant leurs capacités d’acheminement par oléoducs. Compte tenu, par ailleurs, de l’augmentation de la production des pays situés en dehors de l’OPEP, le prix du pétrole pourrait se détendre d’ici à décembre.

Banques centrales restrictives

Afin d’éviter l’enclenchement d’une nouvelle spirale inflationniste, les banques centrales devraient conserver une politique monétaire restrictive, au risque de peser sur la croissance. Aux États-Unis, la Réserve fédérale est soumise à des injonctions contradictoires. La Maison-Blanche lui demande d’abaisser ses taux, quand l’évolution des prix l’incite à les maintenir, voire à les relever. La Banque centrale européenne pourrait, pour sa part, relever ses taux en septembre. Un nouveau tour de vis d’ici à la fin de l’année ne saurait être totalement exclu, même s’il dépendra de l’évolution des prix de l’énergie et de leurs éventuels effets de second tour.

Le resserrement monétaire pénalisera les emprunteurs, d’autant que les taux d’intérêt à long terme sont également orientés à la hausse. Face à l’importance des besoins de financement des États, les investisseurs exigent des primes de risque plus élevées que par le passé. La France doit, en outre, composer avec une incertitude politique qui accroît l’écart de taux avec l’Allemagne. Nul ne peut aujourd’hui prédire quelle sera l’orientation budgétaire du pays dans un an. L’absence de majorité parlementaire et l’incertitude entourant l’élection présidentielle se font de plus en plus sentir.

Le taux de l’OAT à dix ans flirte désormais avec 4,2 %. La seule charge de la dette de l’État pourrait atteindre 100 milliards d’euros autour de 2030. Si cette trajectoire se confirmait, elle deviendrait alors le premier poste de dépense du budget. La hausse simultanée des taux courts et des taux longs pèsera durablement sur le coût du crédit. Une détente significative avant le milieu de l’année prochaine paraît, à ce stade, peu probable.

Incertitude politique et économique

À cette incertitude économique s’ajoute une faible visibilité politique. Depuis la dissolution de juin 2024, chaque séquence budgétaire s’est transformée en épreuve institutionnelle. Michel Barnier a été renversé sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025. François Bayrou a perdu le vote de confiance qu’il avait sollicité sur la situation des finances publiques. Quant au budget pour 2026, il n’a été adopté qu’en février, après le recours à une loi spéciale et plusieurs engagements de responsabilité du gouvernement. Durant l’automne 2026, aucun groupe parlementaire ne souhaitera être associé à des mesures impopulaires, de peur d’en faire supporter le coût à son candidat de cœur. Dans le même temps, plusieurs formations pourraient être tentées de provoquer la chute du gouvernement, comme en 2024 et en 2025. Elles devront toutefois prendre en compte le risque d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. Si celle-ci intervenait quelques mois avant l’élection présidentielle, le successeur d’Emmanuel Macron serait temporairement privé de cette faculté, une nouvelle dissolution ne pouvant être prononcée dans l’année suivant les élections législatives. L’adoption des budgets ressemblera ainsi à une longue partie de poker menteur. Les groupes parlementaires se jaugeront, menaceront de censurer le gouvernement et prépareront les thèmes de campagne de leur champion. Chacun cherchera à gagner du temps, à préserver ses électeurs et à laisser aux autres la responsabilité des décisions difficiles.

Une fois encore, il faudra attendre les élections pour espérer y voir plus clair. En France, les programmes fondés sur les efforts, les économies et les sacrifices ont rarement conduit leurs auteurs à la victoire. L’ivresse de la campagne présidentielle risque donc de déboucher sur un sévère mal de tête. Les élections peuvent changer les gouvernants, mais elles ne modifient ni les taux d’intérêt ni les règles de l’arithmétique. Les marchés, eux, ne votent pas, ils présentent les additions.

Philippe CREVEL

Philippe Crevel est un spécialiste des questions macroéconomiques. Fondateur de la société d’études et de stratégies économiques, Lorello Ecodata, il dirige, par ailleurs, le Cercle de l’Epargne qui est un centre d’études et d’information consacré à l’épargne et à la retraite.

financement d’entreprise : frais annexes à prévoir

𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 : 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞𝐱𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞𝐫 💡

𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 : 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞𝐱𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞𝐫 💡

Merci à Nicolas Jouvenot pour cette synthèse, qui revient sur un point clé : au-delà du montant financé, un projet de création, reprise ou développement s’accompagne toujours de frais annexes.
Les oublier dans son plan de financement, c’est risquer de devoir remobiliser des fonds propres juste avant le lancement de l’activité.

𝐋𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐲𝐩𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐬 :
– Rachat de titres (parts sociales ou actions, souvent via une holding) → droits de mutation + garantie BPI
– Rachat ou création d’un fonds de commerce → droits de mutation si rachat, garantie BPI, dépôt de garantie, BFR de départ
– Achat de locaux → frais de notaire + hypothèque
– Travaux et aménagement → garantie BPI / nantissement

𝐐𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐩𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐭𝐞̂𝐭𝐞 :
– Droits de mutation : de 0,1 % à 5 % selon qu’il s’agit d’une cession de fonds ou de titres
– Contre-garantie BPI : entre 0,75 % et 5 % du montant financé
– Frais de dossier bancaire : entre 0,5 % et 1 %
– BFR et dépôt de garantie : à anticiper dès le montage du dossier
Intégrer ces éléments dès la construction du plan de financement permet d’aborder le lancement de l’activité plus sereinement.

antepro intègre cap cession france

Le groupe 𝗔𝗻𝘁𝗲𝗣𝗿𝗼, maison-mère de 𝗖𝗿𝗲𝗱𝗶𝗣𝗿𝗼, accueille le réseau 𝗖𝗮𝗽 𝗖𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻.

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Après le financement professionnel avec CrediPro, le groupe couvre désormais la 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 d’entreprise avec CAP CESSION France. Deux métiers complémentaires, au service des dirigeants sur toute la vie de leur entreprise.Financer le rachat d’une entreprise, puis accompagner sa transmission : c’est ce que CrediPro et Cap Cession font désormais sous le même toit.

Chaque réseau conserve son métier, sa marque et son exigence.

Économie française 2025 : résumé et points clés

𝐄́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟓 : 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐯𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬

𝐄́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟓 : 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐯𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬

En 2025, les indicateurs macroéconomiques français offrent un cadre propice au financement des projets professionnels. Voici les données clés et leurs implications stratégiques :

– 𝐒𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐦𝐨𝐧𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 : inflation à 1,1% et taux BCE à 2,00%
→ fenêtre idéale pour optimiser vos montages financiers (LBO, crédits d’investissement, etc.).

– 𝐑𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐛𝐚𝐧𝐜𝐚𝐢𝐫𝐞 : ratio de solvabilité à 15,7% et +3,3% d’encours de crédit
→ accès facilité au financement.

– 𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐧𝐨𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : 1 000 entreprises évaluées sur leur résilience climatique + lancement de l’euro numérique
→ critères ESG et outils de paiement à anticiper.

Ces tendances dessinent un paysage économique porteur, où anticipation et expertise deviennent les clés pour transformer les opportunités en résultats concrets.

Économie française 2025 : résumé et points clés inflation en france, croissance et taux de la bce résilience des banques françaises : ratios et couverture soutien aux entreprises : indicateurs crédit et résilience euro numérique : expérimentation octobre 2025 et caractéristiques credipro — rapport annuel banque de france 2025

portrait dhomme professionnel en costume extérieur

De quoi seront faits les taux de demain ? – L’édito de Philippe Crevel

Nous avons connu, durant près de quinze ans, une période de taux d’intérêt historiquement faibles avec la mise en œuvre de politiques monétaires particulièrement accommodantes. Certains avaient fini par considérer cette situation comme une nouvelle norme. Elle relevait pourtant d’une configuration exceptionnelle, voire artificielle. Les banques centrales avaient alors fait le choix d’un argent abondant et peu coûteux afin de lutter contre les risques de déflation consécutifs à la crise financière de 2008 puis à celle des dettes souveraines en Europe.

Ce régime monétaire a pris fin en 2022 avec le retour brutal de l’inflation provoqué par la sortie de la crise sanitaire, les désorganisations des chaînes de production et la guerre en Ukraine. Pour contenir la hausse des prix, les banques centrales ont engagé le cycle de remontée de leurs taux directeurs le plus rapide depuis les années 1980. Après plusieurs assouplissements engagés à partir de l’été 2024, la perspective d’un nouveau choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz pourrait néanmoins interrompre ce mouvement de détente monétaire. Tout dépendra de l’issue de ce conflit et des effets de transmission de la hausse des cours de l’énergie sur l’économie.

Vers un nouveau régime de taux structurellement plus élevés

Au-delà de ces soubresauts conjoncturels, une question de fond se pose : quel sera le niveau des taux d’intérêt dans les prochaines années ? Le retour durable à des taux proches de zéro apparaît peu probable. Plusieurs facteurs structurels plaident désormais en faveur de taux plus élevés que ceux observés durant les années 2010.

Le premier tient à l’endettement massif des États. Les besoins de financement publics n’ont jamais été aussi importants en temps de paix. Transition énergétique, réarmement militaire, vieillissement démographique, dépenses de santé ou encore adaptation des infrastructures nécessitent des volumes considérables de capitaux. Cette hausse continue des besoins de financement exerce une pression durable sur les taux à long terme.

Le deuxième facteur réside dans l’évolution démographique. Pendant plusieurs décennies, le vieillissement de la population mondiale a favorisé une accumulation importante d’épargne, contribuant à maintenir des taux faibles. Cette situation évolue progressivement. Avec le départ à la retraite des générations du baby-boom, une partie de cette épargne pourrait être consommée. Le ralentissement démographique pourrait ainsi réduire l’abondance des capitaux disponibles. Il convient toutefois de souligner que ce phénomène n’est, pour le moment, observé ni en Allemagne, ni au Japon, ni en Chine, ni en France. Au contraire, le vieillissement démographique se traduit aujourd’hui par une hausse du taux d’épargne. Cette situation pourrait néanmoins s’inverser en cas de moindre générosité des systèmes de retraite.

Le troisième élément concerne la fragmentation de l’économie mondiale. La mondialisation avait contribué à contenir l’inflation grâce à la mise en concurrence des économies et à la baisse des coûts de production. Le retour des tensions géopolitiques, les politiques de relocalisation industrielle et la sécurisation des approvisionnements tendent, au contraire, à accroître les coûts de production. Ce nouveau contexte apparaît structurellement plus inflationniste.

Dans ces conditions, les entreprises devront probablement s’habituer à évoluer dans un environnement où le coût du crédit restera plus élevé que celui connu avant 2022. Cela ne signifie pas nécessairement un retour aux taux des années 1980 ou 1990, mais sans doute la fin durable d’un coût du capital artificiellement comprimé. Pour les PME et les TPE, cette nouvelle donne implique une gestion plus rigoureuse des investissements, de la trésorerie et des besoins de financement.

Dans cet environnement plus sélectif, la qualité financière des entreprises, la solidité des projets et la capacité de négociation redeviendront des éléments déterminants dans l’accès au crédit et dans la formation des taux.

Philippe CREVEL

Philippe Crevel, économiste, est un spécialiste des questions macroéconomiques. Fondateur de la société d’études et de stratégies économiques, Lorello Ecodata, il dirige, par ailleurs, le Cercle de l’Epargne qui est un centre d’études et d’information consacré à l’épargne et à la retraite.

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